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Manon, le 30 juillet

Manon, le 30 juillet

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Jeune lycéenne de 17 ans, je passerai en terminal ES à la rentrée prochaine. Je sais : bien jeune pour rédigé de telles lignes, mais pourtant déjà tant de choses à écrire.

Je vis dans un lotissement HLM depuis ma naissance, dans une charmante ville moyenne de Dordogne. Nos revenus ne sont pas extraordinaires, mais suffisent amplement à nous faire vivre décemment. Appartenant à la petite classe moyenne, je n’ai droit à aucune bourse, pour 200 ou 300 euros de trop. Écart déjà colossal pour certain; je peux vous dire qu’il n’est pas si grand qu’il y paraît.

J’ai, en toute modestie, toujours très bien réussie mes études : première de classe depuis le début. Je compterai passer la concours de Sciences Po l’an prochain. Mais celui de Bordeaux, je n’ai pas les moyens de partir ailleurs. N’ayant pas droit au Crous, pas d’aide particulière pour trouver un logement. Avec la suppression de la bourse au mérite pour la mention très bien (que j’aurai normalement au bac) pas de récompense non plus de l’Etat… alors que mon travail et ma motivation ne sont guères différentes des classes populaires (dont j’ai fait partie, un certain temps).

Dans ma ville, majoritairement composée de retraités, les infrastructures réservés aux jeunes se comptent sur les doigts d’une main : les élus locaux ont bien du mal à faire bouger et vivre la ville, et ce ne sont pas deux ou trois manifestations de ci de là qui changeront quelques choses. Du coup, de moins en moins d’ados bougent, s’investissent : les adhésions aux associations, partis politiques sont assez faibles. L’union de nos voix pour faire évoluer la situation est inexistante. Tous vivent dans la plénitude de l’indifférence, de l’ignorance, du désintérêt pour la gestion municipale, cantonale, et même nationale.

Quelle est la valeur a laquelle je tiens ?

Pourtant, je crois profondément en la nature humaine, en la jeunesse et son pouvoir formidable de rénovation, d’innovation, bref son regard réformateur sur le monde. La solidarité, l’écoute, l’entraide pour »bien vivre » et évoluer tous et toutes dans nos milieux me semblent indispensables. Mais est-ce encore le cas pour beaucoup de ma génération ?

Quel est mon cadre de vie ?

Je ne suis pas cartée, dans ma modeste ville de 30 000 habitants il n’y a pas de véritable rassemblement de jeunes. Néanmoins, ceux de ma génération prendront la relève, d’ici une vingtaine d’année… mais à quel prix ?

On a souvent pensé que l’école est le reflet de la société dans laquelle elle vit… cela n’a certainement jamais autant pris de chance qu’aujourd’hui. Avec la dégradation croissante de la confiance, de l’estime, de l’amitié et du respect entre habitants d’une même nation, d’un unique pays, notre enseignement n’a plus grand sens. Nos programmes, notamment dans les matières portant à réfléchir (histoire-géo, sciences économiques et sociales, langues étrangères) sont décousus, abondés de théories tantôt simplistes, tantôt complexes, sans pour autant apporter les fondements de l’éducation républicaine et citoyenne de tout Français : l’engagement, l’humanité, le respect, l’ouverture d’esprit, la confiance en soi et en l’autre. Une fois évoquée la liberté d’expression (assez mal connue finalement, si on en croit la pâle figure de la presse aujourd’hui…) et les Droits de l’Homme, l’Education Nationale semble considérer avoir fait le tour. Pourtant, il n’en sont qu’à la fin du commencement.

Comment apprendre la culture républicaine, la foi en sa patrie et les principes élémentaires de civilités et de citoyennetés quand les jeunes sont les témoins de massacres, de guerres fratricides, de fraudes, de trahison, de la montée des individualités et de la violence ?
Comment expliquer l’importance de se rendre aux urnes et d’exercer pleinement son pouvoir de citoyen, alors qu’on ne prend même pas la peine d’éduquer politiquement et d’ouvrir l’esprit des futurs gouvernants ?

Derrière l’image d’Épinal de la façade des grands partis, affirmant haut et fort être prêt à amener la nouvelle génération sur la table politique, lui apprendre les enjeux politiques nationaux et internationaux, se cache une réalité plus sensible. Les conflits intergénérationnels existent, certaines communes (dont la mienne) se dotent d’un parti de gouvernement qui ne cherche pas et ne veut pas monter un réel mouvement politique des jeunes. Non seulement, nous ne recevons pas l’éducation politique, intellectuelle et sociale en cours; en plus on nous ferme les portes permettant d’accéder aux sphères décisionnelles de notre pays. Parce que oui, nous ne dénigreront jamais notre pays : nous y tenons, nous y sommes en grande parti nés, nous voulons le relever, le soutenir, nous engager à ses côtés. Mais encore faudrait-il qu’on nous en donne la possibilité.

Méfiez-vous de l’eau qui dort… et qui pourrez un jour très mal se réveiller. Sans l’encadrement des anciens, des politiciens expérimentés ou de l’école, les futures élites politiques iront droit dans le mur. Celui de la démocratie, probablement engloutis sous la poussée des discours mélodieux et savoureux des extrêmes. De plus en plus de jeunes votants déclarent sans gêne voter FN ou l’extrême gauche. Je n’ai rien à redire sur les convictions personnelles que chacun peut avoir; là n’est pas la question. Mais pensez-vous que tous se retrouveront dans ces mêmes discours, dix ou vingt ans plus tard ? Est-il nécessaire de menacer un équilibre démocratique déjà assez fragile par un manque d’écoute, d’intérêt au rapport qu’exerce la génération des années 90 avec la politique ?

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Nous sommes très largement capable, à l’heure actuelle, de faire changer le cours des choses. Tout n’est pas perdu, mais seule une prise rapide de conscience du péril que nous encourrons peut aider à renouer le contact entre jeunesse et politique. Pourquoi ne pas organiser des mouvements de jeunesse à l’image du parcours qu’exerce M. Lassalle ? Elles pourraient défiler dans les rues, voir organiser un tour de leur région, de leur département… et se rassemblaient pour les futures manifestations, dialoguer en fraternisant autour d’un bon verre, sans pour autant avoir à s’exiler dans les plus grandes villes ? Pourquoi ne pas fonder un mouvement d’éducation à la politique, sans pour autant devoir se carter à un parti ? Il pourrait être animer par des sympathisants de tout bord, des professeurs, des élus et représenté ?

Les syndicats d’étudiants, les rassemblements aux universités d’été ne sont plus suffisantes : de moins en moins de jeunes croient au syndicalisme, au pouvoir politique et à son réel impact sur leur vie quotidienne. On les enferme, par manque de moyens d’engagements à la vie de la cité, autour de leurs propres problèmes, de leur propre personne, de leurs propres manques. Alors qu’ils ne sont pas seuls à souffrir; alors qu’ils auraient, eux aussi, besoin d’être réunis. Apprendre ensemble comment agir pour demain, apprendre ensemble à réfléchir aussi pour le bien-être d’autrui. Connaître le monde qui nous entoure, s’apercevoir des merveilles et des manques de la mondialisation et ainsi repenser sa conception. S’unir aux jeunesse d’autres pays (notamment européens) pour partager culture, langue, civilisation et histoire. Créer une Europe réellement unie culturellement, politiquement, socialement et économiquement. Voilà des enjeux louables à nos yeux.

Transcender les clivages, les partis politiques, les appartenances ethniques et religieuses pour créer un monde harmonieux, en paix, prêt à vivre le lendemain : voilà mon souhait le plus cher. Voilà un combat dont la plus-value ne sera probablement pas perceptible à notre échelle. Pourtant, c’est avec courage, dignité et conviction que nous devront l’amorcer. Parce que la croissance à tout prix ne remplacera jamais des réformes retardées déjà depuis une dizaine d’année : celle des retraites, de la Sécu, des collectivités territoriales, du Parlement. Il faut en finir avec le populisme, la peur d’une prochaine raclée aux élections : la santé économique, sociale et politique de la France en dépend. Expliquez aux Français pourquoi ces changements sont nécessaires : ils vous écouteront, ils vous comprendront si vos paroles sont claires, si vous appeler à la raison de tous. Mais encore faut-il qu’ils acceptent de payer pour tous, pour l’avenir, pour leurs enfants.

Parce que les Français ne se sont jamais aussi peu aimés. Parce qu’ils ont peur de l’autre. Parce que peu de choses leur donne confiance en l’avenir.

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

De beaux projets sont encore à bâtir… une Europe réellement fédéraliste, ou une véritable coopération règne, et non pas la guerre des clans entre austérité et relance. Pourquoi pas renforcer l’unité culturelle, sociale et linguistique si chère à l’enracinement des valeurs européennes ? Erasmus existe, peut-être y-a-t’il d’autres organismes, d’autres mouvements à mettre en place.
Axer notre éducation vers l’Europe serait aussi une solution : privilégier l’étude de la construction européenne à celle du découpage régional français.
Repenser notre mode de vie, de façon plus respectueuse, plus environnementale : toujours pas de croissance verte à l’horizon, malgré l’accord passé entre EELV et PS.
Continuer le combat contre les discours intégristes, extrémistes, nationalistes et racistes : la France n’est pas une entité auto-suffisante. Au contraire, sa force réside en sa capacité à s’appuyer sur un groupe pour faire rejaillir sa puissance.
Développer encore plus les régions les plus compétitives ou pas complètement utilisées.
Revoir le système du chômage en France et de Pôle Emploi : beaucoup de gaspillage, assez peu d’efficacité pour un ensemble disposant de trop peu de prérogatives.
Et, évidemment, redonner l’envie aux Français d’être actifs. Électoralement, politiquement, citoyennement, socialement et économiquement. Nous n’avons rarement été autant divisés alors que nous n’avons jamais autant eu besoin les uns des autres.
Et encore tant d’autres batailles, réformes à mener..

Sans quoi la France ira droit dans le vide,
Sans quoi l’Europe sera le bouc-émissaire de ceux qui ne font rien pour faire avancer le fédéralisme,
Sans quoi la haine de l’Allemagne et de Merkel rejaillira et bouleversera notre place en UE, donc dans le monde
Sans quoi nous nous empêtreront dans une recherche absurde de croissance, sans réfléchir aux autre objectifs, aux autres urgences que nous laissons de côté,
Sans quoi le bien vivre en France laissera place aux déchaînements des passions, aux émeutes populaires, à la rupture.

Peut-être, qu’un jour, quelqu’un lira ce message et le prendra au sérieux,
Peut-être, qu’un jour, les jeunesse politiques seront de nouveau vivantes,
Peut-être, qu’un jour, nous verrons la France d’un oeil nouveau.

En attendant, bonne marche M. Lansalle. Vive la République, vive la France, longue vie au peuple.

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Luca, le 18 juin

Luca, le 18 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Je suis lycéen, en première ES, je vie à la campagne, à 30 minutes de la ville la plus proche et de mon lycée. Mes parents ont un revenus normal qui permet à la famille de bien vivre.

Quel est mon cadre de vie ?

Mon cadre de vie est la campagne, ce n’est pas le meilleur endroit qui soit pour un jeune, pour aller au lycée ou sortir un peu, il faut faire 30 minutes de trajets en bus (pour le lycée) et en voiture pour les sortis (car il n’y a que quatre bus par jour, 2 le matins, 2 le soir). On dit que j’ai de la chance de vivre là ou il y a de l’air frais, mais les pesticides remplacent efficacement les pots d’échappement.

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

J’aimerai, qu’à la campagne, on ne soit plus obligés de prendre la voiture pour aller acheter le pain, faire les courses. La périurbanisation n’est plus un phénomène récent, je me demande comment les transports en commun et les entreprises de service ne se sont pas adaptés à l’augmentation de la population en milieu rural.
Autre inconvénient des milieux ruraux, les pesticides: dans mon village, on a régulièrement des problème avec l’eau et nous devons donc compter sur d’autres communes pour l’approvisionnement, les nappes phréatiques sont extrêmement polluées, mais on permet toujours aux agriculteurs de lâcher des pesticides dans leurs champs, et, comme si cela ne suffisait pas, il y a quelques années, on a ouvert un décharge à ciel ouvert dans une zone forestière.

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

J’aimerai que le président de l’assemblée nationale puisse lire des questions de citoyens via Twitter et les poser aux ministres/députés concernés.
J’aimerai une taxe carbone sur les produits fabriqués à l’autre bout du monde.
J’aimerai que les grosses fortunes soient lourdement imposés, mais que le taux d’imposition baisse/augmente en fonction de la création/destruction d’emplois en France.
J’aimerai que le sénat soit élu par les citoyens.
J’aimerai que les français issus de l’immigration n’aient plus à se replier sur leur identité, qu’ils se sentent acceptés.
J’aimerai qu’on puisse rouvrir des épiceries en milieu rural.

Ceci est ma modeste contributions aux cahiers de l’espoir.

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Philippe, le 17 juin

Philippe, le 17 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Depuis quarante ans de vie dite »active » – j’en ai cet été cinquante-six ans, j’ai traversé les étapes de ma vie sociale et professionnelle en trouvant à chaque fois, et non sans ces petits relais humains qui sont la vraie nature du lien social, les moyens de rebondir. Homme de langue et de rencontres, à la jeunesse révoltée, j’ai repris des études en 1983, sans moyens et ai cependant obtenu un DEA de Lettres en 1989, cumulant d’autres études, intellectuel de terrain, sachant aussi construire et entreprendre. J’ai été quelques années professeur de français, comme MA, mais là encore l’on m’a barré dés 1994. Depuis j’ai vécu de quelques autres remplacements, de cours particuliers longuement et avec andante, de tentatives diverses. J’ai concocté un vrai projet d’entreprise, né de cette expérience au long cours, exposée et souvent en butte aux rigidités bureaucratiques, manque d’accueil et exclusions. Ce projet, e-traverses, basé sur les technologies de l’information permettrait, s’il était soutenu à la hauteur de son ambition, de mutualiser intelligemment des supports pédagogiques, de piloter des parcours élèves, et de fournir en solutions innovantes tant techniques que pédagogiques, les écoles de demain. Ayant longuement oeuvré à son élaboration, multiplié les rencontres, eut quelques soutiens, dont l’élaboration d’un cahier des charges, je bute cependant principalement sur le fait que je suis sans moyens financiers, et que mon parcours et mon positionnement sont atypiques. Parfois je me dis qu’il n’est guère sûr que mes lendemains soient encore jouables, mais je continue pour voir, sans naïveté cependant.

Contractuel dans l’enseignement public pour quelques remplacements, jusqu’en février, je touche un chômage jusqu’en septembre, puis plus rien. Je suis en porte à faux avec ces écoles, qui pratiquent une école-garderie (entendre le mot école dans son sens générique), la grammaire extra-light, et surtout un protectionnisme de la fonction qui ne m’inspire que du dégout. J’ai tout de même subi bien des injustices, comme s’il n’était possible au fond d’être dans ce pays, un intellectuel immergé dans le monde, s’y coltinant. Concrètement, et financièrement, j’ai dû gagner en lissé même pas l’équivalent du smic sur toute une vie, y compris en comptant mes années d’entrepreneur, et n’aurait qu’une retraite à minima. Je sais tout à la fois projeter, planifier et réaliser bon nombre des tâches nécessaires à la construction d’une maison, m’y étant entrainé, et ayant payé nombre de mes temps d’études (près de quinze ans cumulés) par des chantiers tous corps de métier, mais n’est pas un sou vaillant pour acquérir une maison.

L’un des fondateurs d’Alternative libérale, en ayant proposé le nom, repris, Responsable de la formation alors, J’ai oeuvré politiquement à l’émergence d’une recomposition des relations entre un Etat dont les missions et prérogatives seraient revisitées et soumises à un vrai état de droit, et une société civile libérée. Cependant, je me suis éloigné, n’étant comme cela tout du moins, en accord, et espérant qu’on puisse faire autre chose, de plus ambitieux au plan de la pensée mais aussi du concret, en politique, le pouvoir ne me passionnant pas.
J’ai ainsi une conception du politique, où celui-ci est non seulement composite, mais encore n’a à être en position de surplomb, n’étant qu’une des façons, certes indispensable, d’interroger le réel et d’oeuvrer. Ma préférence, libérale, est ainsi complétée par le souci d’imaginer en toute modernité, l’émergence de solidarités actives et inventives, au plus proche du terrain, retrouvant ainsi du reste la meilleure inspiration ce cette pensée exigeante. En gros ce n’est nullement pour des intérêts de gros sous, que je suis arrivé par un long cheminement à cette maturation.

Au plan des écoles, champ que j’ai labouré en tous sens, j’aimerai contribuer au moins à l’émergence des solutions indispensables, non pas dans le sens de figer dans le marbre, la relation par trop incestueuse entre l’Etat et l’école publique, mais bien en faisant le pari d’un champ social libéré de pesanteurs administratives d’un autre âge, et valorisant les réponses probantes et innovantes. L’école, historiquement, n’a pas tant ses prémisses du coté des pouvoirs, qu’elle a été initiée par des libres penseurs.

Tout cela étant dit et résumé, ma situation et mes conditions d’existence, sont tout à fait précaires en regard d’un avenir incertain, et notre petit ménage, un couple et deux enfants encore ados, passé par bien des galères, gagnerait à ce que je puisse enfin réaliser ce pourquoi j’ai investi tant de temps, de compétence et de passion, nonobstant mon jardin secret littéraire qui lui aussi devrait aller vers le dehors.

Pour ce qui est du »qui suis-je », je ne sais qui je suis et où jusqu’à où (double signification que nous offre cette belle langue), et ai trouvé tout à fait juste que l’hébreu tout en en disposant pour l’autrement qu’être, n’autorise l’emploi ordinaire du verbe être qu’au passé ou au futur, comme si un laps toujours me séparait de l’affirmation de l’être là et que ce tremblement n’était pas tant le lieu d’une inquiétude que d’une préférence expérimentée pour la question, non point en sa violence qu’en une suspension qui ouvre à l’infinité des réponses comme autant de visages passés et à venir…

Quel est mon cadre de vie ?

Nous vivons depuis 2009 à Perpignan, en cette région connue depuis trente-cinq ans et arpentée. Nous vivions auparavant en région parisienne en grande banlieue non loin des Mureaux. Malgré l’ampleur des transferts des grandes villes à haute valeur ajoutée à cette lointaine province ensoleillée, (DGF, immobilier surenchéri pour la petite classe moyenne prenant retraite ici, tourisme de masse tout de même bien trop siphonné par des tarifs abusifs en regard de la qualité servie), malgré la beauté des lieux, je subis comme bien d’autres l’ostracisme local et la logique tribale qui tend à y prévaloir hélas ; il est difficile d’envisager de développer ma vie professionnelle ici. S’agit-il du reste encore de travail ou bien de ma volonté d’accomplir ce pourquoi je me suis si longtemps battu, et qui ressort plutôt du verbe oeuvre, qu’il s’agisse de réalisations concrètes ou de réflexions au long cours ?
Vivre entre la grande ville où j’ai vécu une grande partie de ma vie, et ce pays du sud (quoique je préfère au fond l’Aude toute proche…) me convient mais n’est guère facile au plan des échanges indispensables au progrès de ce qu’on appelle encore projet par défaut, puisqu’à mon âge, il ne s’agit plus tout à fait de cela. L’hyper-centralisme français, lequel est au fond d’essence tribale, et se démultiplie à quelque niveau que ce soit, devrait faire place à une culture non pas décentrée, mais où l’important c’est l’autre homme, plus haut que moi, me permettant de dire je (je pense ici à Lévinas et à la culture juive qu’il m’a si profondément permis d’arpenter et qui tant m’est chère…), le centre du monde ou de quoi que ce soit étant illusoire et introuvable, contrepèterie malicieuse d’un Dali… Il serait alors pleinement et en tous cas mieux possible d’inventer (mettre dans le vent) où que ce soit.

Je m’inquiète pour mes enfants, ce qu’ils ont et auront à affronter, en une société si peu ouverte qu’elle en devient souvent stupide. Et je ne peux aimer la démocratie que lorsqu’elle se dote en tous points de son meilleure antidote et contrepouvoir, le souci qu’à chaque instant et en toutes choses, le meilleur gagne, ce qui ne veut nullement dire le plus fort, et demande qu’on médite, cultive et rende toujours plus dense le partage indispensable qui doit compléter et accompagner l’échange, lieu de nos espoirs, de nos réussites et de nos échecs, principal lieu de notre dignité. Il convient donc de préférer l’emploi, à toute autre situation qui surprotégeant certains, en expose beaucoup trop d’autres, réduits à l’indignité de n’être que d’éternels spectateurs, tout juste consultés parfois…

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Quel est en fait mon cadre de vie ? Est-ce Perpignan, où nous habitons pour l’heure, les Pyrénées Orientales, la Catalogne, le Languedoc-Roussillon, le sud, le midi, la France, Paris, l’Europe, le monde occidental, le monde, plus encore ? Un peu tout cela, et ce d’autant plus que le monde, via la dernière révolution humaine du net (qui nous permet du reste d’échanger, tout du moins je le souhaite pour la suite) est en quelque sorte tout à la fois plus vaste, plus complexe et plus incertain aussi. Il reste que les cadres ne manquent pas en France, et qu’ils génèrent bien trop de labyrinthes inutiles (à coté de ceux que l’on arpente du coté des sciences ou des arts, …, lieux de progrès,) bêtement bureaucratiques qui ne semblent parfois être là que pour justifier l’hydre insensée d’un état boursouflé, et à l’abri duquel, protégé, l’on peut en arriver à croire que l’on domine ce qu’on voudrait contrôler. Entre des règles indispensables, et qui devraient être mieux claires et en nombre limité, et stricto-sensu à appliquer, et la profusion démentielle de textes qui entendent tout régir soi-disant pour le bien de tous (comme si qui que ce soit pouvait vraiment savoir ce qu’est l’intérêt général, et agir en son nom.

Si ce n’est le cas, cela n’invalide pour autant l’action politique, mais la rendrait plus prudente, plus obligée et moins grandiloquente), il va fallori choisir. Mais en restant à l’acception sociologique de »cadre de vie », et en le limitant à notre base de vie géographiquement située, disons que j’aimerais que ce lieu où nous habitons, devienne plus ouvert et mieux accueillant, profitant de son positionnement géographique et de ses atouts, faisant meilleure place aux autres, émigrants de l’intérieur retraités ou pas souvent de grande expérience (car c’est en bougeant et changeant qu’on en acquiert, fusse à l’intérieur du continent des livres), immigrés par trop relégués et gitans sédentarisés, cantonnés dans l’aide et la délinquance chronique pour un trop grand nombre d’entre eux, alors qu’il faudrait là aussi devenir inventifs. Trouver aussi les moyens d’un pas de deux avec la Catalogne du sud, autrement dynamique. Comme je suis aussi parisien (mais je vous passe tout ce qu’il faudrait faire là à mon sens, en cette même perspective, de confiance, de sérieux, de réponse, d’échange et de partage, que j’appelle de mes voeux, et à laquelle j’entends contribuer), j’aimerai par exemple qu’il soit possible de circuler entre la capitale et Perpignan pour un prix bien moindre, et que donc l’on apprenne de l’aéroport de Girona et de Ryanair plutôt que de privilégier un faux low-cost à la Air France, inaccessible aux petites bourses, lesquelles bien évidemment n’en sont que rarement au temps confortable des réservations sur l’avenir…) : ne pas prélever de taxes surenchérissant le voyage, le manque à gagner pouvant être largement compensé par le surcroit de fréquentation qui augmente les recettes de la région. Parier sur l’ouvert là encore donc, contre les clivages, la morosité…

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Face à une telle question, ce qui me vient de suite, et au fond c’est le coeur de ma formation en ces plus chères parties, »effacé par la journée envisagée », Henri Michaux.

L’avenir de chacun, et ce mondialement, est de plus en plus relié, en de multiples segments. C’est un progrès mais aussi problématique, puisqu’en même temps nous profitons de beaucoup plus : informations, connaissances, rencontres, objets, possibles, … mais que cette démultiplication au regard de notre condition humaine faillible et de passage, rend incertain notre avenir qui n’est ainsi plus tout à fait terrien, tout du moins nous semble t-il. Le vieil atavisme paysan du français, est ainsi mis à mal, puisque le monde sans limites s’immisce partout, modifiant sans cesse la donne, les enjeux, et rendant incertains calculs, prévisions et réussites. Une organisation telle celle de la France me semble bien trop peu adaptée à un tel contexte ; les grands écarts qu’il faut pratiquer entre la réalité du monde dont nous faisons partie, et les conceptions autour desquelles tant s’arc-boute la société civile, ou plutôt les tenants-lieu de celle-ci (car il y a un écart certain entre l’état de conscience de beaucoup d’hommes de la rue, et ceux qui en politique ou dans les corps intermédiaires entendent les représenter, sans toutefois toujours la légitimité qui devrait prévaloir : ainsi notamment de certains syndicats qui opposent ainsi des évolutions historiques passées, fruits certes de combats, en leur conférant le statut de traditions intouchables, à l’état de la société présente où beaucoup veulent surtout trouver des solutions à leur vie quotidienne pour maintenant. Un syndicalisme basée sur l’idée d’une mono-carrière en CDI ou comme fonctionnaire, est bien peu à même de défendre la France exposée, de comprendre par exemple les motivations des auto-entrepreneurs, de préférer l’emploi à l’hyper-protection, de promouvoir réellement dans les faits une société civile ouverte et prospère, ce qui ne veut nullement dire ne pas défendre ses mandants, l’emploi en France, un niveau élevé de protection sociale, etc, mais ne pas dogmatiser un positionnement en se comportant comme une nouvelle prêtrise)
La société civile est en fait prête à bien des évolutions. L’on accepterait mieux aisément de perdre si l’on pouvait légitimement penser gagner en une autre étape, mais si tout est déterminé par un positionnement à l’issue de la formation initiale, alors nombre sont ceux qui se cramponnent à ce que j’appelle »l’os à ronger de l’égalitarisme ».
Si j’évite de projeter pour mes enfants, je vise à les accompagner au mieux en ces deux prochaines décennies, afin qu’ils puissent perdre moins de temps que moi, et mieux jouer leurs atouts et désirs, cependant sans nul manquement aux autres.
J’aimerai qu’il soit possible qu’ils se réalisent en France, mais les invite (nous voyageons, low-cost, dés que possible, de toutes les façons) à voyager, bosse qu’ils ont déjà, développée. Ma priorité, notre priorité, c’est eux, la fille de ma femme (un peu ma fille) et mes deux garçons, et au delà toutes celles et tous ceux que j’ai pu croisé, amis d’un jour ou de toujours, mais il ne pourrait être question que je privilégie l’un des miens, si cela m’apparaissait injuste. De toutes façons, en restant réaliste, toute cette culture que j’ai tant arpentée en de multiples façons, ne me sert que de peu, au dehors, tant ce que je suis, sans forfanterie et en conscience aigüe de ce que je ne suis pas, ne trouve que trop peu son espace au dehors, voire soit reconnu, et génère quelque revenu mieux régulier… Mais tout en étant lucide, informé, étudiant la moindre question, imaginant des réponses, pilotant des associations, tenant bon sur le projet e-traverses dont je ne comprends parfois qu’on m’en est dit tant de bien, sans rien y apporter qui m’est accompagné concrètement en son lancement effectif (et me relisant avant envoi et n’ignorant le volume de ce témoignage, je serais ici fort sérieusement en demande de l’exposer à ce ministre de l’éducation nationale qui fut aussi en quelque sorte mon boss du temps où l’on me fit misère. J’ai tant lu, entendu les uns et les autres en de multiples occasions, qu’il serait temps qu’on m’entende un peu, non ?), je suis confiant, en quelque sorte croyant, faisant résonner au mieux la traduction d’attendre en espagnol… Nous ne faisons certes que de passer, mais la vraie richesse serait de le faire avec quelque élégance.
Pour l’avenir de la France, j’aimerais contribuer à l’évolution et la libération de l’école, mariant ce qui fait de mieux au nord de l’Europe en termes de suivi et de promotion des diverses intelligences rencontrées, avec le souci du dur, c’est à dire de doter chaque futur citoyen d’un vrai socle de langues et langages, ce dont nous sommes scandaleusement loin. Au plan des langues anciennes, et en regard d’une histoire millénaire tragique, je proposerai qu’on n’oublie pas Jérusalem lorsqu’on s’insurge contre la raréfaction des heures consacrées à l’étude du grec et du latin, y ajouter l’hébreu générerait un vrai débat, et corrigerait une injustice. Si nos vieilles langues de terroir, sont maintenant peu en usage par tous, j’aimerai aussi qu’on leur fasse la place qui leur revient, ce n’est pas pour rien que Babel est écroulé, et se comprendre suppose d’être deux, et que chacun retrouve le »don des langues, la sienne au moins, qui sinon soi, qui la parlerait », dixit Michaux, que j’ai longuement lu alors, mais n’est jamais pu enseigner en ce pays inventif, ce qui ne cesse de me révolter, et est sans forfanterie, un gachis. Au plan politique, je milite pour ce que j’appelle la subsidiarité ascendante, basée sur la confiance qui doit présider à nos échanges. Ne pas interférer systématiquement dans ce que fait l’autre, le laisser échagner, trouver son chemin, ne veut pas dire ne pas mutualiser où celà est utile ni non plus laisser faire ce qui serait contraire à la loi. Au plan européen, même s’il faut se doter des moyens d’une vraie présence internationale, il ne faut surtout pas transférer le modèle français centraliste et jacobin à la gouvernance de notre diversité multipolaire. Cependant il faut tout à la fois doter l’Europe d’un vrai budget, et repenser la question des subsidiarités, n’en déplaise aux corps constitués des hauts-fonctionnaires platoniciens. Au plan international, s’allier avec l’amérique est la voie, et sans exceptions pour l’avenir, nous n’y perdrons pas nos âmes, et les USA apprendront aussi, bien plus qu’on ne le prétend avec une certaine jalousie… mais aussi oeuvrer pour le multipolaire, le souci non dogmatique d’un contenu durable de nos croissances respectives, le décollage de l’Afrique où nous aurions tant à jouer et inventer, au plus loin des petits arrangements d’une françafrique qui a encore de »beaux » restes… oeuvrer à la démultiplication des échanges et du développement de tous, mais sans fausses naïvetés, la valeur d’un objet échangé étant subjective aux désirs des échangeurs, et non point de quelque valeur travail comprise mais peu calculable, oeuvrer contre les facteurs de guerre en appelant un chat un chat, et en refusant toute espèce de collaboration avec le terrorisme ou ses financeurs, et de fait soutenir les sociétés civiles du monde musulman en les invitant à quelque aufklarung salvateur et indispensable pour le développement et la paix… Redéfinir bien sûr les limites que doivent avoir les Etats et les organisations qu’ils génèrent et président, ce dans un souci d’efficacité basé sur les droits de l’homme, droits naturels inconditionnels, valables pour tous, où que ce soit et sans considération de fortune. Le reste relève de la foi et de l’espoir, et appartient à notre quotidien, qui en est digne ou rabougri, selon notre (mais c’est toujours d’abord un mon) souci exigeant de l’autre.

Au plan de l’organisation politique, ce qu’a pu notamment proposer François Bayrou, me semble relever d’un socle indispensable. Il faudrait donc sérieusement aborder la question de l’interdiction du cumul des mandats, simplifier le mille-feuilles, obliger l’Etat à des règles de bonne gestion sérieuse, le contingenter à l’état de droit bien plus qu’à présent, réfléchir et oeuvrer aussi résolument et rapidement à un rééquilibrage pérenne des pouvoirs, à l’introduction non anecdotique de la proportionnelle. Entre ouvrer et oeuvrer, synonymes, il y a le plus du »e », dis »eux » joua Lacan, et sans eux, ils et elles, eux mêmes en résonance, point de pays, fut-ce ce »euh », hésitant qu’il faut accompagner, convaincre, et pour cela inviter. Ou comment refaire de ce pays, le pays de tout le monde.

Merci de m’avoir lu, et en soutien de cette marche, appréciée, à laquelle je veux bien me joindre un jour, même si elle passe loin de chez moi. Je crois qu’effectivement il faut que le pays retrouve ou recouvre ses droits pour que l’espoir, l’aventure et les solutions s’y démultiplient et contrecarrent clivages, barrages, et fausses impossibilités. Ce en un individualisme démocratique, où la seule personne qu’on puisse sans fiction nommer ainsi, est physique et porte nom propre, nul ne devant manquer si l’on veut encore en dansant peupler la terre.

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Bernard, le 16 juin

Bernard, le 16 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Bonjour, je me prénomme Bernard, j’ai 62 ans. Nous avons fait le choix, ma femme retraitée de l’éducation nationale et moi, d’aller vivre en Tunisie. Nous y résidons à temps plein depuis septembre 2011 mais avons vécu sur place la révolution et le départ du président Ben Ali car nous y passions le temps des vacances scolaires depuis 2009. Nous avons créé une petite société de conseil où nous développons des outils d’employabilité au service des jeunes afin de les aider à consolider leur CV et essayer de trouver un emploi. Ma femme a été élue UDF pendant 18 ans et j’ai rejoint grâce à elle la famille centriste où j’ai été quelques mois président de la section MoDem d’une commune de l’Ile de France. Gaulliste par tradition familiale (un père engagé dans les Forces Françaises libres en 1943, un grand oncle dans la 2ème DB puis l’armée de Lattre, une mère réfugiée politique hongroise), j’ai été nourri au biberon de la liberté et de la préservation de valeurs essentielles pour assumer une véritable citoyenneté. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai opté voilà plus de trente ans pour une activité indépendante. En 2006/2007, François BAYROU me semblait être celui qui portait haut et fort ces valeurs assorties d’un discours de vérité. Je suis aujourd’hui toujours admiratif de sa capacité d’analyse mais plus réservé sur ses qualités de management.

Quel est mon cadre de vie ?

Nous avons beaucoup de chance, nous avons une petite maison située à 10 mètres de la mer avec une vue magnifique sur la baie de Tunis dans la petite commune de Ezzahra située à 12km au sud de Tunis. Il s’agit d’une commune dite »populaire » comparée aux communes chics de la banlieue nord de Tunis (mais je retrouve la simplicité de mon enfance, j’ai vécu quelques années à la Trinité sur mer puis mon père s’est établi dans le Poitou) qui se nommait au temps du protectorat Saint Germain car de nombreux Français y résidaient. Je retrouve ici avec une connotation locale un peu de la vie provinciale des années 60 (la modernité de la Tunisie de Ben Ali n’était que très relative et cachait des réalités moins affriolantes).

Contrairement à la France, tout est à faire ici, les Européens en général et les Français en particulier sont très appréciés. Nous avons le projet de monter, mais actuellement tout est difficile avec une transition démocratique qui peine à se faire, une école française parce que nous pensons que l’immigration venant du Maghreb et de l’Afrique francophone est une aubaine pour la France et l’Europe dont la population vieillit mais comme disait un personnage célèbre, c’est un »vaste programme ».

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Encore une fois, je n’hésite pas à dire que nous faisons partie des privilégiés en ce sens non pas que nous ayons des ressources énormes, mais que nous avons choisi notre vie actuelle et que j’ai eu la chance (attention, la route est semée d’embûches et les échecs ne doivent pas nous faire renoncer) de faire à peu près tout au long de ma vie professionnelle ce que j’avais choisi. Bien évidemment pas de semaine de 35 heures ni de vacances à date fixe, mais la liberté a un prix.
Ma femme avait fait le choix de l’éducation nationale parce qu’elle aime transmettre, elle construit actuellement pour le compte de l’Agence Universitaire de la Francophonie un module d’employabilité à usage des doctorants et croit depuis longtemps aux TIC qui constituent une révolution dans le domaine de la connaissance. Aujourd’hui il faut non plus enseigner de manière traditionnelle et bourrer les crânes mais au contraire organiser la transmission des connaissances et donner aux jeunes les moyens »d’apprendre à apprendre ».
Je pourrais vous parler pendant des heures de la situation ici et de l’incertitude qui règne dans ce pays de tous les possibles, le meilleur comme le pire, où la nature »rebelle » des Tunisiens fait obstacle aux tentatives des instances provisoires pour les enfermer dans un cadre par trop ressemblant à celui dont ils se sont débarrassés. Malheureusement, l’absence d’autorités légitimes empêche de prendre des mesures vitales et le pays a régressé en deux ans de plusieurs années pour redevenir un pays en voie de développement, le véritable défi sera de revenir au statut de pays émergent et pour cela il y a du boulot!

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Quand je relis ce qui précède, le seul paragraphe important est celui-ci parce qu’il concerne l’avenir. Quand on a comme moi passé le bac en 68, on se souvient qu’on avait des rêves plein la tête et que l’avenir nous était grand ouvert. En même temps, il y avait deux mondes, celui que ma mère avait fui et le »monde libre ». Aujourd’hui tout a changé, trois crises ont eu raison de nos économies et les gouvernements successifs n’ont pas eu le courage depuis le premier choc pétrolier de dire la vérité aux gens à savoir que rien ne serait plus comme avant. Ensuite la chute du mur de Berlin a été un tournant décisif et le début de nos vrais problèmes même si elle était juste et nécessaire, mais nos gouvernants de l’époque étaient des hommes du 19ème siècle pas préparés à la modernité. Je doute que la majorité de notre personnel politique d’aujourd’hui soit capable d’anticiper les mutations qui nous attendent.
On parle de quoi en ce moment?
De la dépravation du monde politique, nos institutions et le quinquennat l’encouragent faisant du Président de la République un chef de clan assuré de régner sans partage et sans contrôle pendant 5 ans et il faudra plus qu’une mesurette de pseudo transparence et moralisation de la vie politique pour remédier à un système qui est devenu déviant et quasi mafieux. Il faudra que les extrêmes deviennent dangereuses au point de risquer de prendre le pouvoir pour que les deux partis dominants se réveillent.
De la crise économique, elle est réelle et durable, cessons de rêver il n’y a aucune solution miracle, l’Europe moins que toute autre parce que sa seule raison d’être est le soutien de la monnaie unique (toute la classe politique sombrerait si l’Euro s’écroulait ou que nous décidions de l’abandonner) alors qu’on aurait du faire l’Europe politique avant celle des banques. Nous devons cesser de compter sur l’Etat providence et apprendre à vivre avec moins et/ou à travailler plus et plus longtemps, la gesticulation de syndicats sur les retraites est pathétique et mortifère pour notre société.
Des solutions existent, elles passent par notre volonté de nous en sortir et de redevenir des »citoyens engagés » en réformant de manière importante les institutions qui devront être le reflet de la volonté populaire et non plus une oligarchie qui a confisqué au nom du peuple le pouvoir du peuple. Les jeunes devraient s’engager davantage en politique et bouter hors des partis les septuagénaires et octogénaires qui font barrage à leur ascension. La démocratie directe devrait à terme remplacer celle des partis et donner plus de souplesse aux gouvernants qui seraient également en situation de rendre des comptes et d’être sanctionnés en cas de manquement (je suis conscient du caractère iconoclaste de ces propos, mais les entreprises vivent cela au quotidien et les Etats vont devoir accepter l’idée d’une gestion vertueuse avant que la rue dont les excès sont imprévisibles leur dictent sa loi)
Sur le plan économique, la seule véritable création de richesse et d’embauche passe par les PMI, PME, TPE, artisans et commerçants, c’est sur elles qu’il faut »mettre le paquet », ce devrait être le rôle de la BPI et des banques en général. Une fiscalité encourageant de manière très incitative devrait également être mise en place en donnant une prime à la prise de risque au lieu d’encourager celle du bas de laine faisant des Français les champions d’Europe des épargants et des prélèvements. L’Europe est la première économie du monde, mais elle n’est pas organisée ni unie, je ne sais pas s’il vaut mieux une Europe fédérale ou une Europe des nations, mais il faut repenser l’Euro qui empêche les économies des différents pays de s’ajuster entre elles. L’Allemagne est à la fois une super puissance et un colosse aux pieds d’argile.
L’éducation doit rester la priorité des priorités. Comme l’a dit Martin SCHULTZ: »si nous avons trouvé 700 milliards€ pour sauver les banques, nous devons faire le même effort pour sauver la jeunesse » au risque de créer »une génération perdue ».
Enfin, pardon d’être aussi disert, ce sera ma conclusion, il faut AVOIR ENVIE d’ETRE HEUREUX et renoncer à la sinistrose et au pessimisme. Croire en la vie c’est croire en soi et aimer son prochain. J’invite celles et ceux qui ont un doute sur ces mots à passer quelques semaines avec nous en Tunisie, ils comprendront que la France est un pays qui fait rêver et reste pour beaucoup un modèle. J’en profite pour dire également que vue de 2000 km, la France n’est pas »le nombril du monde » et que la mobilité est une qualité indispensable pour devenir un citoyen du monde.

Bravo monsieur le député, vous faites ce que chacune et chacun des 577 élus de l’Assemblée devrait ne pas oublier, vous souvenir que vous êtes notre représentant et que pour cela il vous faut nous connaitre et nous écouter même si l’on est un incorrigible bavard comme moi..

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Bernard, le 15 juin

Bernard, le 15 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Bernard,
51 ans, divorcé, 2 enfants majeurs à charge, profession(s) ingénieur & chef de projet en technologies de l’information, délégué syndical, artisan forgeron.

Quel est mon cadre de vie ?

Mon cadre de vie s’est peu à peu limité au domicile et à l’entreprise où je travaille depuis 27 ans. Mes moyens financiers, plutôt confortables me permettent d’assurer les besoins essentiels et l’éducation de mes enfants, sans plus. J’ai observé la dégradation progressive mais constante des conditions de travail en raison du poids croissant de la financiarisation et de la course à la productivité. J’ai été confronté, au moment où ma »carrière » de cadre aurait voulu que j’intègre le »staff » des cadres supérieurs, à un conflit éthique qui m’a conduit à choisir la voie du syndicalisme plutôt que celle du management. Aujourd’hui ma vie est partagée entre le soutien que j’apporte à mes enfants, mon engagement social et syndical, et une seconde voie professionnelle dans l’artisanat d’art.
L’engagement syndical m’a permis de me dégager un peu de la pression intolérable exercée aujourd’hui sur les salariés. Je considère que cela aura été salvateur. A mon sens, les modes de vie actuels sont, dans leur grande majorité profondément destructeurs et pathogènes. Je n’adhère ni à la vision de la société qui nous est proposée, ni à ses valeurs, et m’en désengage autant que possible.

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

– remettre l’outil financier à sa place d’outil et non pas de valeur,
– redonner la primeur à l’humain, partout et systématiquement,
– développer radicalement l’éducation, la culture, l’esprit critique, la connaissance de l’histoire et des humanités,
– ne pas confondre éducation et formation professionnelle,
– développer massivement des services publics dégagés des contraintes et des conflits d’intérêt du privé : santé, transports, énergie, éducation, recherche, agriculture, distribution d’eau, infrastructures…
– faire en sorte que le mandat politique ne puisse devenir un métier : non cumul, mais aussi non renouvellement d’un même mandat au delà d’une certaine durée,
– faire en sorte que la représentation parlementaire soit représentative du peuple : substituer le tirage au sort au suffrage universel, possibilités de révocation par le peuple de ses représentants,
– reconnaître que le développement des technologies et des sciences permet de libérer l’humain de la contrainte du travail, que le travail – enfin – peut disparaître au profit d’activités plus utiles à la collectivité, et donc mettre en place un revenu universel inconditionnel pour pallier à la disparition du travail,
– abandonner la tour de babel de la construction européenne, salmigondi complexifié à l’extrème et forcément inopérant,
– renoncer à l’idée de croissance indéfinie dans un monde fini

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Je suis très pessimiste pour l’avenir, compte tenu de la dégradation des valeurs humaine, de la soumission croissante de chacun aux impératifs industriels et financiers. Personnellement, je tends vers une marginalisation douce : coopérer le moins possible à cette société et ses mécanismes, favoriser par mon action au quotidien toutes les initiatives fondées sur des tentatives de changement de paradigmes et pour le reste laisser pourrir le fruit. Je continue sur le plan syndical d’essayer de limiter la casse au quotidien et de protéger mes collègues de travail. Je m’efforce de ne pas avoir à vivre en contradiction avec mes convictions profondes.
Je crains pour l’avenir qui sera donné à mes enfants. Je continue à croire en l’éducation et fais donc tout mon possible pour qu’ils y accèdent, mais je n’exclus pas de devoir un jour réunir ma famille pour revenir à un mode de subsistance plus autarcique et rudimentaire. Il me semble qu’à l’échelle de l’histoire, une révolution est en marche dont nous ne voyons pas encore clairement le mouvement et les convulsions. Je crains que, comme toutes les révolutions, elle ne soit sanglante. Quel Gandhi contemporain saura montrer un chemin plus intelligent et plus pacifique pour renverser les oligarchies insupportable qui nous contraignent un peu plus chaque jour ?

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Claude, le 3 juin

Claude, le 3 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Claude
Consultant en ressources humaines et thérapeute

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Pour l’avenir des enfants ?: APPRENDRE AUTREMENT Développer l’éducation cognitive
Apprendre à apprendre. Cf les méthodes de Reuven Feuerstein, Moshé Feldenkrais, A. Naouri….
Apprendre à penser autrement (dès l’école) mettre la philosophie en primaire Les mythologies (surtout enseigné comme les raconte Luc Ferry) sont tout à fait adaptées et formatrices pour les enfants
Apprendre à avoir confiance en soi. Développer dans le cadre de l’éducation nationale des programmes pour favoriser le développement de l’estime de soi et l’identité culturelle, comme cela se fait au Canada depuis les années 1980 ou même des stratégies socio-affectives, cognitives et métacognitives en lecture et en écriture ont été mises en place

Pour l’avenir commun ? : PREPARER L’AVENEMENT D’UN NOUVEL HUMANISME où le rapport à l’autre et le baser sur l’amour et l’altérité plutôt que dans une course effrénée à la compétitivité.(HESSEL, FERRY…)
Il peut sembler utopiste dans cette époque où les maîtres mots sont efficacité, rentabilité, rapidité et surtout
consommation de parler « amour » »altérité » « tolérance » Or il n’en est rien. Encore faut- il bien se comprendre. S’Il s’agit d’amour c’est bien dans le sens de cette énergie qui nous donne –comme la foi peut être- la capacité de déplacer les montagnes, parce que l’image que nous avons pu construire de nous-mêmes est positive et en miroir de celle de l’autre mon « alter ego ».
C’est pourquoi Il est plus important de transmettre une approche positive, bienveillante et dynamique car au bout du compte « le retour d’investissement » est meilleur. Meilleur en termes de santé, de productivité, de créativité…
Ce discours n’est pas nouveau. C’est celui des philosophes. Il est très bien développé par Luc Ferry dans « la révolution de l’amour ». Ces idées sont celles pour lesquelles Stéphane Hessel (et en matière d’espérance, on ne fait pas mieux) Edgar Morin se sont battus. Ce sont aussi, présentées sur un autre angle celles de Joël de Rosnay, Michel Serres et autres…
Kennedy lors de son discours d’investiture a prononcé cette phrase devenue célèbre : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande toi ce que tu peux faire pour ton pays ».
Or pour faire quelque chose pour son pays encore faut-il que les gens se sentent responsable de leur vie, aient confiance en leur capacités et qu’ils soient regardés comme des acteurs dans leur pays

Cela décline une approche de la société, que ce soit au niveau de l’éducation, du management des organisations professionnelles et politiques donc de l’état
Cela paraît simple –peut être- mais en fait ça ne l’est pas car c’est d’une révolution qu’il s’agit ! C’est donc des démarches innovantes auxquelles il faut faire appel pour construire des programmes déclinant cette philosophie de vie.
C’est cette même approche qui traverse le mouvement pour une économie positive de J.ATTALI : » L’économie positive est fondée sur un changement de paradigme, une vision nouvelle des rapports entre les hommes. Elle repose sur l’idée que l’altruisme peut être un moteur de l’activité humaine s’il est encouragé. Elle valorise la prise en compte de l’autre, passé, présent et à venir plutôt que la satisfaction immédiate des intérêts individuels de court-terme, les relations plutôt que les transactions ».

Pour l’avenir de la France ?
MODIFIER PROFONDEMENT l’organisation institutionnelle, la représentation, le fonctionnement des partis politiques. Changer la façon de faire de la politique et le rapport du citoyen au politique ; qu’il soit considéré réellement comme un citoyen et non comme un simple électeur
Intégrer le citoyen dans les institutions, le faire participer voire évoluer et donc orienter les parcours de ceux qui s’engagent… Favoriser le parcours politique des femmes à l’intérieur des partis politiques parce qu’elles ont des temps de vie différents notamment par la maternité.
En fait il ne s’agit en rien de révolution mais d’évolution. La société a changé et pas les partis, pas la politique et l’écart se creuse entre les classes, non par incompétence réelle du politique mais par son incapacité à sortir des schémas et aussi par une dérive oligarchique, qui ne peut que révolter le citoyen.

L’attente est clairement formulée pour une implication citoyenne, en quelque sorte un partenariat. Certes c’est difficile à mettre en place mais pourtant les consultations citoyennes sont largement utilisées sous des formes diverses aussi bien en Allemagne qu’au Etats Unis, dans les pays scandinaves

Merci de donner à tout un chacun le moyen, la place de s’exprimer dans ces cahiers d’espérance qui ont un joli nom qui sonne mieux que doléance. Mais en espagnol (et en français aussi sans doute !) espérer c’est attendre… Attendre que ce que l’on a pas et qu’on voudrait, se produise… Mais c’est passif et on peut attendre longtemps
Alors je souhaite que les cahiers d’espérance se transforment en projet puis décliné en plans d’actions et enfin en réalisation.

Amitiés et bonne continuation
Claude

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Marie, le 28 juin 2013

Marie, le 28 juin 2013

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Bonjour, jeme présente Massé Mado 65 ans retraitée milieu hospitalier ..Je suis au Modem depuis bientot 3 ans, je demeure dans la moselle, Thionville.Mon activite , mon parcours: j’etais Ash ,puisj’ai fait mon diplome d’aide-soignante en candidate libre , à l’epoque ç etait ainsi!Que vous dire ,Je vis avec 718euros de retraite mensuelle et§. C’est tres dur , mais on est obligé de faire avec.Je suis seule célibataire!

A quelle valeur tenez vous ?

J’attache de l’importance au respect, à l’education des enfants en classe de façon à les intereresser à notre langue et les bases de l’instruction scolaire!

Quel est mon cadre de vie ?

Je vis dans un T2 dans une petite résidence, oui je m’y plais, c est calme et de bons voisins, j’adore la communication!JE perçois des apl heureusement.mon cadre de vie me convient!!C est des autres choses qui me font grincer les dents.

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Non ou peut etre quecertains soient moins solitaires, aller vers les autres c’est important pour moi!.

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

je n ’ai pas d’enfants hélas!Ici il sepasse que tous les petits commerces ferment , çà c’est pas bien du tout , faudrait reouvrir faire de petites superettes !!Niveau national qu’il y est moins de difference entre certains revenus, plus de partage , de convictionsmoins de saturation des choses.Je ne suis pas trop douéepourparler politique je démarre et onm’a aidée à comprendre, donc pour ce qui est de l’europe ce serait quand même mieux de s’entendre sur des points de vue, on dit on essaie de voir je pense que c est realisable. International ce mot là m’impressione donc je bloque ;

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Yoann,le 12 juin 2013

Yoann,le 12 juin 2013

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Je suis un jeune homme Lorrain de 27 ans depuis peu. Actuellement je vis chez mes parents faute de moyens pour prendre mon indépendance, je suis retourné chez eux il y a environ 2 ans, car mes finances ne me permettaient plus de vivre de façon indépendante.
Un parcours de vie des plus simple, des études jusqu’au Bac et une envie de liberté et une grosse erreur d’orientation (merci l’éducation nationale…) m’ont conduit à arrêter mes études après l’obtention de ce diplôme pour aller sur le marché de l’emploi, où j’ai depuis 2008 cumulé des emplois dits alimentaires (téléconseiller, téléprospecteur, ….). Actuellement je regrette amèrement l’arrêt de mes études et depuis l’année dernière je cherche à reprendre mes études, nous aurons l’occasion d’y revenir dans le prochain cadre.
Je suis aussi militant associatif, dans le domaine de la lutte contre les discriminations.

Quel est mon cadre de vie ?

Franchement je ne vais pas le cacher, mon cadre de vie est vraiment pas des plus sympathique en ce moment. Donc pour résumer, je ne peux ps dire que je m’y sens bien.
Déjà au niveau professionnel, voilà un an que je cherche à trouver une formation en alternance pour passer un BTS, j’ai 27 ans et c’est très dur pour moi, car les sociétés sont dans l’obligation de me payer avec au minimum le SMIC, donc je ne fais pas le poids face à un jeune qui sortirais du cursus normal et qui serait payé entre 700 et 900 euros? L’an passé plus de 120 candidatures pour trouver un post en contrat de professionnalisation et aucune réponse positive.
Plus au delà des problèmes d’emploi, je constate en tant que citoyen et militant associatif une montée exponentielle des phénomènes de rejet de l’autre, de discriminations, etc… Accompagné par une montée des extrêmes bien inquiétante. Ces phénomènes provoquent un mal être que ça soit pour moi ou les personnes victimes. Je pense même que au delà de ces problèmes il y a une »banalisation » du rejet. Chose non souhaitable pour notre société.

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Bien sur qu’il faut faire évoluer le cadre de vie, je ne parle pas uniquement de mon cas personnel.
Il faut déjà avant tout faire évoluer l’emploi dans notre pays mais plus en particulier dans le formation et le reclassement des personnes.
Il faut avant toute chose remettre en place le bien vivre ensemble qui semble oublié depuis trop longtemps.

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Première proposition: une meilleure offre de reprise d’études ou de formation pour les personnes de plus de 26 ans.
En effet, les personnes de plus de 26 ans ne sont pas aidées. Cela passerait déjà avant tout par des aides plus avantageuses pour les entreprises pour le recrutement d’une personne de 26 ans et plus, comme la loi Fillon l’a permis, faisant bénéficier si mon souvenir est bon d’une prime exceptionnelle de 1000 euros par an pour l’embauche d’une personne de plus de 26 ans dans une formation. Ceci surtout dans le but de garantir une égalité de traitement des demandes, et par conséquent évite une certaine forme de »concurrence déloyale » entre postulants de plus de 26 et ceux ayant moins de 26 ans.

Seconde proposition: Si la première proposition n’est pas faisable, pourquoi ne pas revoir le barème des salaires en fonction de l’âge lors de formation?
En effet aujourd’hui la rémunération pour des formations types alternance, contrat de professionnalisation etc…. est soumis à un barème de salaire en fonction de l’âge, ce qui comme je viens de le dire, peut désavantager les personnes les plus avancées dans l’âge, car ne soyons pas dupes entre un jeune sortie du lycée payé 700 euros et une personne de 27 ans avec expérience professionnelle payée un SMIC, le patron va de facto privilégier le jeune sorti du lycée, même si la personne de 27 ans a plus d’expérience et sera opérationnelle plus rapidement.
Donc ma proposition serait de mettre tous les apprentis, personne effectuant une formation, un contrat de professionnalisation etc… sur un même pied d’égalité, c’est à dire payé au même niveau.

Troisième proposition: Il faut toujours dans ce même système revenir à plus juste entre employés, en supprimant les contrats spécifiques ou spécifiquement réservés à telle ou telle catégorie de population. C’est avant tout pour mettre sur un pied d’égalité tous les travailleurs et arrêter de favoriser la discrimination dans la société (je sais c’est un vaste programme mais le commencement c’est avant tout ne pas différencier les personnes selon leur lieu de vie).

Quatrième proposition: Il existe un problème en France qui est celui des contrats subventionnés par l’Etat et les collectivité. Contrats qui en échange de l’embauche de telle ou telle catégorie de population/personnes permet à l’entreprise de toucher des aides. Ces contrats subventionnés sont souvent des contrats à durée déterminée, et il n’y a pas de limites de cumul des contrats spécifiques pour les entreprises, ce qui fait que dès qu’un contrat se termine, l’entreprise se sépare de la personne et signe derrière un nouveau contrat avec une nouvelle personne pour toucher une nouvelle fois les aides des l’Etat. Ce n’est pas normal, car cela précarise l’emploi, et surtout cela représente un coût très important pour l’Etat et les collectivités locales.
Donc la proposition est de limiter les contrats subventionnés par l’Etat, le chiffre de 3 contrats subventionnés sur une période me semble bien, au législateur de définir le nombre de contrats maximum par période.

Cinquième proposition: Aujourd’hui on trouve des »stages » en entreprise obligatoires dans le cursus scolaire des élèves ou obligatoire car imposés par Pole Emploi. Ces stages ne sont pour la plupart pas rémunérés, et pourtant le stagiaire fait le même travail qu’un employé lambda durant son stage. C’est une honte de voir ça. Je propose donc que ces stages soient un minimum rémunérés. Car c’est ainsi qu’on le pratique en France, tout travail mérite salaire

Sixième proposition: Comme dit plus haut on voit une banalisation des phénomènes de rejets dans notre société, le paroxysme ayant été pour moi, l’affaire des pains au chocolat de JF Copé ou des propos tenus lors des débats sur le mariage pour tous.
Je pense qu’il faudrait punir plus durement les propos intolérants tenus par nos hommes politiques, et plus en particulier ceux tenus par nos représentants. En effet, nos hommes politiques sont là pur représenter tous les électeurs qui ont votés, même si on a pas voté pour le candidat élu. Donc il est normal que nos hommes politiques aient un langage exemplaire lors de leurs interventions. Donc il faut punir plus durement ces propos au niveau de l’appareil d’Etat, un homme politique qui a des fonctions, doit être suspendu pour une durée X (à déterminer par le législateur) du/des mandats qu’il exerce. Cela semble normal et éviterait à terme la banalisation des propos haineux et provoquant faits uniquement dans un soucis politique et idéologique.

Voici quelques unes des propositions que je peux faire, suite à des échanges avec des personnes ou des réflexions personnelles.

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Françoise, le 5 mai 2013

Françoise, le 5 mai 2013

Cahiers de l'espoir

Votre cadre de vie ? Vos conditions d’existence ?

Bonjour,
Juste quelques mots.
cadre de vie: campagne limousine
état de vie : veuve depuis 18 ans ; âge : 58 ans ; 3 enfants, 2 petites filles;
retraitée de l’éducation nationale (institutrice) et également du ministère de la santé (ancienne infirmière ) ; J’ai donc exercé 2 métiers, mais aucune administration n’a daigné reconnaître que j’avais 2 compétences, ils l’ont ignoré superbement et sottement.

Je n’ai qu’une proposition à faire :
si j’étais ministre de l’éducation nationale je rendrais obligatoire l’école maternelle seulement à partir de 4 ans (pas avant) , ce qui ferait 2 années de maternelle avant l’école primaire, et j’imposerais des effectifs à 18 élèves par classe, pas plus, jusqu’au CE1, afin d’éradiquer l’illettrisme par une meilleure prise en charge des élèves dès les petites classes
Car les enfants n’en peuvent plus de supporter un collectif pesant dès la petite enfance, c’est trop cette masse d’humains à »traîner » dès la crèche. Pour beaucoup d’enfants le groupe est devenu une souffrance quotidienne. Surtout dans un monde totalement déchristianisé où chaque individu a ses propres valeurs et où tout le monde se regarde en chien de faïence.

Je reste sidérée de constater à quel point les hommes politiques sont préoccupés par leur carrière et leur confort financier personnel plutôt que par l’intérêt général.
Les conditions de travail des infirmières et des institutrices me font horreur. La condition des femmes au travail est scandaleusement inégalitaire , injuste et régressive.
La France reculera tant qu’elle fera l’autruche sur toutes ces questions de vie essentielles.
Il faudrait tout repenser en profondeur.
Les 600 morts de DACCA au Bangladesh sont une infamie dont on a honte au plus haut point mais nous, en bas, nous n’y sommes absolument pour rien !

Et tant d’autres choses …

Compte tenu de votre réalité quotidienne quelle (s) proposition (s) pour votre avenir, celui de vos enfants pourriez vous proposer ? Quel(s) projets seriez vous prêts à soutenir fermement ? ?

Soutenir des projets, oui, mais pas pour se faire moquer de soi en permanence, malheureusement notre pays est englué dans des querelles droite/gauche obsolètes et tragiquement sottes, le tout relayé par des médias serviles.

la France , à cause de tout cela est paralysée !

Tant de bêtises, c’est à pleurer !

Cordialement.

Je ne suis pas politisée; Je ne suis pas syndiquée. Je ne suis pas militante. Je ne suis pas tradi ni progressiste ni ceci ni cela, les étiquettes m’exaspèrent.

Je vous invite à lire mon blog: c’est le blog d’une femme LIBRE !

http://blogfadiese.wordpress.com

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Benoît, le 9 mai 2013

Benoît, le 9 mai 2013

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

55 ans , marié ( à une femme…) , hétérosexuel, 5 enfants ( 23,21,19,15,13).

originaire de La Seyne/mer ( 83..le département le plus ensoleillé de France !)

EM Lyon, cadre commercial à l’international dans l’industrie électronique.

Au chômage depuis un an. Probabilité d’emploi comme commercial dans le domaine de la formation professionnelle à partir de juin.

Quel est mon cadre de vie ?

Roubaix ( 59..le département le moins ensoleillé de France ….)
Appartement de 200 m² en centre ville.
Pratique et lumineux .
Ville où le chômage, la pauvreté et l’immigration dépassent les moyennes nationales..de très loin.
Climat d’incivilité et de petite délinquance …on croise motos et voitures dans le parc Barbieux mais on tue beaucoup moins qu’à Marseille …

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

De gros efforts, locaux, nationaux et européens sont entrepris pour améliorer le cadre de vie mais sans emplois, la situation se dégrade lentement mais sûrement .
L’amélioration économique passe par l’attractivité économique du territoire …il reste beaucoup à faire .

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Diminution du rôle de l’état, donc de la dépense publique ( objectif : similaire à celle de la RFA).
La réduction des prélèvements obligatoires rendrait le coût du travail plus compétitif et l’économie plus dynamique ( créations d’entreprises et installation d’entreprises de taille moyenne et grande .

Privatisation des services de l’état tels que :
– l’éducation avec un système de bons alloués aux familles qui pourraient choisir l’école de leur choix
– la santé
avec contrôle draconien des règles de concurrence pour éviter la constitution de marchés protégés

Allégement de la représentation nationale en terme :
– d’effectifs ( réduction de 50%)
– nombre de mandats cumulés ( 2 maxi)
– Renouvellement des mandats consécutif ( 1 maxi )
Mise en place d’une démocratie participative avec consultation référendaire sur le modèle suisse.

Restauration d’un service national obligatoire , civique ou militaire, d’une durée minimale d’un an ., rémunéré à 50% du SMIG, avec exécution effective d’un travail.

Parité obligatoire dans les entreprises, assemblées, les conseils d’administration et ..les familles.
Rémunération du conjoint qui resterait au foyer pour élever ses enfants à hauteur du SMIG .

Vote obligatoire sous peine d’amende ( 50 € /vote) mais comptage et prise en compte du vote blanc .

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