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Marc, le 20 juin

Marc, le 20 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Je suis un ingńieur de 30ans. J’ai étudié en France, en Allemagne et au Danemark. J’ai quitté la France depuis 3 ans dégouté de la mentalité nombriliste des francais.

Quel est mon cadre de vie ?

Je vie à la campagne. J’ai la chance de pouvoir cultiver quelques légumes et fruits dans mon jardin, préservant ainsi mon porte monnaie et ma santé ! Je réalise moi même les travaux à la maison; paver la cours, construire une serre de jardin, poser carrelage, etc. Je n’ai pas la télé. Entre voisins nous nous entraidons.
Bref, cela me convient, mais je suis allé chercher ce cadre de vie en Allemagne

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Pour que je revienne en France il faudrait premièrement inverser la pyramide. C’est à dire, au lieu d’avoir 10 dirigeants, 5 ingénieurs et 1 ouvrier, d’avoir 10 ouvriers, 2 ingénieurs et 1 dirigeant. Ce n’est pas parce que les fils à papa qui dirigent la France aujourd’hui sont intellectuellement défcients, qu’il faut les multiplier à la tête des entreprises. 50 idiots ne valent pas une personne expérimentée et,ou intelligente.
L’assistanat en France est un problème grave. Au lieu d’attendre qu’un politicien vienne trouver la solution à vos problèmes, ce qui n’a que très peu de chances de se produire étant donné qu’ils ne connaissent pas les problèmes de la »France d’en bas » et qu’ils n’ont de toute manière aucune idée, prenez vous en charge, apprenez à bricoler, à vous débrouiller avec les moyens du bord. Revenez aux bases, arrêtez de rêver de posséder toute la gamme Apple et autres conneries qui ne servent à rien.

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

La France doit arrêter de penser qu’elle est le meilleur pays du monde. Le système scolaire est totalement obsolète. La hiérarchie tant dans l’administration publique que dans l’industrie, est asphyxiante. Faut-il 20 échelons ou plus encore ? Les dirigeants francais (politiciens, dirigeants de multinationales, etc.) sont des enfants. Ils n’ont jamais été à l’école de la vie, ne savent pas ce que c’est que de se laver à 4h du matin pour aller travailler à la chaine.
L’Europe n’est pas un problème, mais la solution. Il faut effacer les frontières, apprendre à se connaitre, échanger, etc.

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J.-C., le 20 juin

J.-C., le 20 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

J’ai 71 ans, ancien informaticien, maintenant à la retraite, qui, sans être très conséquente me permet de vivre dignement mais sans opulence.
Je suis veuf depuis peu et c’est une grande souffrance.
Heureusement, j’ai la chance de vivre dans un petit village à quelques km de la petite ville où habite un de mes 2 enfants, ce qui me permet de recevoir mes 2 petites filles ( 3 et 5 ans ) tous les mercredis ansi que quelques jours pendant les vacances.
Ca aide un peu la maman, qui travaille, et ça me procure de grandes joies : tout le monde y trouve son compte.
C’est ainsi que fonctionnaient les familles d’antan : 3 générations sous un même toit et le mot solidarité avait vraiment un sens!
Aujourd’hui, seul l’argent compte, qui permet de s’acheter TV à écran plat, smartphone et voiture, voyages au bout du monde sans seulement connaitre notre belle France!

Quel est mon cadre de vie ?

Comme je l’ai dit plus haut, j’habite un village du sud de la France, dans un pavillon avec un jardin.
J’ai conscience d’être un peu privilègié, mais j’ai »bossé » pour m’installer.
A présent, je recueille les fruits.

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Arrivé à mon âge et j’ai la chance d’avoir encore ma maman, même si elle est totalement dépendante.
Elle vit en EHPAD ( maison de retraite ) oû elle est très entourée par ses enfants et aussi le personnel.
Mais pour arriver à un fonctionnement satisfaisant, j’ai du m’impliquer dans la gestion de cet établissment.
Le seul grief, son prix, exhorbitant ( 2200 €/mois ), bien supérieur à ce qui se pratique en Suisse ou en Belgique ( pourquoi? ).
Mais leur nombre est encore largement insuffisant!

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Pour mes enfants, comme pour les autres jeunes fraçais, je souhaite que notre économie se rétablisse afin qu’ils puissent vivre dignement de leur travail.
Quelques pistes :
Pour rétablir la confiance des français dans la classe politique, porter TOUS les mandats électifs à 4 ans renouvelable une seule fois; ensuite, inéligibilité à vie : Homme politique, ça ne doit pas être un métier!
Quand je dis tous les mandats, j’inclus aussi les présidences diverses ( syndicat des eaux, de l’électrification rurale, etc..)
Supprimer des instances dans le millefeuille administratif qui nous ponctionnent des impôts : commune, communautés de communes ou d’agglomération, canton, région, état, Europe. Ca fait beaucoup et engendre des blocages.
Que les parlementaires commencent à appliquer à leur régime de retraite les réformes qu’ils s’apprêtent à appliquer au régime général ( faire de même pour tous les régimes spéciaux).
Enfin, faire en sorte que le Parlement européen (élu) contrôle réellement la commission (nommée pour ne pas dire auto proclamée), car lorsqu’on voit la dérive ultra-libérale prise par Mr Barroso, on peut douter que les peuples d’Europe aient voter pour ca!

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Christian, le 17 juin

Christian, le 17 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Je n’ai pas à me plaindre, mon parcours professionnel, et de mes condition d’existance. J’ai 56 ans, je suis cadre dans une société européenne, je n’ai pas eu de période de chomage par contre j’ai toujours beaucoup travaillé. Par contre mon activité l’imprimerie est confronté au nouvelle technologie l’avenir reste un mystére …
J’ai une activité associative je suis président d’un petit club de rugby de Seine Saint Denis…je suis effaré du nombre de jeune qui pense devenir sportif professionnel.

Quel est mon cadre de vie ?

Mon parcours professionnel m’a permis d’acquérir ma résidence dans l’Essonne dans un quartier calme, là aussi je n’ai pas à me plaindre.

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Ce qu’il faut faire évoluer : casser certain quartier de grande agglomération qui deviennent des zones de non droit et ou la seule économie est l’économie souterraine. Cela favorise les votes extrémistes. Il faut que la République regagne ces territoires, j’ai l’impression que nous sommes au seuil d’une société à l’américaine avec des quartiers semblable au bronx .
Ce n’est pas notre culture, Cela ne favorisera que les extrèmes.

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Ce qu’il faut faire évoluer : casser certain quartier de grande agglomération qui deviennent des zones de non droit et ou la seule économie est l’économie souterraine. Cela favorise les votes extrémistes. Il faut que la République regagne ces territoires, j’ai l’impression que nous sommes au seuil d’une société à l’américaine avec des quartiers semblable au BRONX.
Ce n’est pas notre culture, nous commémorons en cette année

Je n’est pas d’enfant, mais je très inquiet pour les prochaines générations.
Depuis l’arrivée de l’ère numérique, et d’internet, le modèle économique a changé, tous semble gratuit les informations,- le savoir,- mais comment pourrons nous garder une protection sociale, des retraites sans avoir une économie qui produit de la richesse. Les ordinateurs ont remplacé combien d’emploi, ne faudrait il pas qu’il participe à l’effort par une taxe. Le travail ne peut plus seule financer la protection sociale nous avons gardé le logiciel du plein emploi.

L’information : nos journaux télévisés vont se régaler avec le procès : ZAHIA, RIBERY BENZEMA. C’est pitoyable pour notre jeunesse, comment réussir : footballeur ou call girl. C’est le reflet aujourd’hui de notre société, la seule valeur qui compte est le nombre de zéro avant la virgule.
Ou est la méritocratie républicaine,- les valeurs du travail,- J’ai ma mère en ce moment à l’hôpital pour de grave problème de santé. Il faut se découvrir pour la gentillesse, le professionnalisme de tout ce jeune personnel hospitalier. C’est ces gens là qu’il faut mettre en valeur. La jeunesse ne demande qu’a travaillé et apprendre. Nous devons leurs transmettre nos valeurs et notre savoir, c’est un investissement d’avenir à moyen et long terme. C’est un enjeu national et prioritaire.

Proposition pour la France
Simplifier le millefeuille administratif :
Canton pour la France Rurale, pourquoi des communautés de commune qui épouse le canton.
Communauté de commune pour les grande agglomérations, Pourquoi des plusieurs cantons dans certaines agglo.
Faire moins de régions 22 en France métropolitaine c’est beaucoup trop une dizaine avec découpage ayant un poids économique équivalent.

EUROPE : Tout le monde parle d’écologie, pourquoi ne pas obliger à produire localement en taxant les transports inutiles d’un pays à l’autre notamment pour l’agriculture.

L’éducation et la formation des jeunes doit être une cause nationale prioritaire : Une directive simple pour l’éducation nationale : un enfant sortant du CM2 doit savoir lire écrire et compter.

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Philippe, le 17 juin

Philippe, le 17 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Depuis quarante ans de vie dite »active » – j’en ai cet été cinquante-six ans, j’ai traversé les étapes de ma vie sociale et professionnelle en trouvant à chaque fois, et non sans ces petits relais humains qui sont la vraie nature du lien social, les moyens de rebondir. Homme de langue et de rencontres, à la jeunesse révoltée, j’ai repris des études en 1983, sans moyens et ai cependant obtenu un DEA de Lettres en 1989, cumulant d’autres études, intellectuel de terrain, sachant aussi construire et entreprendre. J’ai été quelques années professeur de français, comme MA, mais là encore l’on m’a barré dés 1994. Depuis j’ai vécu de quelques autres remplacements, de cours particuliers longuement et avec andante, de tentatives diverses. J’ai concocté un vrai projet d’entreprise, né de cette expérience au long cours, exposée et souvent en butte aux rigidités bureaucratiques, manque d’accueil et exclusions. Ce projet, e-traverses, basé sur les technologies de l’information permettrait, s’il était soutenu à la hauteur de son ambition, de mutualiser intelligemment des supports pédagogiques, de piloter des parcours élèves, et de fournir en solutions innovantes tant techniques que pédagogiques, les écoles de demain. Ayant longuement oeuvré à son élaboration, multiplié les rencontres, eut quelques soutiens, dont l’élaboration d’un cahier des charges, je bute cependant principalement sur le fait que je suis sans moyens financiers, et que mon parcours et mon positionnement sont atypiques. Parfois je me dis qu’il n’est guère sûr que mes lendemains soient encore jouables, mais je continue pour voir, sans naïveté cependant.

Contractuel dans l’enseignement public pour quelques remplacements, jusqu’en février, je touche un chômage jusqu’en septembre, puis plus rien. Je suis en porte à faux avec ces écoles, qui pratiquent une école-garderie (entendre le mot école dans son sens générique), la grammaire extra-light, et surtout un protectionnisme de la fonction qui ne m’inspire que du dégout. J’ai tout de même subi bien des injustices, comme s’il n’était possible au fond d’être dans ce pays, un intellectuel immergé dans le monde, s’y coltinant. Concrètement, et financièrement, j’ai dû gagner en lissé même pas l’équivalent du smic sur toute une vie, y compris en comptant mes années d’entrepreneur, et n’aurait qu’une retraite à minima. Je sais tout à la fois projeter, planifier et réaliser bon nombre des tâches nécessaires à la construction d’une maison, m’y étant entrainé, et ayant payé nombre de mes temps d’études (près de quinze ans cumulés) par des chantiers tous corps de métier, mais n’est pas un sou vaillant pour acquérir une maison.

L’un des fondateurs d’Alternative libérale, en ayant proposé le nom, repris, Responsable de la formation alors, J’ai oeuvré politiquement à l’émergence d’une recomposition des relations entre un Etat dont les missions et prérogatives seraient revisitées et soumises à un vrai état de droit, et une société civile libérée. Cependant, je me suis éloigné, n’étant comme cela tout du moins, en accord, et espérant qu’on puisse faire autre chose, de plus ambitieux au plan de la pensée mais aussi du concret, en politique, le pouvoir ne me passionnant pas.
J’ai ainsi une conception du politique, où celui-ci est non seulement composite, mais encore n’a à être en position de surplomb, n’étant qu’une des façons, certes indispensable, d’interroger le réel et d’oeuvrer. Ma préférence, libérale, est ainsi complétée par le souci d’imaginer en toute modernité, l’émergence de solidarités actives et inventives, au plus proche du terrain, retrouvant ainsi du reste la meilleure inspiration ce cette pensée exigeante. En gros ce n’est nullement pour des intérêts de gros sous, que je suis arrivé par un long cheminement à cette maturation.

Au plan des écoles, champ que j’ai labouré en tous sens, j’aimerai contribuer au moins à l’émergence des solutions indispensables, non pas dans le sens de figer dans le marbre, la relation par trop incestueuse entre l’Etat et l’école publique, mais bien en faisant le pari d’un champ social libéré de pesanteurs administratives d’un autre âge, et valorisant les réponses probantes et innovantes. L’école, historiquement, n’a pas tant ses prémisses du coté des pouvoirs, qu’elle a été initiée par des libres penseurs.

Tout cela étant dit et résumé, ma situation et mes conditions d’existence, sont tout à fait précaires en regard d’un avenir incertain, et notre petit ménage, un couple et deux enfants encore ados, passé par bien des galères, gagnerait à ce que je puisse enfin réaliser ce pourquoi j’ai investi tant de temps, de compétence et de passion, nonobstant mon jardin secret littéraire qui lui aussi devrait aller vers le dehors.

Pour ce qui est du »qui suis-je », je ne sais qui je suis et où jusqu’à où (double signification que nous offre cette belle langue), et ai trouvé tout à fait juste que l’hébreu tout en en disposant pour l’autrement qu’être, n’autorise l’emploi ordinaire du verbe être qu’au passé ou au futur, comme si un laps toujours me séparait de l’affirmation de l’être là et que ce tremblement n’était pas tant le lieu d’une inquiétude que d’une préférence expérimentée pour la question, non point en sa violence qu’en une suspension qui ouvre à l’infinité des réponses comme autant de visages passés et à venir…

Quel est mon cadre de vie ?

Nous vivons depuis 2009 à Perpignan, en cette région connue depuis trente-cinq ans et arpentée. Nous vivions auparavant en région parisienne en grande banlieue non loin des Mureaux. Malgré l’ampleur des transferts des grandes villes à haute valeur ajoutée à cette lointaine province ensoleillée, (DGF, immobilier surenchéri pour la petite classe moyenne prenant retraite ici, tourisme de masse tout de même bien trop siphonné par des tarifs abusifs en regard de la qualité servie), malgré la beauté des lieux, je subis comme bien d’autres l’ostracisme local et la logique tribale qui tend à y prévaloir hélas ; il est difficile d’envisager de développer ma vie professionnelle ici. S’agit-il du reste encore de travail ou bien de ma volonté d’accomplir ce pourquoi je me suis si longtemps battu, et qui ressort plutôt du verbe oeuvre, qu’il s’agisse de réalisations concrètes ou de réflexions au long cours ?
Vivre entre la grande ville où j’ai vécu une grande partie de ma vie, et ce pays du sud (quoique je préfère au fond l’Aude toute proche…) me convient mais n’est guère facile au plan des échanges indispensables au progrès de ce qu’on appelle encore projet par défaut, puisqu’à mon âge, il ne s’agit plus tout à fait de cela. L’hyper-centralisme français, lequel est au fond d’essence tribale, et se démultiplie à quelque niveau que ce soit, devrait faire place à une culture non pas décentrée, mais où l’important c’est l’autre homme, plus haut que moi, me permettant de dire je (je pense ici à Lévinas et à la culture juive qu’il m’a si profondément permis d’arpenter et qui tant m’est chère…), le centre du monde ou de quoi que ce soit étant illusoire et introuvable, contrepèterie malicieuse d’un Dali… Il serait alors pleinement et en tous cas mieux possible d’inventer (mettre dans le vent) où que ce soit.

Je m’inquiète pour mes enfants, ce qu’ils ont et auront à affronter, en une société si peu ouverte qu’elle en devient souvent stupide. Et je ne peux aimer la démocratie que lorsqu’elle se dote en tous points de son meilleure antidote et contrepouvoir, le souci qu’à chaque instant et en toutes choses, le meilleur gagne, ce qui ne veut nullement dire le plus fort, et demande qu’on médite, cultive et rende toujours plus dense le partage indispensable qui doit compléter et accompagner l’échange, lieu de nos espoirs, de nos réussites et de nos échecs, principal lieu de notre dignité. Il convient donc de préférer l’emploi, à toute autre situation qui surprotégeant certains, en expose beaucoup trop d’autres, réduits à l’indignité de n’être que d’éternels spectateurs, tout juste consultés parfois…

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Quel est en fait mon cadre de vie ? Est-ce Perpignan, où nous habitons pour l’heure, les Pyrénées Orientales, la Catalogne, le Languedoc-Roussillon, le sud, le midi, la France, Paris, l’Europe, le monde occidental, le monde, plus encore ? Un peu tout cela, et ce d’autant plus que le monde, via la dernière révolution humaine du net (qui nous permet du reste d’échanger, tout du moins je le souhaite pour la suite) est en quelque sorte tout à la fois plus vaste, plus complexe et plus incertain aussi. Il reste que les cadres ne manquent pas en France, et qu’ils génèrent bien trop de labyrinthes inutiles (à coté de ceux que l’on arpente du coté des sciences ou des arts, …, lieux de progrès,) bêtement bureaucratiques qui ne semblent parfois être là que pour justifier l’hydre insensée d’un état boursouflé, et à l’abri duquel, protégé, l’on peut en arriver à croire que l’on domine ce qu’on voudrait contrôler. Entre des règles indispensables, et qui devraient être mieux claires et en nombre limité, et stricto-sensu à appliquer, et la profusion démentielle de textes qui entendent tout régir soi-disant pour le bien de tous (comme si qui que ce soit pouvait vraiment savoir ce qu’est l’intérêt général, et agir en son nom.

Si ce n’est le cas, cela n’invalide pour autant l’action politique, mais la rendrait plus prudente, plus obligée et moins grandiloquente), il va fallori choisir. Mais en restant à l’acception sociologique de »cadre de vie », et en le limitant à notre base de vie géographiquement située, disons que j’aimerais que ce lieu où nous habitons, devienne plus ouvert et mieux accueillant, profitant de son positionnement géographique et de ses atouts, faisant meilleure place aux autres, émigrants de l’intérieur retraités ou pas souvent de grande expérience (car c’est en bougeant et changeant qu’on en acquiert, fusse à l’intérieur du continent des livres), immigrés par trop relégués et gitans sédentarisés, cantonnés dans l’aide et la délinquance chronique pour un trop grand nombre d’entre eux, alors qu’il faudrait là aussi devenir inventifs. Trouver aussi les moyens d’un pas de deux avec la Catalogne du sud, autrement dynamique. Comme je suis aussi parisien (mais je vous passe tout ce qu’il faudrait faire là à mon sens, en cette même perspective, de confiance, de sérieux, de réponse, d’échange et de partage, que j’appelle de mes voeux, et à laquelle j’entends contribuer), j’aimerai par exemple qu’il soit possible de circuler entre la capitale et Perpignan pour un prix bien moindre, et que donc l’on apprenne de l’aéroport de Girona et de Ryanair plutôt que de privilégier un faux low-cost à la Air France, inaccessible aux petites bourses, lesquelles bien évidemment n’en sont que rarement au temps confortable des réservations sur l’avenir…) : ne pas prélever de taxes surenchérissant le voyage, le manque à gagner pouvant être largement compensé par le surcroit de fréquentation qui augmente les recettes de la région. Parier sur l’ouvert là encore donc, contre les clivages, la morosité…

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Face à une telle question, ce qui me vient de suite, et au fond c’est le coeur de ma formation en ces plus chères parties, »effacé par la journée envisagée », Henri Michaux.

L’avenir de chacun, et ce mondialement, est de plus en plus relié, en de multiples segments. C’est un progrès mais aussi problématique, puisqu’en même temps nous profitons de beaucoup plus : informations, connaissances, rencontres, objets, possibles, … mais que cette démultiplication au regard de notre condition humaine faillible et de passage, rend incertain notre avenir qui n’est ainsi plus tout à fait terrien, tout du moins nous semble t-il. Le vieil atavisme paysan du français, est ainsi mis à mal, puisque le monde sans limites s’immisce partout, modifiant sans cesse la donne, les enjeux, et rendant incertains calculs, prévisions et réussites. Une organisation telle celle de la France me semble bien trop peu adaptée à un tel contexte ; les grands écarts qu’il faut pratiquer entre la réalité du monde dont nous faisons partie, et les conceptions autour desquelles tant s’arc-boute la société civile, ou plutôt les tenants-lieu de celle-ci (car il y a un écart certain entre l’état de conscience de beaucoup d’hommes de la rue, et ceux qui en politique ou dans les corps intermédiaires entendent les représenter, sans toutefois toujours la légitimité qui devrait prévaloir : ainsi notamment de certains syndicats qui opposent ainsi des évolutions historiques passées, fruits certes de combats, en leur conférant le statut de traditions intouchables, à l’état de la société présente où beaucoup veulent surtout trouver des solutions à leur vie quotidienne pour maintenant. Un syndicalisme basée sur l’idée d’une mono-carrière en CDI ou comme fonctionnaire, est bien peu à même de défendre la France exposée, de comprendre par exemple les motivations des auto-entrepreneurs, de préférer l’emploi à l’hyper-protection, de promouvoir réellement dans les faits une société civile ouverte et prospère, ce qui ne veut nullement dire ne pas défendre ses mandants, l’emploi en France, un niveau élevé de protection sociale, etc, mais ne pas dogmatiser un positionnement en se comportant comme une nouvelle prêtrise)
La société civile est en fait prête à bien des évolutions. L’on accepterait mieux aisément de perdre si l’on pouvait légitimement penser gagner en une autre étape, mais si tout est déterminé par un positionnement à l’issue de la formation initiale, alors nombre sont ceux qui se cramponnent à ce que j’appelle »l’os à ronger de l’égalitarisme ».
Si j’évite de projeter pour mes enfants, je vise à les accompagner au mieux en ces deux prochaines décennies, afin qu’ils puissent perdre moins de temps que moi, et mieux jouer leurs atouts et désirs, cependant sans nul manquement aux autres.
J’aimerai qu’il soit possible qu’ils se réalisent en France, mais les invite (nous voyageons, low-cost, dés que possible, de toutes les façons) à voyager, bosse qu’ils ont déjà, développée. Ma priorité, notre priorité, c’est eux, la fille de ma femme (un peu ma fille) et mes deux garçons, et au delà toutes celles et tous ceux que j’ai pu croisé, amis d’un jour ou de toujours, mais il ne pourrait être question que je privilégie l’un des miens, si cela m’apparaissait injuste. De toutes façons, en restant réaliste, toute cette culture que j’ai tant arpentée en de multiples façons, ne me sert que de peu, au dehors, tant ce que je suis, sans forfanterie et en conscience aigüe de ce que je ne suis pas, ne trouve que trop peu son espace au dehors, voire soit reconnu, et génère quelque revenu mieux régulier… Mais tout en étant lucide, informé, étudiant la moindre question, imaginant des réponses, pilotant des associations, tenant bon sur le projet e-traverses dont je ne comprends parfois qu’on m’en est dit tant de bien, sans rien y apporter qui m’est accompagné concrètement en son lancement effectif (et me relisant avant envoi et n’ignorant le volume de ce témoignage, je serais ici fort sérieusement en demande de l’exposer à ce ministre de l’éducation nationale qui fut aussi en quelque sorte mon boss du temps où l’on me fit misère. J’ai tant lu, entendu les uns et les autres en de multiples occasions, qu’il serait temps qu’on m’entende un peu, non ?), je suis confiant, en quelque sorte croyant, faisant résonner au mieux la traduction d’attendre en espagnol… Nous ne faisons certes que de passer, mais la vraie richesse serait de le faire avec quelque élégance.
Pour l’avenir de la France, j’aimerais contribuer à l’évolution et la libération de l’école, mariant ce qui fait de mieux au nord de l’Europe en termes de suivi et de promotion des diverses intelligences rencontrées, avec le souci du dur, c’est à dire de doter chaque futur citoyen d’un vrai socle de langues et langages, ce dont nous sommes scandaleusement loin. Au plan des langues anciennes, et en regard d’une histoire millénaire tragique, je proposerai qu’on n’oublie pas Jérusalem lorsqu’on s’insurge contre la raréfaction des heures consacrées à l’étude du grec et du latin, y ajouter l’hébreu générerait un vrai débat, et corrigerait une injustice. Si nos vieilles langues de terroir, sont maintenant peu en usage par tous, j’aimerai aussi qu’on leur fasse la place qui leur revient, ce n’est pas pour rien que Babel est écroulé, et se comprendre suppose d’être deux, et que chacun retrouve le »don des langues, la sienne au moins, qui sinon soi, qui la parlerait », dixit Michaux, que j’ai longuement lu alors, mais n’est jamais pu enseigner en ce pays inventif, ce qui ne cesse de me révolter, et est sans forfanterie, un gachis. Au plan politique, je milite pour ce que j’appelle la subsidiarité ascendante, basée sur la confiance qui doit présider à nos échanges. Ne pas interférer systématiquement dans ce que fait l’autre, le laisser échagner, trouver son chemin, ne veut pas dire ne pas mutualiser où celà est utile ni non plus laisser faire ce qui serait contraire à la loi. Au plan européen, même s’il faut se doter des moyens d’une vraie présence internationale, il ne faut surtout pas transférer le modèle français centraliste et jacobin à la gouvernance de notre diversité multipolaire. Cependant il faut tout à la fois doter l’Europe d’un vrai budget, et repenser la question des subsidiarités, n’en déplaise aux corps constitués des hauts-fonctionnaires platoniciens. Au plan international, s’allier avec l’amérique est la voie, et sans exceptions pour l’avenir, nous n’y perdrons pas nos âmes, et les USA apprendront aussi, bien plus qu’on ne le prétend avec une certaine jalousie… mais aussi oeuvrer pour le multipolaire, le souci non dogmatique d’un contenu durable de nos croissances respectives, le décollage de l’Afrique où nous aurions tant à jouer et inventer, au plus loin des petits arrangements d’une françafrique qui a encore de »beaux » restes… oeuvrer à la démultiplication des échanges et du développement de tous, mais sans fausses naïvetés, la valeur d’un objet échangé étant subjective aux désirs des échangeurs, et non point de quelque valeur travail comprise mais peu calculable, oeuvrer contre les facteurs de guerre en appelant un chat un chat, et en refusant toute espèce de collaboration avec le terrorisme ou ses financeurs, et de fait soutenir les sociétés civiles du monde musulman en les invitant à quelque aufklarung salvateur et indispensable pour le développement et la paix… Redéfinir bien sûr les limites que doivent avoir les Etats et les organisations qu’ils génèrent et président, ce dans un souci d’efficacité basé sur les droits de l’homme, droits naturels inconditionnels, valables pour tous, où que ce soit et sans considération de fortune. Le reste relève de la foi et de l’espoir, et appartient à notre quotidien, qui en est digne ou rabougri, selon notre (mais c’est toujours d’abord un mon) souci exigeant de l’autre.

Au plan de l’organisation politique, ce qu’a pu notamment proposer François Bayrou, me semble relever d’un socle indispensable. Il faudrait donc sérieusement aborder la question de l’interdiction du cumul des mandats, simplifier le mille-feuilles, obliger l’Etat à des règles de bonne gestion sérieuse, le contingenter à l’état de droit bien plus qu’à présent, réfléchir et oeuvrer aussi résolument et rapidement à un rééquilibrage pérenne des pouvoirs, à l’introduction non anecdotique de la proportionnelle. Entre ouvrer et oeuvrer, synonymes, il y a le plus du »e », dis »eux » joua Lacan, et sans eux, ils et elles, eux mêmes en résonance, point de pays, fut-ce ce »euh », hésitant qu’il faut accompagner, convaincre, et pour cela inviter. Ou comment refaire de ce pays, le pays de tout le monde.

Merci de m’avoir lu, et en soutien de cette marche, appréciée, à laquelle je veux bien me joindre un jour, même si elle passe loin de chez moi. Je crois qu’effectivement il faut que le pays retrouve ou recouvre ses droits pour que l’espoir, l’aventure et les solutions s’y démultiplient et contrecarrent clivages, barrages, et fausses impossibilités. Ce en un individualisme démocratique, où la seule personne qu’on puisse sans fiction nommer ainsi, est physique et porte nom propre, nul ne devant manquer si l’on veut encore en dansant peupler la terre.

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Benjamin, le 5 juillet 2013

Benjamin, le 5 juillet 2013

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Je m’appelle Benjamin, J’ai 26ans et exerce la profession de kinésithérapeute depuis 4ans. A la suite de l’obtention d’un Bac S en 2005 j’avais la possibilité d’entrer en 1ère année de Fac de médecine ( jungle) ou de passer par une 1ère année de Prépa (5000eur/an avec 30 places d’accès sur 1500 inscrits) avant d’intégrer une école privée de kiné ( 5000eur/an). J’ai choisi l’exil en Belgique, 4 années à 800 eur/an, d’une qualité de formation irréprochable. A ce jour la France est le seul pays européen à n’être qu’à un niveau de Licence et à avoir pourtant un diplôme équivalent à un kiné Hollandais titré d’un master 2!! La solution trouvée? Faire entrer en tronc commun de 1ère année de médecine toutes les professions médicales et paramédicales et dispatcher en fonction des résultats de fin d’année les étudiants dans les différentes branches…il est évident qu’un étudiant souhaitant faire dentaire sera ravi d’aller en podologie…( il n’y a qu’un mètre et demi de différence).
Il en est de même pour les étudiants en médecine qui ont cette même sélection au bout de leur 6ème année pour les diriger en médecine générale, pédiatrie ou chirurgie! 6ans d’études pour ne pas faire son métier de choix!

Le système éducatif de la santé ( et général) en France devient trop théorique, ne réalise plus d’interconnexion entre les savoirs des uns et des autres, est trop fermé aux médecines »non conventionnelles ». Un métier de la santé doit être une vocation et non une voie de garage.

Quelle est la valeur a laquelle je tiens ?

La justice

Quel est mon cadre de vie ?

Je vis à Nantes depuis 4ans, ville agréable, dynamique, culturelle, elle fait beaucoup pour retenir sa jeunesse qui lui redonne vie tous les ans au contraire des autres villes de l’Ouest qui ne sont plus que des villes de passage vouées à devenir dortoir ( Rennes-Brest-Laval)..

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

La modification du système éducatif est pour moi la base nécessaire à un sursaut de dynamisme. La filière générale est devenue tellement générale qu’il est quasiment impossible d’imaginer un autre métier qu’Ingénieur en filière S, de commercial en ES et de chômeur en L! C’est une filière vouée à l’échec, combien d’étudiant se perdent pendant 2 ou 3 ans de Fac avant de trouver leur vrai voie. De l’autre côté, la filière technique est devenue LA voie de garage par excellence, réservée uniquement aux cas difficiles, aux ados manquant de maturité est n’est que dans de rares cas un choix. Nous DEVONS mettre au collège une initiation aux métiers manuels et artistiques (cours de cuisine, mécanique, arts plastiques, agriculture et environnements..) et supprimer la seule heure hebdomadaire de technologie devenue purement théorique!
Je pense également qu’un cours de moral-éducation civique-philosophie doit être intégré dès la 6ème afin de provoquer la curiosité et la réflexion, indispensables à une bonne réalisation de soi.
C’est en s’intéressant aux jeunes et en les rendant actifs de leur parcours qu’une envie nouvelle de créer et de participer à la vie en société naîtra.

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Un système de santé au bord du gouffre (géré par un système vieux de 30ans) et une envie d’apprendre dans d’autres domaines me pousseront probablement à changer de métier dans une quinzaine d’année. Nous avons un système social extraordinaire qui malheureusement à cause de 36 régimes de retraites différents, 36 régimes d’imposition et charges se dégrade à petit feu. Je souhaiterai une simplification des statuts, une participation juste et équitable par tous les citoyens participants et bénéficiant du système.
Au niveau général de la France, je souhaiterai voir un pouvoir décentralisé avec des régions plus fortes, une mise à plat des ressources et richesses de chacune afin d’organiser durablement et intelligemment les productions et la compétitivité en France. Retrouver des chaînes de distribution à échelle locale avant de penser à l’international d’office, cela permettra de recréer du lien social et de l’envie local.
Avoir un décollage rapide des nouvelles technologies environnementales.
J’aimerai retrouver une confiance dans les politiciens et voir plus de députés faire leur vrai métier, à savoir comme vous Mr Lassalle, relayer l’information des citoyens là…bas…en haut…à la France euh..à Paris je voulais dire. Merci à vous de vous intéresser à la province!

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Christian, le 16 juin

Christian, le 16 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Retraité depuis 7 ans. La moitié de ma vie professionnelle dans une entreprise de régulation industrielle (Service Recherche et Développement), l’autre moitié comme Chargé de Communication.

Quel est mon cadre de vie ?

Nous vivons depuis notre mariage à la campagne, dans un village de 600 habitants. Cela nous convient tout à fait.

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Il faut juste que la campagne soit traitée sur le même pied d’égalité que la ville (école, commerce de proximité, médecins, crèches…).

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Puisque nous sommes en période de crise, je suis d’accord pour faire des économies, mais QUE L’ETAT COMMENCE !
A quoi sert le Sénat ? Combien nous coûte-t-il ?
A quoi sert le Conseil économique et social : une planques pour petits »pistonnés » ? A quoi sert-il ? Que nous coûte-t-il ?
Idem pour les conseils économiques et sociaux régionaux.
Et la ré-introduction du loup… qui paie les dégâts aux éleveurs ?
Enfin, je suis écoeuré par le monde politique et tous les parfums de scandales. Je finirai par ne plus voter.

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Stéphane, le 15 juin

Stéphane, le 15 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

Stéphane, chef de petites entreprises, cinquante deux ans, célibataire, engagé dans diverses assoces d’entraide, culturelles, ou politiques de terrain (pas de politique politicienne)
Fou de boulot, et pas de femme, c’est mauvais pour la santé !
Ingénieur, j’ai été salarié pendant 15 ans, et suis indépendant depuis 10 ans, en gros.
Fils de paysan, j’aime mon pays, ses paysages et son histoire. Et je salue avec respect votre initiative, Jean, car comment mieux connaître un pays qu’avec ses pieds, au rythme lent du pas de l’homme ?

Quel est mon cadre de vie ?

Je vis à Paris 17, dans un appartement agréable. Je vais assez souvent en Champagne, ma région d’origine.
Ce qui a changé, c’est la vie quotidienne : les gens qui ne se disent plus bonjour dans la rue, la méfiance de l’autre a priori (une tante âgée me disait qu’il y a cinquante ans, à Paris, il était tout à fait inconcevable de mettre un antivol à un vélo), le sentiment d’insécurité qui vient largement d’une immigration massive, incontrôlé et revendicatrice, le choc de la culture musulmane en pleine expansion, face au nihilisme occidental, qui vient volontairement effacer des siècles de culture chrétienne. Officier à mes heures, j’ai vécu la période où, pour des exercices sur notre propre sol, il est devenu nécessaire d’adopter les mêmes dispositions de combat que celles à adopter si nous étions sur un sol ennemi (vers 1990). Et là, je me suis dit que quelque chose avait changé, dans le pays de Ronsard et du Bellay.

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Je crois qu’il faut retrouver le sens de la fraternité, et par exemple, l’initiative de la fête des voisins, instaurée par un conseiller d’arrondissement du 17°, Atanase Périfan, est excellente. Mais il faut aller plus loin, il faut redonner des racines à la fraternité. Faire la fête ne suffit pas. Il faut revenir aux sources de la fraternité : c’est de se savoir proche de son voisin, d’une proximité incarnée (et pas intellectuelle, car il s’agit le plus souvent d’un fantasme). C’est de remarquer que nous avons une histoire bimillénaire commune. Que nous parlons la même langue, une des plus belles du monde. Que notre avenir est commun.

Pour prendre une comparaison agricole, je pense qu’une civilisation heureuse est comme un arbre puissant qui pousse sur un sol : les branches sont les initiatives diverses des citoyens, qui vont dans un sens ou dans l’autre, et qui meurent quelquefois, ou sont taillées ou émondées par un Etat-jardinier, en fonction de l’harmonie générale de l’arbre. Ainsi, l’arbre profite au mieux du soleil, et pousse d’une manière équilibrée, du fait de la contribution de toutes ses branches, les grandes et les petites, les droites et les courbes. Aujourd’hui, ce sont plusieurs arbres qui poussent sur le même sol, se font concurrence, se gênent, poussent de manière anarchique et truquée, et le résultat est laid.

Nous avons besoin de retrouver le sens de la justice et celui de la vérité. Or notre classe politique nous a tellement trompé…

Dans l’affaire DSK, ce n’est pas la conduite du directeur du FMI, qui me choque. C’est que quelques mois après, le même homme aie l’impudence de se présenter sur le tapis rouge de Cannes, avec un autre »matériel ». Dans l’affaire Cahuzac, ce qui me choque le plus, ce n’est pas que le ministre chargé de la lutte contre la fraude fiscale possède un compte en Suisse. C’est l’indécence de cet homme qui, ayant engagé son honneur devant 60 millions de français, a envisagé un moment de revenir à l’Assemblée, ou de se représenter devant le suffrage, tellement le sens de la justice à déserté la politique. L’affaire Méric n’est qu’une rixe entre petites frappes, regrettable mais banale. Ce qui est choquant, c’est qu’au plus haut de l’Etat, une exploitation politique et médiatique en a été faite, visant à salir, à opposer les uns et les autres, utilisant la puissance publique pour diffuser des mensonges vénéneux. Et chaque jour apporte un nouveau scandale, tant la représentation nationale a oublié le caractère quasi sacerdotal de son métier.

A chaque communiqué politique, la première question qui vient est : A quelle manipulation va-t-il se livrer, celui qui parle ?

Nous avons besoin aussi de retrouver le sens de l’équité, notamment entre le secteur privé et la fonction publique. Cette dernière, portée par ses organisations syndicales et par la couardise des politiques, a perdu de vue qu’elle n’existe qu’en terme de service, certes nécessaire, mais second par rapport aux créateurs de richesse. Il n’est pas juste que le salaire moyen de la fonction publique soit largement plus élevé que celui du secteur privé, sans parler des multiples autres avantages, dont le système de retraite, tellement opaque, …et tellement profitable, pour certains seulement. Il n’est pas juste, que les créateurs de service soient au dessus des créateurs de richesse, en terme de considération comme en terme de rémunération, car leur apport au pays est plus important et plus risqué : ce ne sont pas des CERFA, que nous exportons, ce sont des bagnoles, des produits agricoles, des technologies, etc.

Nous avons besoin de retrouver le sens de la vérité : ce n’est pas parce qu’une loi a décidé qu’un homme et un homme, cela pouvait s’appeler un mariage, que cela suffit à en faire une vérité. Non, un homme et un homme, ce n’est pas un mariage (même s’il peut y avoir de très belles et très respectables histoires d’amour entre personnes de même sexe), et un enfant a besoin de savoir d’où il vient, et de s’inscrire dans une filiation qui ne soit pas purement théorique. Ce n’est pas parce qu’une loi impose qu’il faut enseigner aux enfants qu’un homme est homme par choix ou poids culturel, que cela suffit à en faire une bonne loi. Nous avons besoin d’un rapport apaisé avec la religion catholique : formés par l’anticléricalisme du XIX°, nous avons perdu beaucoup d’objectivité dans nos rapports.

La prétention de l’Etat de déconstruire les consciences est inacceptable, car c’est l’expression ultime du totalitarisme.

Nous avons besoin aussi de retrouver le sens de la responsabilité. Non, ce n’est pas à l’Etat de tout prendre en charge, et il appartient au citoyen de prendre toute sa part de devoir, avant de réclamer ses droits, tant que l’Etat assume sa charge régalienne. Or l’Etat devient une pieuvre coûteuse qui intervient dans tous les domaines, devenant odieux, matraquant tout le monde sous les amendes, les radars, les taxes, pour assumer de moins en moins sa charge régalienne, justement (moins de justice, moins d’armée, perte du sens du bien commun, etc.). Or cet Etat déresponsabilise : »ma taxe d’habitation est tellement chère que je peux bien jeter mes papiers par terre », »j’ai le droit de rouler à 90, alors je roule à 90, quel que soit le danger, puisque ce sont les radars, maintenant, qui disent si je conduis bien », »j’ai bien le droit d’être au chômage, puisque tout le monde en profite et que je gagnerai moins à travailler », ou encore »j’ai bien le droit de frauder la sécu, tout le monde le fait », sont devenus des standards.

Et j’aimerai davantage de prise en compte de l’originalité de certaines pensées, ou de certaines démarches, telles la votre, qui rendent compte de la diversité des personnalités humaines, car je crois que c’est dans la diversité que s’exprime le mieux l’aptitude humaine au bonheur terrestre. Et pour cela, nous avons besoin de favoriser l’indépendance de la pensée, d’éduquer les enfants à la liberté, plutôt que de les mouler dans un système intellectuel unique, celui de la bien-pensance médiatiquement acceptable.

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Je crains que mon pays ne soit déjà mort, car je ne sais plus ce que je peux faire pour lui.

Les systèmes sont devenus tellement puissants qu’il devient chaque jour plus difficile d’agir.

Nous, petits entrepreneurs, sommes écrasés de charges. Chaque jour, nous travaillons à produire de nouvelles richesses d’une manière plus performante, que la puissance publique s’ingénie aussitôt à gaspiller, pour en demander toujours plus, toujours plus, toujours plus. Et pour quoi faire ? Pour créer de nouveaux postes improductifs, contrôleurs de ceci ou cela, commissions de machin, haute-autorité de cela, foutaises le plus souvent.

Nous subissons chaque jour de nouveaux règlements, aussi stupides qu’inutiles, qui nous font perdre en charge administrative ce que nous pourrions donner en charge productive, ou en repos pour profiter de la vie.

Les marchés sont truqués par des artifices fiscaux toujours plus troubles.

Les flux de population étrangère sont tels qu’on ne se sent plus chez soi, et que nous serons en minorité, nous, ceux qu’ils appellent »les souchiens », dans peu d’années. Pour se sortir de là, il y a deux solutions : soit disparaître, soit inverser la vapeur. Dans le premier cas, ce sont des larmes, dans le second, c’est du sang. En verriez vous une troisième, dont un exemple dans le monde montrerait qu’elle puisse fonctionner ?

Il n’y a plus de stabilité qui tienne : une chose qui a été faite hier peut disparaître demain, au gré des fantaisies d’un technocrate irresponsable qui n’assumera pas les conséquences de ses actes. Pour prendre un exemple récent, qui va assumer les conséquences, pour les millions de personnes que cela concerne, de la suppression du régime de l’autoentreprise telle que voulu par le gouvernement ? Qui peut penser avenir dans un univers mouvant ? Et le pire, c’est que je pense que cette instabilité est voulue, par ceux qui veulent que l’homme libre devienne chaque jour davantage un consommateur standard, sans autre horizon que la satisfaction immédiate d’instincts primaires, vision matérialo-consumériste que cherchent à imposer chaque jour davantage groupes industriels monstrueux, politiciens-clowns, média aux ordres, organisations supra-étatiques diverses travaillant dans l’ombre, à la destruction de l’âme et celle de la planête, sans que rien ne vienne plus équilibrer cette pression mortelle. J’ai longtemps pensé que cette idée, celle d’un groupe souhaitant cela, était monstrueuse. Mais en regardant les événements, il s’en dégage une logique telle que cette idée ne peut pas être exclue.

Je crois que les devoirs de l’Etat se rapprochent du devoir des parents, »donner à leurs enfants des racines et des ailes » (proverbe juif). Or l’Etat s’ingénie à nous couper de nos racines et à nous distribuer des béquilles, après nous avoir coupé les jambes.

Pour ce qui est de l’Europe, il faudrait qu’elle soit incarnée (c’est à dire que nous connaissions les chefs et puissions leur faire confiance, voire les aimer), responsable (que les responsables des ordres en assument aussi les conséquences), à sa place (que les producteurs de règlements n’emmerdent pas les producteurs de richesse que lorsque c’est absolument nécessaire, en leur laissant la liberté maximum, et en évitant de les considérer comme leurs esclaves), et porteur d’un projet européen, qui ne soit pas celui de Monsanto, de Bayer, ou d’autres lobbies. Il y a du boulot !

Pour l’international, la France n’est grande que quand elle rappelle les fondamentaux, et non quand elle participe à des curées répugnantes. La France se déshonore, en renversant un despote Lybien après lui avoir rendu les honneurs, pour mettre un nouveau chaos dans le pays. Elle se déshonore en essayant à tous prix de trouver un prétexte honteux pour intervenir en Syrie. Dans une certaine mesure, elle se déshonore en prenant part à des conflits trop dyssimétriques, qui justifient le terrorisme. La France s’est honorée de ne pas prendre part à la guerre en Irak, qui a vu une des plus grandes puissances mentir au monde entier, et appeler »Justice » ce qui s’appelle argent ou pouvoir. La France s’honore quand elle assume son passé colonial, dont je n’ai pas peur d’être fier, en intervenant magnifiquement au Mali, dans le but d’aider nos »petits frères » africains.

Oui, l’avenir est sombre, me semble-t-il.

Mais il reste des hommes libres, et vous êtes un de ceux là, car vous avez prouvé, depuis de longues années, votre engagement personnel, physique, incarné. De la plupart de vos collègues, j’aurai suspecté une manipulation. Pas de vous.
Et la simple décision d’un seul homme, qui marche à pied à la rencontre de son peuple, est réellement porteuse d’espoir.
Et tant qu’il restera un seul homme libre (j’espère que nous serons au moins deux !), tout espoir n’est pas définitivement perdu.

C’est parce que votre démarche suscite mon enthousiasme que je me suis laissé allé à cette contribution longue et un peu désordonnée.

Noire, mais pas sans espérance.
Et vous faites partie de cette Espérance.
Merci, Jean.

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Jean, le 13 juin

Jean, le 13 juin

Cahiers de l'espoir

Qui suis-je ?

informaticien handicapé dans la fonction publique – Services du PM.

Quel est mon cadre de vie ?

Paris XVe.

Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Ouverture des magasins à heures extensives : je plains les vendeurs/caissiers, etc.
Il y aura, à terme, perte du dimanche et donc du jour de repos de toute la famille/amis.
Quel vivre ensemble ? 1 mois = 1 salaire donc pas plus de dépenses – sauf pour les touristes. (quelle redistribution aux employés? pour le moment rien ou minime).
Trop de SDF partout et de mendiants + des voleurs dans les transports en commun, etc.
Les services sociaux sont mal employés de même que la police (leur coût est lui assez fort).

Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Moralisation vie politique : il faudrait de la transparence dans les dépenses publiques : publication des dépenses et possibilité de saisie par les citoyens (cf. Europe du Nord) (quelle économie pour les vérifications !)
Diminution des administrations (mairie, régions, départements, etc.) . Les Etats unis n’ont que 435 députés et 100 sénateurs alors qu’ils sont beaucoup plus nombreux et étendus.

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Françoise, le 5 mai 2013

Françoise, le 5 mai 2013

Cahiers de l'espoir

Votre cadre de vie ? Vos conditions d’existence ?

Bonjour,
Juste quelques mots.
cadre de vie: campagne limousine
état de vie : veuve depuis 18 ans ; âge : 58 ans ; 3 enfants, 2 petites filles;
retraitée de l’éducation nationale (institutrice) et également du ministère de la santé (ancienne infirmière ) ; J’ai donc exercé 2 métiers, mais aucune administration n’a daigné reconnaître que j’avais 2 compétences, ils l’ont ignoré superbement et sottement.

Je n’ai qu’une proposition à faire :
si j’étais ministre de l’éducation nationale je rendrais obligatoire l’école maternelle seulement à partir de 4 ans (pas avant) , ce qui ferait 2 années de maternelle avant l’école primaire, et j’imposerais des effectifs à 18 élèves par classe, pas plus, jusqu’au CE1, afin d’éradiquer l’illettrisme par une meilleure prise en charge des élèves dès les petites classes
Car les enfants n’en peuvent plus de supporter un collectif pesant dès la petite enfance, c’est trop cette masse d’humains à »traîner » dès la crèche. Pour beaucoup d’enfants le groupe est devenu une souffrance quotidienne. Surtout dans un monde totalement déchristianisé où chaque individu a ses propres valeurs et où tout le monde se regarde en chien de faïence.

Je reste sidérée de constater à quel point les hommes politiques sont préoccupés par leur carrière et leur confort financier personnel plutôt que par l’intérêt général.
Les conditions de travail des infirmières et des institutrices me font horreur. La condition des femmes au travail est scandaleusement inégalitaire , injuste et régressive.
La France reculera tant qu’elle fera l’autruche sur toutes ces questions de vie essentielles.
Il faudrait tout repenser en profondeur.
Les 600 morts de DACCA au Bangladesh sont une infamie dont on a honte au plus haut point mais nous, en bas, nous n’y sommes absolument pour rien !

Et tant d’autres choses …

Compte tenu de votre réalité quotidienne quelle (s) proposition (s) pour votre avenir, celui de vos enfants pourriez vous proposer ? Quel(s) projets seriez vous prêts à soutenir fermement ? ?

Soutenir des projets, oui, mais pas pour se faire moquer de soi en permanence, malheureusement notre pays est englué dans des querelles droite/gauche obsolètes et tragiquement sottes, le tout relayé par des médias serviles.

la France , à cause de tout cela est paralysée !

Tant de bêtises, c’est à pleurer !

Cordialement.

Je ne suis pas politisée; Je ne suis pas syndiquée. Je ne suis pas militante. Je ne suis pas tradi ni progressiste ni ceci ni cela, les étiquettes m’exaspèrent.

Je vous invite à lire mon blog: c’est le blog d’une femme LIBRE !

http://blogfadiese.wordpress.com

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