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Cahier de Florian - Le député qui marche. de Jean Lassalle

Cahier de Florian


ID CAHIER : 2554

Qui suis-je ?

Je m’appelle Florian Brunner. Je suis engagé depuis de nombreuses années dans l’action politique. Adhérant au Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou, je suis notamment Membre du Bureau National des Jeunes Démocrates et Représentant des Jeunes Démocrates de France chez les Young Democrats for Europe. Je travaille de manière régulière avec la Députée européenne Nathalie Griesbeck. Je suis également Membre de l’équipe du Député Jean Lassalle.

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Quelle est la valeur a laquelle je tiens ?

L’audace.

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Quel est mon cadre de vie ?

Je suis français et européen. Je pense que l’Union européenne est une étape importante de notre Histoire et que nous ne devons pas renoncer à la construction européenne. Je crois cependant qu’il est nécessaire de réformer l’Europe.

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Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Par une démarche de création politique, nous devons construire un nouveau modèle qui puisse rendre l’Europe conquérante, solide politiquement et performante dans les grands défis scientifiques. L’Europe doit se consacrer pleinement à la question de l’emploi. Il faut un plan Marshall de l’emploi des jeunes en Europe.

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Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

J’ai rédigé pour le Député Jean Lassalle un rapport de 40 pages basé sur le thème des Jeunes et de l’Europe. Ce rapport aborde donc la situation des jeunes en Europe, mais il propose aussi un projet européen réfléchi par des jeunes. Après une phase de consultation et d’écoute de différents jeunes, je me suis lancé dans l’écriture de ce rapport. Plusieurs relectures ont été effectuées. Nathalie Griesbeck, Députée européenne MoDem, a salué ce travail.

Cahier de l’Espoir: Les Jeunes et l’Europe

Pour une Europe forte

SOMMAIRE

Introduction

Des citoyens qui se sentent abandonnés en pleine crise

L’Europe solidaire

Sauver l’Euro

L’identité européenne

L’Europe citoyenne

L’Europe démocratique

La Défense européenne

L’Europe et l’exploration spatiale

Pour une Europe en transformation

Je tiens à remercier tous ceux qui dans ce travail de longue haleine m’ont aidé par leurs apports de fond et leur disponibilité :

Jean LASSALLE

Cécile CALE

Dalila BERBAGUI

Nathalie GRIESBECK

Frédéric LE JEHAN

Emilie TAFANEL

Dominique KUHL

Daniel FISCHER

Antoine CARETTE

Thomas FRIANG

Tristan DENECHAUD

Loïc JAEGERT

Simon CAU

Nicolas FENDER

Fabien LUTZ

Françoise SCHREIBER

Jean-Patrick SCHWEITZER

« A la civilisation de masse doit succéder une civilisation à l’échelle de l’individu. »

Valéry Giscard d’Estaing

Introduction

L’Europe : un projet d’espoir

L’Europe n’est pas que l’héritage de nos ancêtres. L’Europe est aussi l’héritage que nous laisserons à nos descendants. L’Europe est un projet d’espoir. L’Union européenne est une construction originale qui sort des cadres classiques de l’Etat-Nation. Il s’agit d’une nouvelle manière d’organiser les rapports entre Etats. Plutôt que d’encourager les rivalités et les conflits entre Etats, le projet européen favorise la coopération entre les pays. En effet, les Etats ont besoin de se soutenir et d’agir ensemble pour être plus efficaces. L’objectif de l’Union européenne est l’épanouissement des peuples. La crise économique a ébranlé les piliers européens. Les citoyens français et européens doivent faire face à des conditions de vie difficiles. Nous ne sommes plus en guerre les uns contre les autres, nous n’avons plus de désastres humains ou matériels et l’espace européen est stabilisé. Cette stabilisation est devenue commune aux yeux des citoyens français actuels qui ont un peu trop facilement oubliés les conséquences terribles de la première et de la seconde guerre mondiale. Cette négligence a tendance à nous faire oublier que nous avons aussi de la chance d’être nés à cette époque.

Ce début de XXIème siècle offre aussi de nombreuses opportunités aux individus. Nous avons cependant un combat d’importance : la guerre économique. La guerre économique face aux chinois, aux indous, aux russes, au brésiliens et évidemment face aux américains. Dans cette guerre économique, l’Union européenne est un atout majeur. Dans ce conflit, nous devons limiter le nombre de victimes qui sont les chômeurs, jetés à la rue, démoralisés, déconsidérés. Il est urgent de construire une Europe solidaire qui ne s’occuperait pas que de business. Une Europe solidaire qui s’attaquerait à la crise de la monnaie unique. L’Euro est un acquis essentiel, qui doit être sauvegardé et pour protéger cette avancée, la solidarité est essentielle. Nous devons avoir la volonté de construire une Europe forte, forte de sa diversité et de sa solidarité.

L’Union fait la force

L’union fait la force. Le monde compte plus de 7 milliards d’habitants, mais l’Europe en est la première puissance économique, et compte en son sein les pays les plus riches et les plus compétitifs au monde. Dans ces conditions, il est dérisoire de toujours regarder vers les États-Unis, ou la Chine, alors que nous pourrions, avec un projet politique fort, peser tout autant, si ce n’est, davantage. Les relations internationales, comme l’économie, sont souvent basées sur un bon « marketing ».

Il faut savoir se vendre, au lieu de se lamenter et de se faire concurrence entre pays européens. On l’a assez fait au cours du XXe siècle. Nous devons promouvoir nos valeurs et nos atouts. Nous pouvons apporter beaucoup. Premier pôle économique mondial (notre PIB représente le double de celui de la Chine pour moitié moins d’habitants), le quart des multinationales, 40% des investissements internationaux, des universités mondialement renommées, une stabilité politique et économique hors du commun. Nos deux grandes spécificités, c’est d’une part notre diversité culturelle unique au monde (qui contribue à drainer chaque année la moitié du tourisme mondial !), et d’autre part notre modèle de « social-démocratie », ou d’État-providence, qui se décline certes différemment selon les pays, mais dont les fondamentaux sont les mêmes.

Le projet européen ne peut pas se résumer à être un grand supermarché ! Les diversités des pays européens sont autant de richesses : on apprend toujours de son voisin. A l’heure où la mondialisation devient de plus en plus présente dans nos vies et bouscule nos habitudes, il est important d’être unis face à ce qui n’est autre qu’une compétition internationale. L’Europe a des atouts immenses mais est à la fois trop naïve et se replie sur elle-même plutôt que d’aller de l’avant. Tous les peuples de l’Europe veulent la même chose : une vie meilleure, du travail, des entreprises qui respectent l’environnement et une certaine éthique. Ils sont aussi contre la mondialisation telle qu’elle se déroule actuellement, avec un monde financier sans foi ni loi. Nous sommes pour le respect de chacun et pour l’aide aux plus démunis. Une Europe forte est indispensable pour porter un modèle économique et social commun. Une Europe forte c’est une Europe capable d’influer sur la direction que doit prendre nos sociétés dans le futur.

L’Europe forte

En 2012, Nicolas Sarkozy reprenait le slogan giscardien pour une France forte dans le cadre de l’élection présidentielle. Le débat européen était déjà présent dans cette sémantique. En effet en France personne ne veut la France faible. Aucun candidat ne dira qu’il souhaite la France faible. Mais le slogan sous-entend que même si ils ne le disent pas, les autres candidats affaibliraient la France. Beaucoup de responsables politiques affirment qu’une Europe forte conduirait à une France faible. La principale crainte est là : une Europe hégémonique qui affaiblirait le poids de la France et la rendrait prisonnière d’une Union contraignante. En France, le Front National rejette la construction européenne parce qu’il pense que cela ne fait qu’affaiblir la France. Le Front National souhaite une Europe faible pour une France forte. Il est le plus gros promoteur de la volonté de rejeter l’Union européenne. Dès lors, le terme d’Europe forte prend tout son sens.

Car le vrai débat est là : voulons-nous une Europe forte ou une Europe faible ? Le vrai clivage se situe sur ce terrain et imprègne tous les débats nationaux. L’Europe faible est un objectif clairement revendiqué notamment par les populistes et les extrêmes. Le terme d’Europe forte a aussi l’avantage de nous dégager des vieux schémas caricaturaux d’Europe fédérale ou d’Etats-Unis d’Europe. L’Union européenne est une construction originale qui fait appel à une vision nouvelle et à un projet novateur. Nos termes doivent se dégager des anciens concepts, pour ouvrir un nouveau champ de réflexion. Nous avons choisit d’exposer ce qui serait pour nous une Europe forte et nous tenterons de démontrer qu’une Europe forte permet une France forte.

Relever le défi de la création politique

Nous voulons un renouveau de la politique qui passe par l’introduction d’une nouvelle façon de penser. Au-delà des normes fixées par une société essoufflée, en perte de repères, nous revendiquons notre liberté de penser et d’agir. Penser dans la norme, c’est penser que la politique est un exercice figé qui se résume à des luttes pour le pouvoir avec de l’argent, des trahisons et des scandales. En réalité la politique offre aussi de grandes opportunités d’agir et de créer. La politique peut également nous permettre d’innover, de proposer et de rénover. Nous voulons relever le défi de la création politique. Notre système éducatif est tellement cloisonné, fermé, étouffant que les jeunes ne demandent qu’à se libérer, imaginer, inventer. C’est cette volonté d’oxygéner la France et l’Europe que nous défendons. Nous avons tous nos idées, nos approches mais nous ne devons pas hésiter à tout balayer pour se remettre en question, repartir du début pour construire un projet nouveau. Dans la même démarche que les philosophes des Lumières au XVIIIe siècle, nous pouvons ensemble procéder au renouvellement du savoir, de l’éthique et de l’esthétique de notre temps. L’obscurantisme est encore fort dans notre monde et nous devons promouvoir la diffusion libre des connaissances et des savoirs.

Le discours politique doit s’écarter des sentiers battus. Nous pourrons aborder le domaine des Sciences, trop négligé en politique et tellement essentiel pourtant. Souvent les responsables politiques français et européens sont issus de formations littéraires et économiques. Leur travail est ainsi tourné vers le verbe exprimant quelques concepts de gestion et de romanesque. S’il est essentiel de savoir écrire, parler et de comprendre les outils économiques de notre temps, il est impératif d’avoir sa propre réflexion et de savoir inventer. La Science est un mécanisme inventif. La santé, l’exploration spatiale, l’environnement sont des défis scientifiques qui doivent pouvoir être abordés. Les compétences littéraires et scientifiques doivent être plus associées plutôt que scindées dans un système français notamment qui trouve opportun de séparer fortement ces deux domaines alors que leur complémentarité est possible et fortement souhaitable. Parler de Science en politique est un pas vers cette réconciliation. On ne peut se passer de la Science dans l’exercice politique de notre temps.

Chez les jeunes demeure une curiosité, une envie d’apprendre et de connaître. La Science répond à cette attente. Le cinéma d’aujourd’hui ne cesse de se nourrir de travaux scientifiques. La Science-fiction a envahit les écrans. La Science-fiction c’est demain, c’est même déjà aujourd’hui. Les jeunes accourent voir ces films. Et les thèmes soulevés par ces films peuvent être du domaine de la politique. La politique ce n’est pas seulement des histoires de sous et de combines mais c’est surtout une question de projets. La politique doit redevenir un foyer de création pour construire l’avenir des citoyens. L’instauration d’ateliers créatifs pourra permettre d’instaurer une dynamique saine d’invention et de rénovation. Est-ce encore de la politique ? La politique est-elle morte ? Devons-nous aller vers autre chose ?

Pour rénover nos outils et notre démocratie, nous devrons inventer de nouvelles méthodes, inventer un nouveau discours, inventer de nouveaux procédés. Comme dans une démarche scientifique, nous ne savons pas ce que nous allons trouver, mais nous cherchons et donc nous expérimentons. Comme dans une démarche artistique, nous ne savons pas ce que nous allons créer et nous explorons notre imagination.

Il ne sert à rien de se perdre dans une planification excessive. La vie est l’acceptation de l’inattendu, nous sommes loin de maîtriser tous les paramètres, nous ne pouvons qu’accepter l’aventure qui nous est offerte, nous ne pouvons que relever les défis que notre temps élabore. Pas question de céder au pessimisme facile et ambiant. Pas question d’oublier les progrès que l’humanité a effectué notamment dans les domaines de la santé, de la sécurité et du confort. Pas question d’oublier les découvertes que l’humanité a pu effectuer. Pas question d’ignorer ce qui nous accompli. L’imperfection est ce qui permet la complémentarité et la définition du Commun. Nous devons l’accepter. Et nous ne nous interdisons pas en même temps d’initier des améliorations.

Ainsi nous soutenons l’optimisme, car seule cette force fait avancer les hommes. Nous n’avançons pas en soupirant mais en voulant. Nous vivons une aventure collective où chacun a sa place, où chacun est libre de penser et de s’exprimer, où chacun peut lancer une initiative. Nous ne vivons pas le plan de carrière d’un tel ou d’un tel. La réussite ne doit plus être le fruit de l’arrivisme mais la juste récompense du talent.

La démarche de rénovation

Les Jeunes encartés et non encartés, engagés et sans étiquettes sont interpellés par la construction européenne et notamment par sa construction présente. Si un mouvement doit émerger, ce sera un mouvement jeune dépassant les camps politiques, apportant des propositions concrètes pour amorcer une rénovation en temps de crise. La rénovation dépasse les fonctions, les lignes politiques et doit entrainer le plus grand nombre de citoyens. L’Europe ne doit plus être une question d’initiés mais doit s’ouvrir à l’ensemble de la société. Nous avons entrepris et nous continuerons d’entreprendre une démarche de concertation en grande partie avec des jeunes et au-delà des clivages. La crise et la guerre économiques rendent prioritaires les questions d’emplois, d’éducation et de formation.

Nous aborderons dans ce Projet, les thèmes du chômage et du chômage des jeunes. Ce qui nous amènera à la question cruciale de l’Europe solidaire. Une Europe qui entame de vrais partenariats afin d’instaurer une cohésion collective efficace au service de tous les citoyens européens. Nous évoquerons également l’Europe citoyenne et démocratique ainsi que la Défense européenne. Les Jeunes et l’Europe c’est d’abord offrir à l’Europe une seconde jeunesse et donc un avenir. Cette rénovation ne devra donc plus se limiter aux frontières d’un pays mais s’étendre à l’échelle de notre Union.

Des citoyens qui se sentent abandonnés en pleine crise

 »Nous ne pourrons pas faire avancer l’Europe avec la nostalgie des aînés, mais seulement avec l’enthousiasme et la conviction de la jeunesse. Voilà notre but. »

Wolfgang Schäuble – Ministre fédéral des finances en Allemagne

L’Europe s’est éloignée des peuples

L’Europe n’est pas un Continent. Il ne s’agit pas d’un espace géographique qui conduirait à une union justifiée par les conditions d’un milieu. Il s’agit d’un espace de vie, chargé d’une Histoire commune, une Histoire à la fois belle et dure, l’Histoire de guerres terribles et l’Histoire d’une réconciliation forte entre les peuples. L’Europe est devenue un espace de paix et donc un espace d’espoir. L’Europe a été faite pour les peuples. Les populations blessées ont été conduites dans une ère de paix et de prospérité. Mais peu à peu, alors que les institutions devaient établir un lien démocratique plus fort avec les citoyens, l’Union européenne s’est éloignée des peuples. Elle est devenue une structure économique essentielle mais désincarnée, froide et lisse.

Les dirigeants européens sont inexistants et superficiels. Le Parlement européen, le centre de la démocratie européenne est difficilement perçu et compris. Les députés européens n’arrivent pas à avoir la proximité de députés nationaux, pour des raisons tout à fait compréhensibles, le territoire étant bien plus vaste. Cette distance établie donne l’impression aux citoyens d’être abandonnés, abandonnés aux mains d’un libéralisme sauvage favorisé par des instances technocratiques cruelles. Les populistes s’acharnent sur cette Europe des élites pour gagner des suffrages et cela fonctionne. La peur de l’Europe est là, présente chez les citoyens qui affrontent les difficultés quotidiennes, les drames de tous les jours comme le chômage, la pauvreté ou les conditions précaires. Ces tragédies s’inscrivent dans une incertitude forte face à l’avenir. Les crises économiques, les tempêtes internationales, les conflits armés nourrissent une peur de l’avenir et donc un pessimisme destructeur. Les populistes captent ce désarroi et le manipulent, ils se renforcent, brandissent un projet irréaliste et périlleux. Face à cette montée des peurs, face à cette montée de la colère, face à cette montée de l’extrémisme, il est urgent de riposter.

Osons le débat !

Les Européens restent figés et n’engagent pas le débat. Ceux qui défendent l’idée d’une Europe forte se couchent. Ils ont peur d’intervenir parce que l’Europe fait des erreurs, que les politiques européennes sont à critiquer, tandis que les solutions passent quand même par un renforcement de l’idée européenne. Nous disons debout ! Osons le débat ! Et ne laissons pas l’espace aux populismes et souverainismes de tous bords, ne laissons pas non plus le champ libre aux extrêmes. C’est aussi le sens du terme « Europe forte ».

Si nous voulons une Europe forte, c’est parce qu’actuellement elle est trop faible et fragile. En laissant intervenir les détracteurs de l’Union européenne, nous laissons le projet européen s’affaiblir. Tous les partisans de l’Europe forte doivent se lever et défendre la construction européenne. Il est nécessaire de faire une campagne européenne innovante, dynamisée par des thèmes forts. Cette campagne doit avoir lieu tout le temps et en dehors des créneaux électoraux. L’Europe nous concerne tout le temps, dans notre passé, notre présent et notre avenir. Elle se déroule dans notre espace temporel. Nous devons faire en sorte que l’Europe devienne avant tout un projet d’avenir. De cette manière nous pourrons également projeter notre action vers l’avant. Régénérer l’idée européenne, c’est aussi et surtout engager un débat citoyen et associer pleinement les citoyens à un débat sur l’Europe.

Les Jeunes dans le débat

Les jeunes sont rarement entendus, et peu de gens de manière générale, lorsqu’ils parlent d’Europe, sont entendus. Donc les jeunes qui parlent d’Europe, bien sûr, cela passe souvent à la trappe ! Cependant, les points de vue sur l’Europe sont souvent trop ésotériques, trop flous, cela ne facilite pas leur diffusion. L’Europe en soi, finalement, ce n’est pas vraiment un thème, tout comme « la France » ou « le monde »… Pour intéresser les gens et être entendu, il est indispensable d’aborder l’Europe sous des angles plus précis, avec des projets concrets. Les citoyens sont capables de bien se mobiliser pour une idée précise. Pas pour « l’Europe ».

Nous sommes dans un monde de bouleversements

Tous les schémas classiques qui régissent notre société sont remis en cause : fonctionnement démocratique, déroulement de la scolarité et des formations, monde de l’emploi… Les jeunes notamment se retrouvent perdus dans un monde mouvant et risqué. Il n’y a plus la garantie d’un emploi, plus la garantie d’un avenir fondé sur un parcours professionnel apaisé permettant de construire une vie familiale structurée et réconfortante. Ces temps agités sont faits pour les aventuriers, ceux qui ne s’attachent pas trop, ceux qui savent bouger et s’adapter. Nous ne sommes plus dans un monde de continuité mais dans un monde de bouleversements. Les parents se retrouvent désemparés, ne connaissent plus leurs jeunes, ne savent plus les conseiller dans un monde si changeant, une fracture se créée et l’impuissance s’instaure. Le malheur est là. Et le fatalisme n’est pas loin. En France, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les moins de 24 ans, derrière les accidents de la route. Les jeunes semblent pris au piège dans un monde où ils n’ont plus la maîtrise sur les événements. La vie semble être un enchainement de procédures administratives et juridiques : suivre une scolarité, faire des études, trouver un emploi, fonder un couple, s’assurer une bonne retraite, penser à l’héritage…

Ces procédures en outre sont souvent laborieuses, émanant d’un système lourd et complexe, devant lequel nombre de citoyens se retrouvent impuissants. La machine administrato-juridique étouffe les initiatives et les volontés. Il existe ainsi chez les citoyens et les jeunes, une aspiration à une liberté plus complète, c’est-à-dire une liberté d’agir, de créer et de développer sans être bloqué par une ordonnance contraignante, un arriviste pistonné aussi incapable que désagréable, un chef fermé et braqué, un politique corrompu et cruel. Les citoyens veulent respirer et retrouver leur droit de vivre, de s’épanouir dans le respect des uns et des autres. Il s’agit d’un contrat social.

Créer un monde nouveau

Une bureaucratie lourde emprisonne la France dans un système malsain et dépassé. La création, l’imagination, les solutions nouvelles sont méprisées. Or pour que la France sorte de cet état d’agonie, il faut favoriser les moyens de création pour amorcer un changement salutaire. C’est aux citoyens d’imaginer, de participer au débat, de trouver des solutions dans une société dynamique, ouverte et apaisée. Les Français doivent dessiner les fondations d’une nouvelle construction, réfléchir différemment à l’économie, à l’urbanisme, aux transports, à la ville, à l’environnement, à l’éducation ou à la culture, c’est-à-dire qu’ils doivent imaginer un Renouveau nécessaire et vital. C’est de cette capacité à innover que pourra émerger une idée ambitieuse de l’Europe, c’est-à-dire un projet humain défendant une Europe forte qui ne serait plus réduite au domaine économique.

Rénover la politique européenne

Nous pouvons innover la politique européenne, tout d’abord en changeant notre approche de l’engagement européen. Arrêtons de penser l’action européenne dans des partis nationaux. Des partis politiques européens sont en train d’émerger. Il faut des structures réellement européennes pour porter des propositions correspondant à toute l’Union européenne. Cette innovation touche à l’identité et à la culture européenne. Il s’agit de mettre en rapport les acteurs politiques et les citoyens européens partageant les mêmes valeurs. Nous devons penser différemment les dossiers et les réformes. Nous devons inventer une nouvelle manière d’aborder les enjeux et d’apporter des solutions. Par exemple partir d’un problème pour apporter des solutions n’est pas une démarche entrainante. Parler tristement de chômage, de pertes d’emploi avant d’annoncer des mesures techniques n’est pas une démarche qui mobilise, au contraire elle rappelle sans cesse les malheurs qui frappent notre société et pousse au désengagement.

Nous pouvons au contraire partir d’idées optimistes comme l’innovation et la création pour préciser des propositions et initier un élan plus dynamique et porteur. Partir d’idées fortes et nouvelles pour impulser un renouveau. Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. Cette innovation peut passer aussi par les médias. Nous avons besoin de médias européens et de médias nationaux qui s’intéressent vraiment à l’Europe et aux pays qui la composent. Combien de fois voit-on sur les grandes chaînes de télévision française des personnalités allemandes, italiennes, polonaises… ? À quand remonte la dernière interview de José Manuel Barroso sur TF1 ? On a créé le système de diffusion en Eurovision, mais on s’en sert à peine…La grande faiblesse de la démocratie européenne, c’est le quatrième pouvoir : les médias. Avec la TNT qui permet d’utiliser différents sous-titres, voire versions audio, il serait temps d’avoir une grande chaîne paneuropéenne ! Il faudrait commencer par la rendre plus démocratique, plus proche des gens et participative.

Une jeunesse solidaire

La jeunesse a aussi de grands atouts comme la solidarité qu’elle est capable de manifester. Les jeunes sont solidaires. Alors que la crise frappe, les difficultés traversées provoquent un boum du bénévolat. D’après une étude de l’association France Bénévolat, le nombre de bénévoles a augmenté de 14% entre 2010 et 2013 en France. Ce sont les jeunes (15/35 ans) qui tirent la progression globale. Le nombre de bénévoles en France ne cesse d’augmenter.

20,3 millions de personnes de plus de 15 ans, soit 40% du nombre total de Français (36% en 2010), disent  »donner du temps gratuitement pour les autres ou pour contribuer à une cause », hors du cercle familial, dont 12,5 millions dans une association. Le bénévolat  »direct » (appelé aussi  »de proximité » ou  »informel ») est celui qui a le plus progressé (+31%), suivi du bénévolat associatif (+12%). Le bénévolat dans d’autres organisations (syndicales, politiques, religieuses …) a en revanche diminué de 6%. Les 15-35 ans constituent la tranche d’âge motrice de l’augmentation du nombre de bénévoles depuis ces trois dernières années. Au sein des associations, cette catégorie tire la progression globale avec +32% à 3,3 millions de personnes, suivis des 35/64 ans (+10% à 5,5 millions) et des plus de 65 ans (+5% à 3,9 millions). Chez les 50 ans et plus, les actifs sont engagés à 37% et les retraités à 49%. Ainsi la jeunesse française s’engage au service des autres et entame une démarche forte de solidarité.

L’Europe solidaire

Pour une vraie solidarité entre les Etats européens

Nous sommes ainsi au cœur des enjeux européens : à la place d’une Europe du libéralisme et de la concurrence, les citoyens français et même les citoyens européens attendent une Europe solidaire. C’est-à-dire pas qu’une Europe qui invente des plans d’aide pour intervenir en Grèce en urgence mais une Europe qui pense humain et durable. L’individualisme allemand est l’illustration parfaite de cette Europe technocratique, libérale et concurrentielle. Les membres de l’Union européenne doivent devenir de véritables partenaires qui se soutiennent face aux défis économiques. Il en va de même sur le sujet de la Défense européenne. Alors que la situation syrienne avait entrainé des menaces de frappes, l’Union européenne n’a réussi qu’à arrêter une position sans trouver les moyens d’une action concertée. La solidarité et la coopération entre Etats européens implique un respect mutuel des peuples et de leur histoire, une volonté d’avancer ensemble et une reconnaissance du statut de citoyen européen.

Les citoyens européens ne doivent pas être identifiés en fonction de leur nationalité mais comme membres de l’Union européenne à part entière. L’Union européenne doit servir les citoyens européens. En respectant chaque citoyen européen, l’Union européenne respecte toute la diversité de ses composantes. Les peuples européens doivent également être considérés comme entités. Cette solidarité implique l’émergence d’une proximité entre les membres de l’Union européenne, cette solidarité implique l’établissement d’une vraie culture européenne et donc d’une identité européenne.

La montée des populismes exprime un rejet de l’identité européenne, un rejet de l’acceptation de la diversité européenne. Le meilleur moyen d’étouffer ces populismes est d’instaurer des passerelles entre les Etats pour permettre des échanges notamment pour les jeunes en formation. En s’accoutumant à d’autres cultures et d’autres pays, les jeunes en question pourront mieux comprendre la diversité européenne et densifier leurs bagages culturels et linguistiques. L’Etat cloisonne de trop les citoyens. Il est nécessaire d’ouvrir les frontières et de permettre réellement des échanges pour enrichir les bagages de chacun et donc les potentiels.

Les Etats connaissent trop de limites, trop d’insuffisances et ne doivent pas fonctionner en vase clos. Les atouts de chaque pays doivent se combiner de manière à renforcer les capacités de chacun. C’est donc ici que doit débuter cette Europe solidaire, par l’établissement de partenariats solides et avancés. Si nous voulons continuer à conquérir des marchés, ce n’est pas en jouant chacun dans son coin, mais en réseau que nous avancerons. Quand Siemens et Alstom, par exemple, se font concurrence en Asie, en Amérique ou en Afrique, au lieu de proposer une offre commune (tout en se faisant concurrence à l’intérieur de l’Europe), ce sont les Chinois qui se frottent les mains ! Il faut bien comprendre que de l’argent qui rentre en Allemagne, ce sont des revenus supplémentaires pour la France, principal partenaire économique, et vice-versa. Sur les marchés mondiaux, on voit rarement les Pékinois faire concurrence aux Cantonais… pourtant, les deux villes sont aussi éloignées que Paris et Athènes !

Le couple franco-allemand

Le couple franco-allemand s’essouffle. Il ne pourra redevenir fort que si une véritable solidarité s’instaure. Le grand défi dans la coopération franco-allemande, à un moment où ce rapport privilégié s’est presque banalisé, est de réaliser concrètement, au-delà des démonstrations d’amitié, un grand projet avec et pour l’ensemble des Européens. Cela pourra se faire en associant très tôt d’autres partenaires en Europe pour éviter toute impression d’un directoire franco-allemand. Multiplier les initiatives collectives partagées de tous, du col bleu au col blanc, des étudiants aux retraités, des élus locaux aux plus hauts dirigeants politiques, sera primordial.

Un certain nombre d’autres sujets sont d’ores et déjà porteurs et capables de renouer avec la croissance : les nanotechnologies et le secteur de la santé, les réseaux intelligents et les nouvelles technologies de l’énergie, l’internet très haut débit et les infrastructures en général, y compris spatiales, le traitement des déchets et des eaux usées, les véhicules du futur… Par exemple, la nécessaire promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique fera naître de nouvelles chaînes de valeur, de nouvelles organisations qui laisseront plus de latitude à l’innovation et au développement d’usages nouveaux, autant d’espaces potentiels de création d’entreprises et d’emplois. À l’instar de la création fondatrice et fondamentale de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) par des Européens visionnaires, mais pragmatiques.

Tout cela doit finalement nous amener à être optimistes, en Europe, sur la capacité de nos concitoyens à comprendre et à s’adapter aux défis de demain. Loin d’un affrontement violent et stérile entre tel ou tel modèle politique et de société, l’avenir viendra peut-être de ces engagements positifs, individuels, locaux et régionaux de tous ceux qui souhaitent une Europe Unie, plus forte dans le monde de demain.

Au couple franco-allemand de s’approprier ces thématiques, tout en faisant preuve de transparence, de pédagogie et de démocratie pour associer, en amont, les citoyens à l’édification de tous ces projets. Au couple franco-allemand de s’inspirer à la fois des atouts allemands (l’efficacité des PME, la qualité du dialogue social, la formation professionnelle, la qualité des produits, la culture innovation…) et français (ses très grandes entreprises, une politique énergétique compétitive, sa démographie…) pour fonder une nouvelle relation pleinement tournée vers l’Europe, pleinement tournée vers le Monde.

Quelle place pour l’Angleterre ?

“Une des conditions de la relance de l’Europe, c’est que les Anglais s’en aillent. Avec élégance et dans l’amitié. Pour cela, il faudrait qu’ils partent vite.”

Michel Rocard

Début 2013, David Cameron (Premier Ministre de Grande-Bretagne) a annoncé vouloir un référendum sur l’appartenance à l’UE d’ici à 2017. Ce sera un référendum sur l’appartenance ou non à l’UE. Les Anglais s’interrogent sur leur présence en Europe et de nombreux acteurs en Europe se questionnent également. Charles De Gaulle n’a jamais voulu des Anglais dans l’Union européenne, il s’y est toujours fermement opposé. Cela a été la source d’un regrettable malentendu : Non De Gaulle n’était pas contre l’Europe. S’il s’est opposé à l’entrée de l’Angleterre dans le marché unique, c’est à cause de ses convictions européennes. Winston Churchill partageait d’ailleurs cette opinion. Churchill s’était positionné pour une Union européenne mais sans l’Angleterre. Les successeurs de De Gaulle se sont montrés plus consensuels. Qu’importe la volonté des Etats à s’investir dans le projet européen, faisons les tous rentrer ! Les leaders au lieu de voir une Europe politique, n’envisageaient déjà que l’élargissement.

La présidence de Valéry Giscard d’Estaing a permis d’instaurer les bases d’une vraie Europe politique. Mais ensuite, la course à l’élargissement a repris. La rentrée de l’Angleterre dans l’Union européenne est la conséquence de cette volonté d’élargissement tout azimut qui fut précoce. L’Angleterre s’est donc retrouvée au sein de l’Union européenne, bénéficiant de tous les avantages et refusant toutes les contraintes. La Grande-Bretagne n’a pas appliquée la solidarité. Et peu à peu, les membres de l’Union européenne y compris l’Allemagne se sont laissés gagner par cette course aux avantages. La volonté de solidarité s’est épuisée. Des voix s’élèvent désormais pour le dénoncer. L’Angleterre a toujours freiné l’Europe politique et veut s’interroger sur sa sortie de l’Union européenne.

La sortie de l’Angleterre de l’Union européenne pourrait être une solution pour relancer une Europe politique. Une autre solution a été proposée par Valéry Giscard d’Estaing, celle d’un  »statut spécial » accordé au sein de l’Union européenne au Royaume-Uni pour favoriser l’intégration européenne et mettre fin à l’antagonisme qui plombe les rapports entre Etats. L’intégration européenne peut être poursuivie, et rester compatible avec la participation de la Grande-Bretagne, sous réserve que celle-ci puisse être dispensée de participer aux avancées qu’elle juge incompatible avec ses prérogatives nationales. La reconnaissance de toutes ces exceptions reviendrait à conférer à la Grande-Bretagne, un « statut spécial » dont les modalités de fonctionnement devraient être minutieusement mises au point.

Il ne s’agirait pas d’une Europe à deux vitesses séparant arbitrairement les bons et les mauvais, les forts et les faibles. Il s’agirait au contraire pour l’Europe déjà unie de poursuivre son intégration, à un rythme réaliste, dans le respect des identités et des compétences des Etats membres. Ce statut serait spécial, propre à l’Angleterre et ne pourrait être appliqué à chaque fois qu’un Etat exprime des réserves. L’élargissement de l’Union européenne a été trop précipité. Il faut maintenant consolider les bases, forger un cadre politique fort permettant de structurer l’action européenne et de la stabiliser.

Vers une Europe à deux vitesses ?

En réalité cette proposition de « statut particulier » officialiserait une réalité déjà établie. L’Angleterre a bien une place particulière et propre dans les Institutions européennes. On assiste depuis quelques années à l’instauration d’une Europe à deux vitesses voire à plusieurs vitesses. Ainsi la question de « l’Europe à géométrie variable » doit être bien étudiée.

En institutionnalisent une Europe à plusieurs vitesses, on permettrait à différents Etats européens de choisir leur voix. Les Etats qui voudraient rester en retrait le pourraient et d’autres qui voudraient aller plus loin auraient la possibilité de le faire également. Alors que les institutions européennes actuelles conduisent à l’inertie d’un système, il semble intéressant de pouvoir permettre des évolutions différentes qui relanceraient une dynamique. Les pays qui souhaiteraient approfondir l’intégration européenne pourraient lancer les réformes nécessaires. Il pourrait s’agir d’un noyau-test qui effectuerait des expériences institutionnelles. Ces expériences si elles s’avéraient positives pourraient être étendues aux pays qui deviendraient intéressés. Nous avons procédé de la sorte avec l’euro, nous pouvons aussi procéder de cette manière avec l’intégration politique. Mais la solidarité européenne doit être fondée sur des règles claires valables pour tous les Etats membres. L’Europe solidaire doit être un cadre solide pour toute l’Union européenne. C’est la condition même de son existence. L’exemple suisse peut aussi nous intéresser dans ce contexte. Nous l’aborderons dans le cadre de l’Europe démocratique.

Le chômage des jeunes en Europe

Il existera toujours du chômage. D’une part à cause du changement de carrière (les métiers qui disparaissent, d’autres qui apparaissent). Il y a aussi ceux qui ne veulent tout simplement pas travailler pour profiter de la société mais ils sont minoritaires. Le chômage de masse tel qu’on le connaît date des années 80 avec la modernisation des grosses entreprises françaises. Tout cela va de paire avec la vente de nos usines et de notre savoir à des pays en voie de développement. De nos jours, il y a les délocalisations industrielles, l’optimisation fiscale et la morosité de marché. Dans l’avenir, il y aura d’une part de grosses entreprises qui seront très robotisées, et qui nécessiteront une main d’œuvre restreinte mais très qualifiée. Les autres entreprises, qui garderont une main d’œuvre humaine, produiront dans les pays à faible coût (nous pouvons déjà voir les effets, certaines entreprises délocalisent de Chine pour s’implanter dans des pays africains).

Le chômage des jeunes en Europe semble très inégal. En effet, il semble que dans les pays où l’on a développé l’apprentissage et où l’on fait confiance aux jeunes, en leur confiant certaines responsabilités dès 18 ans, voire avant, leur chômage est bien plus bas que dans les pays « latins » connus pour leur gérontocratie. Juste à côté de l’Alsace, à Fribourg ou Bâle, le chômage des jeunes est trois fois moins élevé…En France, les jeunes chômeurs sont souvent dans une situation particulièrement précaire, en étant mal intégrés à la fois au marché du travail (où on leur demande d’être jeunes et malléables tout en ayant 10 ans d’expérience), et aux mécanismes d’aide sociale (RSA presque impossible à obtenir avant 25 ans, etc.). Inspirons-nous de nos voisins et faisons enfin confiance aux jeunes, dans tous les domaines !

Il faut un plan Marshall de l’emploi des jeunes en Europe

 »Il faut une politique de l’emploi plus offensive…une sorte de New Deal de l’emploi »

Marielle De Sarnez, Députée européenne

On ne peut pas parler de l’emploi des jeunes sans considérer la diversité des situations. Plus on est qualifié et mieux on va s’insérer dans le monde du travail. Les inégalités sociales se transmettent, on observe ainsi la reproduction de ces inégalités à travers les diplômes.

Il s’agit donc de s’intéresser aux 900 000 jeunes qui ne sont ni en formation, ni à la recherche d’un emploi, des jeunes qui sont dans le désarroi le plus total, dans l’incapacité de trouver un emploi.

Aujourd’hui, 40% des chômeurs de longue durée sont des jeunes. Il faut établir des passerelles pour leur permettre de se former et de remettre le pied à l’étrier, de se réinsérer dans le monde professionnel.

Il faut un vrai plan Marshall de l’emploi des jeunes en Europe avec des moyens importants mais surtout une vision pour le futur : quels emplois veut-on en Europe, lesquels sommes-nous prêts à laisser à d’autres ?

Vouloir concurrencer les pays à bas coût est perdu d’avance. Nous pouvons nous inspirer de l’Allemagne qui a choisi une montée en gamme, généraliser l’apprentissage, instaurer une vraie relation enseignement-entreprise en faisant rentrer les entreprises dans l’éducation nationale. Pour inciter les entreprises à embaucher des jeunes, pourquoi ne pas supprimer les charges patronales pour les jeunes de moins de 30 ans, au moins sur un temps donné ?

Mais le problème semble plus étendu. Les emplois associent des compétences sans que cet alliage ne semble judicieux. On peut se demander si les emplois tels que proposés sont encore pertinents. De nombreux acteurs politiques déclarent qu’il faut créer des emplois, mais faut-il recréer de l’emploi de la même manière ? Avec les mêmes fonctions rassemblant les mêmes compétences ? Un emploi est une sorte de case, toujours configurée de la même manière dans laquelle on place des individus conformes. Il faut arrêter de mettre les gens dans des cases. Une personnalité est diverse et peut rassembler des compétences très variées. Repenser les emplois et les compétences est une démarche qui semble urgente.

Le travail d’orientation est très insuffisant pour les jeunes. Nous avons plus l’impression de voir un ouvrage de désorientation s’opérer. Les jeunes voient constamment leur projet professionnel remis en question. Dès qu’un jeune explique sa passion à un conseiller d’orientation, il se voit répondre qu’il ne pourra pas vivre de sa passion, qu’il faut qu’il choisisse une autre voie. Le travail fait par passion est un aspect important pour la motivation d’un individu et pourtant le monde du travail le rejette. On travaille parce qu’il faut travailler, on ne travaille plus par intérêt pour ce que l’on fait. La conséquence est que le monde de l’emploi est rejeté. Les citoyens ne veulent plus travailler par force mais travailler ce qu’ils aiment. Ils ne veulent pas souffrir dans un monde où ils sont écrasés, ignorés voire broyés et humiliés.

Le monde du travail doit devenir plus attractif et humain. Une redéfinition de l’orientation doit être menée. Nous ne devons pas avoir peur des risques professionnels, nous devons laisser les jeunes se lancer, innover, créer. Le système scolaire apparait comme trop partial, à force de trop de sélection, des profils prometteurs qui ne correspondent pas aux normes sont rabaissés et exclus d’un système qui ne produit qu’une élite officielle trop restreinte, aux secteurs d’étude très cloisonnés. La sélection ne s’opère en France que sur le français et les mathématiques, pourtant d’autres secteurs sont essentiels comme la création qui peut permettre d’acquérir de nombreuses techniques importantes pour le monde du travail. En outre beaucoup de jeunes ne savent plus lire ou compter. L’enseignement à ce niveau n’est même plus suffisant.

L’éducation française est un naufrage, un désastre qui fait des ravages dans une société touchée par la crise. Le corps professoral ne se remet pas assez en question, et tombe malheureusement trop souvent dans un exercice d’autosatisfaction déplacé. Les jeunes doivent être encouragés dans leur passion et les emplois doivent être réfléchis en adéquation avec ces aspirations. Les emplois créés doivent aussi correspondre aux attentes de ceux qui seront employés tout simplement pour rendre le monde du travail attractif et épanouissant. Enfin, pour l’embauche d’un jeune, il est impératif que les employeurs ne se restreignent plus au niveau scolaire ou à l’expérience professionnelle. L’expérience, c’est aussi la pratique gagnée dans des activités bénévoles. Le jeune doit pouvoir valoriser son parcours associatif, artistique, politique etc.

L’expérience est plus riche que ce que les employeurs demandent. En excluant tout ce qui n’est pas diplômé, tout ce qui n’est pas professionnel, les employeurs perdent des potentiels forts. C’est un gâchis à la fois pour les potentiels en question et les organes qui recrutent. Ce plan Marshall de l’emploi des jeunes en Europe devra effectuer une véritable révolution pour tous les jeunes en Europe. La démarche devra s’appliquer sur le long terme à tous les jeunes européens aux conditions très différentes mais aux attentes similaires.

Pour un marché européen de l’emploi

“Il faut enrichir la croissance en emploi, et non attendre que la croissance crée de l’emploi”

Bernard Gomel, chercheur en évaluation des politiques publiques de l’emploi au CEE

Près de 500 000 entreprises en France, des PME en particulier, cherchent des repreneurs mais ne trouvent pas de candidats faute de formations adaptées. Or 98% des entreprises sont des PME. Ce sont ces structures qu’il faudrait aider en réduisant notamment les lourdeurs administratives et les cotisations sociales qui les étouffent. Il faut également assurer une stabilité fiscale et juridique aux entreprises pour leur permettre de se développer sereinement.

Un marché européen de l’Emploi permettrait également de maximiser les chances de trouver le bon candidat pour l’entreprise en manque de ressources, ou le poste le plus adapté pour le chercheur d’emploi.

Il faut réformer la scolarité française

Développer l’apprentissage en France est une nécessité, ainsi que réformer le système d’orientation scolaire et universitaire, pour former des jeunes dans les filières où l’on a besoin de monde, et pas seulement en fonction de leur affinités et de celles des enseignants. Tant de jeunes surqualifiés pour rien, de gens à qui on donne l’illusion que leur diplôme les protègera du chômage, et qui se font plaisir avec telles ou telles études qui ne débouchent sur rien…quel gâchis ! Mais les entrepreneurs doivent aussi jouer le jeu, et accepter d’assumer un rôle essentiel dans la formation des jeunes, et de les payer correctement ensuite. C’est dans leur intérêt de contribuer à assurer la relève. L’école a bien sûr pour vocation de former des têtes « bien faites », mais les employeurs ne doivent pas en attendre non plus du « prêt à embaucher » immédiatement adapté à leur entreprise.

La France est en outre très mauvaise dans l’enseignement des langues. Les cours au collège et au lycée ne sont pas assez dynamiques et participatifs. Or pour s’intégrer dans le monde actuel, il est important pour les citoyens de bien connaitre les langues et au moins l’anglais. L’Université française reste aussi assez décevante à ce niveau. Le soit disant « élitisme » à la française reste trop la règle. La France prétend sélectionner une élite solide et incontestable sur la base de notions de mathématiques et de français. Des savoirs qui sont de moins en moins maîtrisés. L’élève se retrouve dans l’obligation d’apprendre et de toujours apprendre, et au final il n’apprend plus. Il tente de retenir le temps d’une interrogation les éléments nécessaires puis il les oublie, lorsqu’il ne triche pas. La triche dans les études et notamment à l’Université est très mal contrôlée. Il reste en outre en France trop d’arbitraire dans les notations au sein de l’Université, son autorité est de plus en plus remise en cause. Il est certain que des jeunes intelligents réussissent dans les études mais ils n’expriment souvent qu’une forme d’intelligence réduite à un secteur bien spécifique qui n’exploite pas assez d’autres dimensions de l’intelligence.

En réalité, une élite se forme notamment dans le monde mais cette élite contrairement aux idées reçues n’est pas bardée de diplômes. Certains membres de cette élite ont tout simplement fait leurs preuves d’une autre manière qu’en passant par un cursus universitaire.

Une redéfinition de l’élite est absolument nécessaire en France. Ceux que nous jugeons comme étant les meilleurs ne le sont pas forcément. Il n’y a d’ailleurs pas de meilleurs, il y a des jeunes qui vont se détacher dans une discipline à un moment donné et il faut faire en sorte que tous les jeunes puissent avoir cette chance de faire leurs preuves.

Vers une éducation européenne

Il s’agit aujourd’hui de renforcer les passerelles entre les peuples afin que les citoyens européens apprennent à se connaître, formant peu à peu une véritable communauté. Il s’agit d’accroître les échanges d’étudiants et les projets accordés aux jeunes, de ne plus rester dans la satisfaction de quelques déclarations de principes mais de les mettre en œuvre, leur donner force. Une cohésion pourra aussi s’accomplir dans le domaine de l’éducation, au-delà des projets de rapprochement évoqués auparavant. L’éducation européenne ainsi fondée devra permettre aux personnalités de se forger et d’évoluer, susciter l’épanouissement des êtres et non exacerber l’esprit de compétition qui a déjà fait tant de mal. Sur la base du livre franco-allemand d’histoire pourrait être créé un livre d’histoire-géographie européen, sans nier la diversité des programmes mais en apportant une vision d’ensemble. Un malaise de la jeunesse s’est développé en Europe.

A force de ne plus porter son regard sur la jeunesse d’une société, on oublie qu’elle est pourtant l’avenir de celle-ci, elle se révolte alors, fait entendre sa voix. L’action des Etats est alors dispersée, les difficultés sont pourtant communes. Des passerelles doivent être établies entre le monde du travail et le système éducatif à un niveau européen. Des programmes existent mais doivent être renforcés. Faisons participer les citoyens et notamment les jeunes européens à ce chantier crucial. À quand un cours de  »civilisation européenne », introduite comme matière d’enseignement obligatoire avec des programmes communs et un enseignant spécialisé originaire d’un autre pays européen ? À quand des échanges obligatoires de plus d’un mois dans des pays partenaires, pas forcément dans le cadre scolaire, mais pouvant très bien prendre la forme d’un service civil européen et permettant d’acquérir, à tout âge, une expérience multiculturelle de terrain ?

Vers Erasmus pour tous ?

La mobilité en Europe est considérée par beaucoup comme une solution adaptée à la crise du chômage des jeunes. Combien de diplômés espagnols et grecs se sont-ils déjà installés en Allemagne depuis deux ans ? Erasmus ce n’est que 1% des étudiants. Erasmus pour tous devrait permettre aux étudiants comme aux apprentis de vivre quelque mois dans un autre pays européen. C’est indéniablement un plus dans le parcours des jeunes, qui en apprennent beaucoup sur eux-mêmes et prennent confiance en leurs capacités. Mais présenter Erasmus comme l’unique solution serait méconnaître le sentiment de ces jeunes émigrés qui pour une grande partie n’ont laissé que par nécessité matérielle leur terre d’attache et leur famille. L’Europe ne souhaiterait pas avoir cette image de broyeuse de vie personnelle. La mobilité ne doit pas être imposée mais doit rester un choix. Tous les étudiants n’ont pas forcément envie de partir à l’étranger, dans d’autres pays pour pouvoir travailler et vivre. Il reste un attachement à la terre natale. Ainsi nous devons permettre aux étudiants qui le souhaitent de pouvoir se construire une expérience internationale en mettant en place les cursus nécessaires.

La France aussi doit s’ouvrir sur le monde et mettre en place des formations adaptées. Quand un pays a un tel rôle moteur dans l’Union européenne, il est important qu’il mette en place un système permettant à ses citoyens de s’intégrer dans cette construction fédérant de nombreux pays. La France doit faire attention et rester compétitive et donc attractive notamment pour des jeunes venant de l’étranger pour étudier. Nous devons capter les jeunesses étrangères et nous devons savoir garder la notre. Les jeunes en France ne doivent pas non plus se sentir obligés de quitter leur pays pour réussir leur vie. Etre obligé de quitter sa terre natale pour trouver un emploi et des moyens est une étape dure à éviter, surtout que la France a largement les moyens de redresser la situation. Mais il faut qu’elle s’y mette.

Encourager le bénévolat

Il faudrait encourager les demandeurs d’emploi à s’investir dans le bénévolat. Une liste d’associations pourrait être donnée aux chercheurs d’emplois, afin qu’ils puissent faire du bénévolat et se sentir utile. On peut aussi favoriser ce bénévolat en proposant de rallonger les indemnisations de chômage s’ils ont une activité de bénévole. L’expérience acquise dans le bénévolat pourra être valorisée lors de la recherche d’un emploi.

L’Europe est confrontée à un grave désintérêt des jeunes pour la science, l’ingénierie et la technologie

L’Europe est confrontée à un grave désintérêt des jeunes pour la science, l’ingénierie et la technologie (SIT), de même que pour la poursuite de carrières dans ces disciplines. À défaut d’un capital humain suffisant en quantité et qualité dans les domaines liés aux SIT, l’économie de la connaissance sera compromise en Europe. Des programmes de formation et des environnements d’apprentissage créatif développés autour de projets spatiaux de pointe intéressent les étudiants et les incitent à poursuivre des carrières dans les SIT, au même titre que la promotion de la compréhension de la science parmi le public.

Les solutions pour la France

Ainsi l’Union européenne peut apporter des solutions pour créer des emplois en France et offrir des débouchés aux jeunes. Relancer l’emploi, cela implique une meilleure mobilité sur le marché du travail, des passerelles entre les formations, une intégration professionnelle anticipée par le développement de l’apprentissage dans toutes les filières, une mobilité entre les secteurs d’activité, lorsque le premier emploi ne répond pas aux attentes. Cela suppose aussi de sécuriser la démission en droit du travail français. En effet, un employé qui démissionne est privé d’allocations chômage, ce qui peut bloquer les jeunes dans un emploi qui ne leur correspond pas forcément.

Enfin, la mobilité territoriale doit être encouragée : au XXIe siècle, cultiver la terre de sa province d’origine ou être employé par la même usine que son père n’est clairement plus la norme. À chacun de prendre sa part de responsabilité personnelle dans la recherche d’un emploi. A l’Europe de faire en sorte que la mobilité soit vécue comme un choix et non comme une contrainte. Mais nous devons aussi savoir voir plus loin. Nous ne devons pas avoir peur de tout remettre à plat. Le système éducatif français doit être entièrement repensé et l’orientation des jeunes doit être réadaptée.

L’orientation en France est aujourd’hui une catastrophe. Les mentalités doivent changer. Il est absolument nécessaire de ne pas cloisonner les étudiants en fonction de leurs diplômes.

À défaut, on restera bloqués dans un cercle vicieux où l’étudiant choisit une formation très spécialisée pour pouvoir prétendre à un certain type d’emploi, et se trouve sans solution quand le secteur n’embauche pas. Au Royaume-Uni, des diplômés en Histoire peuvent travailler dans le secteur de la finance, pourvu qu’ils aient démontré les capacités d’adaptation nécessaires. D’autre part, il faut aussi que les parents et les professeurs soient à l’écoute des plus jeunes pour leur permettre de trouver la voie dans laquelle ils s’épanouiront, au lieu de leur imposer le schéma classique d’une formation généraliste après-bac.

Vers une économie durable

Une économie forte et durable ne peut être fondée que sur la consommation intérieure. Et celle-ci ne peut pas jouer son rôle si les populations, et en particulier les plus modestes, sont sans cesse contraintes financièrement. Car moins d’implication de l’État et des collectivités publiques, c’est moins de redistribution, donc plus d’épargne, de spéculation…, et moins de consommation. Mais cela ne devrait pas empêcher de réduire certaines dépenses, et de continuer de décentraliser !

Il ne faut pas avoir peur de redéfinir les missions de l’Etat et des collectivités locales pour gagner en efficacité et permettre que l’argent aille là où il est vraiment nécessaire. Cela permettra de réduire la dépense publique sans pour autant contraindre les peuples. Ce dont on n’a besoin n’est pas d’une « rigueur » au sens de « serrer les cordons de la bourse », mais au sens de « gérer de manière rationnelle, en sachant quelle structure fait quoi, comment et pourquoi ». Une économie durable ne peut être basée que sur la consommation et sur le travail réel. Pas de valeur ajoutée créée sans travail, qu’il soit manuel ou intellectuel. Beaucoup de gens, dans un certain nombre de milieux aisés, semblent l’avoir oublié…

Il est urgent de sortir de l’économie de casino, et de simplifier radicalement la fiscalité, dont la complexité actuelle ne bénéficie qu’à des gens et entreprises suffisamment riches pour pouvoir se payer des conseillers spécialisés. La question que doivent se poser les européens est comment concilier l’économie et développement durable car trop souvent les économies dites vertes sont considérées comme une lubie d’écolo bobo ! L’Europe doit montrer au monde qu’un modèle économique plus responsable envers notre planète et des générations futures est possible et surtout nécessaire. Pour cela, elle doit fixer un cap, un calendrier et des règles strictes. Il ne faut pas pénaliser les entreprises d’Europe qui joueraient le jeu vis à vis de leurs concurrents extra-communautaires, c’est pourquoi une taxation des produits importés ne respectant pas ces critères doit être mise en place.

L’Alsace : une région européenne

«S’il doit y avoir une prochaine étape, cela ne sera pas avant les élections de 2021. Tous ceux qui ont voulu retarder le processus de fusion ont gagné. C’est un gâchis»

Philippe Richert, Président du Conseil Régional d’Alsace à propos du référendum portant sur la Collectivité Territoriale d’Alsace

L’Alsace est une région désormais française. Cette contrée s’est retrouvée au centre des conflits européens. Au début du XXème siècle, elle fut disputée entre la France et l’Allemagne, prise en étau dans des guerres sanglantes. L’Europe est un projet de paix.

Que l’Alsace soit devenue la Région qui loge le Parlement Européen est la manifestation forte de l’ambition pacifique de l’Union européenne. L’Alsace est une Région clairement européenne car elle est à la frontière de trois pays : la France, l’Allemagne et la Suisse. L’Alsace est une Région tournée vers l’avenir et l’innovation, elle est en bonne position pour expérimenter de nouveaux projets. Pour expérimenter des réformes sur la formation (langues…), l’emploi et les mouvements des travailleurs, nous pouvons faire de l’Alsace un laboratoire de ces mesures.

L’Alsace compte de nombreux acteurs locaux innovants en mesure de travailler des projets novateurs pour leur Région, pouvant être effectués à plus grand échelle ou dans des Régions similaires. L’Alsace peut devenir un pôle frontalier, au cœur de flux de toutes nationalités cherchant des formations ouvertes sur les langues, des emplois sur un marché du travail dynamisé, un enrichissement culturel ou des idées nouvelles afin de s’en inspirer. En termes de mobilité, l’Alsace est un secteur idéal pour expérimenter différentes possibilités. Strasbourg est évidemment une ville qui reste au cœur de ce schéma régional, qui doit aussi veiller à l’équilibre des territoires. Dans ce contexte, il semble aussi nécessaire de réformer les Collectivités Territoriales en France.

Une Collectivité Territoriale d’Alsace reste un objectif important malgré le chaos du référendum « régional » qui a porté sur ce thème en 2013. Une refonte du système éducatif alsacien entre l’Université de Strasbourg et l’Université de Haute-Alsace est en cours et mériterait d’être approfondie.

Sauver l’Euro

« L’euro, c’est une grande réussite et c’est ce qui irrite. »

Valéry Giscard d’Estaing

La solidarité est indispensable

L’Euro a, jusqu’à aujourd’hui, considérablement contribué au bien-être des Français : nous sommes protégés contre la trop forte augmentation de notre facture énergétique, nos entreprises disposent de débouchés plus grands et peuvent donc créer plus d’emplois. Mais surtout, la monnaie unique a posé les bases d’une Europe politique. L’Euro est ainsi l’une des grandes avancées de la construction européenne. L’euro, pourtant essentiel à notre réussite économique, réveille les réticences. Les opposants à l’Union européenne aiment rappeler le « Non » français de 2005 mais se gardent d’évoquer le « Oui » français de 1992 qui validait le Traité de Maastricht et donc la création d’une monnaie européenne : l’euro. En France, l’euro a été un choix effectué démocratiquement par les citoyens lors d’un référendum. Cette orientation démocratique ne peut pas être remise en cause ou arrêtée du jour au lendemain. Si les opposants à l’Union européenne fanfaronnent avec le « Non » de 2005, ils doivent en toute cohérence assumer le « Oui » français de 1992, au lieu d’attaquer l’euro. La monnaie unique doit au contraire être protégée. Il y a actuellement une crise européenne de la zone Euro. Il faut sauver l’Euro. Dans ce sauvetage, la solidarité est indispensable.

Déficits américains et zone euro

La situation de l’économie américaine est préoccupante. Les américains vivent à crédit, financés par le reste du monde et exportent de cette manière leur crise. La crise américaine est causée par des déficits commerciaux considérables, un endettement (public et privé) élevé et une absence d’épargne. Afin d’y remédier, les américains doivent augmenter les impôts. Aux Etats-Unis les Taux de prélèvement obligatoire sont de 25%, ce montant est trop faible. En Europe ces Taux de prélèvement sont de 40% et en France de 46%. Mais les réformes nécessaires sont bloquées aux Etats-Unis pour des considérations politiques, une minorité qui profite du système empêche tout changement.

L’Europe est beaucoup moins endettée que l’Amérique, mais doit affronter une crise de la monnaie unique. Plusieurs disfonctionnements peuvent être observés. Il semble maladroit d’avoir une seule politique d’intérêt pour 17 Etats souverains. Il semble hasardeux d’avoir un système de parité fixe alors que dans le reste du monde on applique une parité variable. Enfin il est sidérant d’opérer une surévaluation de l’Euro alors qu’il y a une guerre financière de dévaluation des monnaies.

Pour sauver la monnaie unique, une solidarité forte est vitale. L’Allemagne doit apprendre à être à l’écoute des problèmes de ses voisins, elle doit apprendre à être solidaire. Il est primordial de se dégager de la dictature des marchés pour retrouver la volonté d’intervenir ensemble, dans la solidarité.

La zone Euro n’a pas de structure

La zone euro reste dans une situation anormale car elle n’a pas de structure. Elle se contente de l’existence de l’Eurogroupe et de la réunion des ministres des Finances. Elle n’a pas de secrétaire général. Si bien que lorsque les réunions sont terminées, il n’y a personne pour expliquer les décisions prises. Cette situation institutionnelle est pénalisante. Les dirigeants devraient se rassembler régulièrement dans une atmosphère de travail. L’Euro a devancé l’Europe politique et se retrouve en tête de pont de la construction européenne. Une Europe politique plus structurée pourrait être construite afin d’intégrer une gestion de la zone euro qui ce serait solidifiée.

« La politique au sens historique du terme, c’est la définition d’un objectif, et ceci à moyen ou long terme. Or actuellement, la zone euro vit au jour le jour. »

Valéry Giscard d’Estaing

Même monnaie, même équilibre budgétaire et même montant d’impôt

L’Union européenne représente le plus grand marché mondial et possède la deuxième monnaie du monde. Elle doit se donner les moyens de figurer parmi les grandes puissances économiques du XXIe siècle. Valéry Giscard d’Estaing, qui a initié le système monétaire européen (SME), s’est prononcé très justement pour une « gestion fédérale des compétences attribuées à l’Union ». En effet, la compétence monétaire et la compétence budgétaire sont en train de voir le jour. Mais la compétence fiscale reste à faire. La fiscalité française est devenue trop obscure et inabordable. L’harmonisation fiscale est une priorité. On pourrait écarter les impôts sur le revenu des personnes et s’attacher aux impôts sur les transactions financières, sur les entreprises et sur le patrimoine. Une telle réforme fiscale ouvrirait des perspectives de stabilité pour la zone euro en permettant à ses membres d’avoir la même monnaie, le même équilibre budgétaire et le même montant d’impôt. Cette convergence ne peut se mettre en place qu’avec une volonté de solidarité. La solidarité fiscale est une priorité.

Réduire la spéculation

Les gouvernements occidentaux se perdent dans l’immobilisme. Ils n’entament pas les réformes nécessaires dans notre système fiscal. Une priorité se dégage pour combattre les dérives de la finance : Réduire la spéculation. A cette fin des mesures déterminées et précises peuvent être engagées comme interdire les activités spéculatives, réformer le système de distribution de crédit et encadrer voire interdire les activités des paradis fiscaux. Les Marchés d’actions doivent être plus encadrés. Les Marchés de matière première doivent être solidement réglementés. La bulle spéculative doit être traitée. Certains observateurs estiment qu’en 2 ans, ces mesures pourraient être prises.

L’identité européenne

Qu’est-ce que la culture européenne ?

Dans la culture européenne, il y a une part de culture commune. Quelques institutions, références, surtout beaucoup d’habitudes, de modes de vie communs, qui nous différencient des autres régions du monde. Mais quand on parle de culture au sens de « production culturelle » (littéraire, cinématographique, théâtrale…), on reste souvent bloqué aux frontières nationales. Bien sûr, en Alsace, on franchit assez facilement le Rhin (ou le Jura) pour aller voir un spectacle ou un concert, mais peu d’Européens, en dehors de quelques élites, peuvent ou ont envie de faire cette démarche, souvent à cause des langues.

Vers une langue commune ?

L’émergence d’une langue commune (et surtout pas unique, c’est-à-dire une langue qui fasse un pont entre les cultures tout en respectant les langages déjà maniés) pour l’Europe pourrait être une solution. Que ce soit le français, l’italien, le néerlandais, ou une langue neutre et qui a fait ses preuves comme l’espéranto, peu importe finalement ! Mais il faut sortir de l’imbroglio actuel, qui coûte cher et favorise en fait toujours un anglais bâtard mondialisé (le « globish »), qui n’a d’européen que l’origine. En se mettant enfin d’accord sur une langue qui serait massivement enseignée, on pourrait sur-titrer les spectacles, sous-titrer le cinéma et la télévision, les menus des restaurants… de sorte qu’on se sentirait presque chez soi dans tous les pays d’Europe !

L’exemple de l’Espéranto

L’espéranto est une langue construite conçue à la fin du XIXe siècle par Ludwik Lejzer Zamenhof dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues différentes. Zamenhof publia son projet en 1887 sous le nom de Lingvo Internacia (Langue Internationale), sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto (Docteur qui espère), d’où le nom sous lequel la langue s’est popularisée par la suite. Fondé sur une grammaire régulière (sans exception), l’espéranto est une langue globalement agglutinante où les mots se forment à partir d’un nombre limité de racines lexicales et d’affixes. Ces particularités facilitent son apprentissage. L’espéranto est la seule langue construite qui a dépassé le stade de projet pour devenir une langue vivante, avec des locuteurs actifs répartis dans la plupart des pays du monde.

Il s’agit d’une langue unique, inventée de toute pièce et dont l’Histoire a commencé. Elle sera peut-être appelée à évoluer, à se modifier. Il est indéniable qu’elle offre une richesse langagière nouvelle qui peut être exploitée. Il s’agit d’une langue-plateforme pouvant relier différents langages et différentes cultures. L’espéranto est une alternative intéressante à l’anglais. L’anglais est une langue issue d’une culture et d’un pays. L’anglais créé évidemment des liens entre différentes cultures, entre différents interlocuteurs mais la culture anglo-saxonne tend à devenir dominante et à éclipser les variantes culturelles pour homogénéiser les populations.

L’espéranto est construit à partir de plusieurs cultures et permet de présenter et de préserver la diversité culturelle des populations qui ont inspiré ce langage. On pourrait parler d’un vrai langage universel. Ce langage ne fait pas disparaitre les langues propres de chaque pays qu’il est nécessaire de connaitre pour apprendre l’espéranto. Au contraire, il s’agit aussi d’un moyen de les préserver.

Améliorer la circulation des idées et des contenus

Il faut améliorer la circulation des idées et des contenus, tant à l’intérieur de l’Europe qu’à l’export. Il est lamentable que plus de 50 ans après le Traité de Rome, les Français ne connaissent presque rien de la culture allemande, voire italienne, espagnole… et vice-versa, alors que nos journaux « people », nos écrans, nos festivals… débordent de culture anglo-saxonne. Les pays européens, et notamment la France, produisent beaucoup, mais comme d’habitude, chacun dans son coin, sans même s’imaginer que cela pourrait intéresser les pays voisins. Résultat, grâce à leur esprit plus conquérant (et à l’anglophilie de nos élites culturelles), c’est presque toujours nos amis anglo-saxons qui s’imposent. Un exemple : pourquoi, quand on cherche des photos encadrées dans un magasin de déco, où qu’on soit en Europe, ne trouve-t-on pratiquement que des posters de New York, alors qu’on a plein de villes européennes largement aussi belles ? C’est comme le cinéma. On a du mal à sortir du « prêt à admirer » d’outre Atlantique… La France et l’Europe n’ont pas vocation à être une « exception culturelle », mais un des « phares » du monde, au moins au même niveau que les États-Unis ! C’est en étant forts et sûrs de nous que nous n’aurons plus besoin de nous protéger.

Pour un cinéma européen

Il faut favoriser l’émergence des productions audiovisuelles européennes, et soutenir leur export. Dans cette optique, aux côtés de nations un peu plus « timides » sur ce plan, la France a bien sûr un rôle moteur à jouer. Mais chacun doit pouvoir faire un pas vers les autres. Un des problèmes reste la langue… Difficile de tourner dans 4 ou 5 langues différentes… mais ça s’est déjà fait, et ça fonctionne. Alors que le cinéma américain s’est imposé dans le monde et comporte des artistes de grande renommée, il apparait important d’offrir les mêmes possibilités d’évolution aux artistes européens sans qu’ils soient obligés de passer par une carrière américaine. Des partenariats avec les Etats-Unis sont possibles et souhaitables, mais les artistes européens doivent pouvoir s’exprimer au sein d’une industrie propre et solide.

L’émergence d’un cinéma européen qui fasse le lien entre les cinémas de différents pays semble être une évolution importante. Il s’agit encore une fois de donner des moyens à des artistes européens de qualité de manière à leur permettre de lancer des projets forts qui peuvent atteindre une renommée mondiale. Il s’agit par ce billet d’accroitre la diffusion de films de toutes nationalités européennes. Si un réalisateur espagnol par exemple fait un très beau film sur l’Espagne dans le cadre d’une industrie cinématographique européenne, alors l’art cinématographique espagnol sera gagnant. Mais si un réalisateur européen a envie aussi de faire un film étendu à de nombreux pays européens et dépassant le cadre de son pays propre, le projet pourra aussi s’effectuer dans de bonnes conditions.

L’art ne se réduit pas à une nationalité, il a une vocation universelle. Avec une industrie cinématographique européenne affirmée, nous pourrons pousser des œuvres européennes pour atteindre cette portée universelle. Le cinéma peut être un marché très porteur et peut être un moteur de création d’emplois, de croissance et d’extension d’influence. Face à la culture américaine, nous devons poser notre modèle culturel et ce modèle passe par le cinéma.

En outre, il n’y a pas que le cinéma, mais aussi les téléfilms, les séries, les documentaires… et les débats politiques, voire les émissions d’humour ! Est-il vraiment impossible d’avoir un programme fédérateur comme « Les Guignols de l’info » à l’échelle européenne ? Ce genre d’émission sensibilise souvent bien davantage les gens à la politique et à ce qui se passe dans le monde, que des émissions « sérieuses »… même sous un angle caricatural, c’est mieux que rien

Strasbourg, capitale européenne ?

« Le débat sur la localisation du siège du Parlement Européen ressurgit en effet, de façon épisodique. Pourtant, cette situation renvoie à des références historiques ainsi qu’à des textes juridiques qui ne sauraient être remis en cause par des attaques bien souvent erronées sur les coûts ou les dommages de la dispersion des locaux du Parlement Européen. La question de Strasbourg ou de Bruxelles ne se pose pas puisque selon les Traités qui fondent historiquement notre Union Européenne, Strasbourg est la règle et Bruxelles l’exception. Et si évidemment, je suis favorable à un siège unique du Parlement Européen, je souhaite que ce siège unique soit bien sûr Strasbourg. Au delà, plus qu’une ville siège, Strasbourg incarne l’idée européenne. »

Nathalie Griesbeck, Députée européenne

Pour une image plus claire des institutions européennes, il est important que l’Union européenne ait un lieu symbolique fort comme une capitale. Actuellement ce rôle de capitale est disputé entre Bruxelles et Strasbourg. Strasbourg est la cité où se situe le siège du Parlement Européen. L’établissement su Siège a été fixé par les Traités et est aujourd’hui remis en question. Strasbourg doit impérativement se ressaisir pour préserver son rôle européen et le consolider.

Strasbourg a une vocation, celle de devenir demain la véritable capitale parlementaire d’une Union Européenne, dont le renforcement apparaît chaque jour plus nécessaire. Car si aujourd’hui cette cité française est bien le siège formel du parlement, son secrétariat reste à Luxembourg, et surtout l’essentiel de ses services se sont au fil des années développés et étoffés sur Bruxelles avec près de 6000 agents. De facto, seules les séances plénières se déroulent à Strasbourg. Les polémiques récurrentes sur le coût du siège sont fondées, mais leurs initiateurs feignent trop d’ignorer que la solution la plus simple, pour remédier aux déplacements incessants des 750 parlementaires comme de leurs collaborateurs, demeure le regroupement de toutes les activités et de tous les services sur Strasbourg.

Il ne s’agit pas pour Strasbourg d’accueillir le siège d’une organisation internationale de plus, comme le Conseil de l’Europe ou la Commission Centrale de la Navigation sur le Rhin. L’enjeu est celui d’abriter demain le cœur de la vie démocratique comme du débat public d’une Union au fonctionnement aujourd’hui difficile, mais qui devra évoluer pour se transformer en une vraie fédération multinationale, donc en un regroupement unissant des Etats dans le respect des spécificités, cultures et traditions de chacun. En cela, cette Cité peut prétendre à devenir, si elle en abrite pleinement le parlement, le centre de la vie publique d’une nouvelle communauté, encore en gestation.

Strasbourg ne peut évidemment rester passive face à une telle perspective.

Elle doit sortir de la torpeur pessimiste entretenue par ceux qui acceptent in fine de voir Bruxelles s’imposer comme seule capitale et ne voient donc les sessions plénières du Parlement que comme une monnaie d’échange. Un destin de capitale se forge et se construit dans le temps, ce qui suppose que les Strasbourgeois redeviennent acteurs de l’histoire de leur Cité, qu’ils se saisissent de ce défi. Strasbourg doit devenir un espace légitime d’expression des citoyens alors que Bruxelles incarne l’Europe technocratique.

L’impact économique si Strasbourg arrivait à ce rôle clé serait très favorable. Cette ville bénéficierait de l’arrivée massive de cadres et de responsables politiques européens à fort pouvoir d’achat : développement du commerce, du marché immobilier (pour loger les fonctionnaires européens), de l’hôtellerie (avec un Parlement en place à titre permanent les hôteliers perdraient certes leur clientèle mensuelle bruxelloise mais gagneraient la clientèle de milliers de visiteurs – pour raison de travail ou de tourisme – qui viendrait à Strasbourg à tout moment dans l’année, compensant certainement très largement la perte des premiers), création de nombreux emplois (directs auprès du Parlement et indirects pour les fournisseurs et prestataires de services en tous genres, l’organisation de conférences et séminaires, etc.).

D’ailleurs Strasbourg bénéficie déjà grandement de la présence européenne actuelle notamment en raison de la présence du Conseil de l’Europe (y compris la Cour européenne des Droits de l’Homme), ce qui fait environ 2000 personnes travaillant à Strasbourg et vivant sur place ou dans les environs, du médiateur européen (une centaine de personne) ou encore de la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin (une vingtaine de personnes).

L’Europe citoyenne

L’initiative citoyenne européenne (ICE) est une innovation du traité de Lisbonne donnant un droit d’initiative politique à un rassemblement d’au moins un million de citoyens de l’Union européenne, venant d’au moins un quart des pays membres. La Commission européenne peut ainsi être amenée à rédiger de nouvelles lois dans les domaines relevant des ses attributions, mais n’y est pas forcée. Le règlement relatif à l’ICE est applicable depuis le 1er avril 2012.

L’initiative citoyenne est aujourd’hui freinée, aussi bien par les institutions européennes que par les États membres. Les institutions européennes font preuve d’un manque de volonté politique à l’égard de l’initiative citoyenne, comme les problèmes techniques de collecte des signatures en ligne, résolus avec retard, l’exposent. Rappelons qu’il fallut l’intervention de députés européens pour que la Commission mette en œuvre une solution d’hébergement sur ses serveurs pour les premières initiatives citoyennes : laisser peser sur ces dernières ce coût de plusieurs dizaines de milliers d’euros revenait à fonder la démocratie sur les moyens financiers de certains, ce qui est inconcevable. Les premières initiatives citoyennes n’ont pas permis de contribuer à créer un véritable espace public européen : leurs défenseurs risquent de s’exprimer dans le vide.

La mainmise que les gouvernements nationaux conservent sur les initiatives citoyennes ne joue pas non plus dans le bon sens. La procédure, longue et complexe, reste maîtrisée par les États membres : c’est au niveau national que les signatures récoltées sont contrôlées, avant que la Commission ne se prononce sur le fond de l’initiative citoyenne.

Il n’y a pas d’harmonisation européenne de la procédure : les exigences d’authentification ne sont pas les mêmes d’un État membre à l’autre, tout comme les conditions d’accès à la signature (être majeur, soit 16 ans en Autriche contre 18 ans ailleurs). Plus grave : certains Européens ne peuvent tout simplement pas soutenir une initiative. Un Irlandais, un Britannique ou un Néerlandais ne peut ainsi pas signer s’il réside à l’étranger ; certains États comme l’Italie ou l’Espagne refusent le droit de signer dans leur pays aux citoyens européens issus d’un autre État membre. L’Union européenne est une union de peuples, héritière de constructions politiques, de traditions nationales parfois différentes. Il est regrettable que de tels obstacles limitent la capacité des initiatives citoyennes à promouvoir la participation politique des citoyens au débat européen dans un espace politique commun.

Une Europe politique dans les mains des citoyens

L’initiative citoyenne doit servir comme véritable outil de création d’un espace public européen. Une harmonisation des procédures et critères en vigueur au niveau national en est une première étape, importante : dans une Union européenne accordant les mêmes droits et les mêmes devoirs à l’ensemble de ses citoyens, ces mêmes citoyens doivent avoir les mêmes possibilités de contribuer à cet outil de démocratie participative. Les outils de démocratie participative européenne que sont la pétition ou l’initiative citoyenne doivent être mieux reconnus et plus visibles dans les États membres et à l’échelle européenne, dans les lieux de démocratie notamment locale, dans la presse. Les initiatives citoyennes à elles seules ne créeront pas un espace public européen, mais nous avons besoin d’un ensemble d’outils de démocratie participative.

Les Français ont bien souvent, à tort ou à raison, le sentiment que la prise de décision européenne leur échappe, que les représentants élus pour exercer le pouvoir politique sont obligés de le faire hors de France pour réussir. L’initiative citoyenne doit offrir aux citoyens la possibilité d’exprimer leurs attentes, notamment en temps de crise économique prolongée et d’exercer leur souveraineté. La démocratie européenne est possible et souhaitable : il s’agit d’une question de volonté politique pour assumer notre avenir commun. Ce ne sont pas les Français ou les Allemands seuls qui décident des politiques européennes, mais les citoyens de l’Union qui expriment collectivement leur voix et leurs attentes. Les décisions européennes, et plus généralement les décisions politiques, qui ont un impact sur la vie et le bien-être des citoyens, ne doivent pas être prises “hors-sol”.

L’Europe démocratique

“L’Europe n’est pas efficace, n’est pas adaptée. L’Europe n’est pas aux côtés des peuples qui la fondent. Il faut dessiner une Europe plus démocratique et plus efficace, au service des européens”

Marielle De Sarnez, Députée européenne

L’Europe reste désincarnée et distante. Herman Van Rompuy (président du Conseil européen) et Catherine Ashton (haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité) sont inexistants. L’Union européenne n’a pas de représentants forts. La démocratie européenne est sans visage. Une Europe sans visage est une Europe qui ne peut exprimer une volonté et une unité. L’Europe a besoin d’être visible et elle a besoin de retrouver l’adhésion des citoyens.

Des institutions plus lisibles

Une démocratie européenne plus proche des citoyens n’est possible que si les citoyens peuvent s’identifier à l’Europe. Pour cela, il faut que celle-ci soit lisible pour eux. Quel citoyen peut aujourd’hui expliquer comment fonctionnent les institutions européennes ? C’est quasiment impossible si nous ne sommes pas initiés. L’Europe est lointaine et semble apporter plus de contraintes que de solutions aujourd’hui, en partie parce que les citoyens mesurent mal les rôles des institutions et ont envoyé des eurosceptiques au parlement ! Il faudrait rendre l’Europe plus démocratique, plus proche des citoyens et participative. Il faut redonner sa place à l’élu qui assume ses choix et rend des comptes au citoyen.

L’exemple suisse

Il faudrait d’abord que le Parlement joue son rôle pleinement et que la Commission devienne un vrai gouvernement, avec des compétences plus simples et plus lisibles. Nous pouvons nous inspirer des États fédéraux comme les États-Unis, le Canada, l’Allemagne, la Suisse… chacun peut nous apporter quelque chose. La Suisse est une sorte de mini Europe au cœur du continent, avec son multilinguisme, ses deux principaux cultes, une immigration importante (un résident sur 5 est étranger)…et ses questions de répartition des pouvoirs entre cantons et fédération. En revanche, elle est radicalement plus démocratique et proche des citoyens que l’Europe… Et pourtant, elle n’élit pas son président au suffrage universel, bien au contraire.

Un référendum européen

Une véritable démocratie transnationale pourrait être instaurée. A chaque grande réforme européenne pourrait être effectué un référendum européen c’est à dire une consultation s’adressant à tous les européens dans le même temps. La possibilité d’effectuer un référendum d’initiative populaire à l’échelle européenne deviendrait une habitude, encourageant la constitution de collectifs de citoyens européens. Dans cet esprit, la société civile doit pouvoir accéder au statut légal d’association européenne.

Un Président de l’Union européenne

Il est souhaitable que les rôles de président de la Commission européenne et de président du Conseil européen soient fusionnés pour plus de clarté. Cette fusion des postes aboutirait à l’instauration d’un président de l’Union européenne, élu directement par les citoyens. Les élections européennes pourraient dans ce contexte se dérouler dans tous les États membres avec des partis politiques paneuropéens. Les élections concernant l’Europe cesseraient ainsi d’être l’instrument d’intérêts politiques nationaux. Avec ce projet, nous nous dirigeons clairement vers une Europe politique.

Une Constitution européenne

« C’est une bonne idée d’avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui. »

Valéry Giscard d’Estaing – Prix de l’humour politique – 2005, au sujet de la Constitution européenne

La diversité des pays de l’Union européenne est telle qu’une Constitution sera nécessaire pour poser les bases d’une démocratie européenne aboutie. Une Constitution coutumière à l’image de celle mise en place en Angleterre est impensable pour un tel ensemble. Le projet de Constitution pour l’Europe a été initié par Valéry Giscard d’Estaing. Une première Constitution européenne a été proposée par référendum, mais elle a été rejetée par les électeurs français et néerlandais lors des référendums du 29 mai et du 1er juin 2005. Le Traité de Lisbonne dit « Traité modificatif » a intégré les réformes du projet de Constitution mais a retiré toute référence constitutionnelle. Toute la partie institutionnelle est identique, au mot près. Mais il est difficile de parler de traité simplifié, tant il est devenu illisible. En outre ce Traité a eu une importance psychologique pour les Européens. Ils avaient souvent l’impression que l’Europe se faisait sans eux, ou malgré eux. Cela a conforté cette impression.

L’Union européenne n’est donc pas actuellement dotée d’une Constitution c’est-à-dire d’un texte légitime et fort fixant l’organisation et le fonctionnement de l’Union européenne. Cette situation est aberrante. La démocratie européenne aussi imparfaite soit-elle, doit bien être légiférée par un document identifié. On pourrait même imaginer un nouveau projet de Constitution refondant la démocratie européenne et comportant d’importantes évolutions. Cela nécessiterait évidemment un référendum. Et pourquoi pas justement un vrai référendum européen ?

Une grande partie de ceux qui ont voté « non » lors du référendum en France ne se sont pas exprimés sur le texte du Traité constitutionnel. Ils ont dit « non » au pouvoir en place qui était impopulaire. Ils ont voté « non » parce qu’ils étaient hostiles à un élargissement trop rapide (notamment à la Turquie), et ou parce qu’ils avaient peur des délocalisations. Nous devrons clairement rompre avec la logique du mélange des enjeux européens et nationaux ainsi qu’avec l’élargissement excessif. Nous devrons aussi présenter l’Europe comme un bouclier économique. Ce travail passe par tous les changements déjà évoqués. Le projet de Constitution pourrait entériner une importante évolution démocratique.

La Défense européenne

« L’Union Européenne, c’est 27 pays, on parle même de 28. C’est un «machin», comme disait Charles de Gaulle, ça devient ingouvernable. Tout le monde s’en rend compte, on essaie malgré tout de gérer cette arche de Noé, mais c’est très difficile d’obtenir un consensus ou même une décision.

D’autant plus dans le domaine opérationnel, où l’on risque des clashs d’intérêts stratégiques entre pays. Je prends l’exemple du Mali, c’est une zone importante pour la France. Pour la Belgique, absolument pas. On est pourtant intervenu en appui de l’opération Serval, car notre ministre, à juste titre, a voulu faire un geste. Mais l’intérêt purement belge au Mali est inexistant. Et l’inverse au Congo. On peut imaginer que la Belgique a des intérêts très importants là-bas, alors que l’Allemagne n’en a aucun, si ce n’est économique. Et encore, il est très limité. »

Le général Guy Buchsenschmidt, chef de l’état-major du corps européen

Alors que le budget militaire chinois augmente de 19 % par an et que les États-Unis ont une armée dotée de moyens onze fois supérieurs à ceux de la France, les pays de l’Union européenne se retrouvent confrontés à la question cruciale de la défense. L’Union européenne a la volonté d’exister sur la scène internationale. Mais pour exister, l’Europe doit être réellement indépendante, elle se doit donc d’avoir une défense indépendante. Elle serait alors maîtresse de ses forces, qu’elle pourrait employer selon sa seule volonté. En termes de budget, la défense européenne ne coûterait pas plus cher pour les Etats membres que ce que leur coûte actuellement leur défense nationale. Au contraire une véritable défense européenne pourrait permettre de mutualiser les moyens et de réduire les dépenses pour les Etats membres. La France est le pays de l’Union européenne le plus actif militairement, mais ses interventions diplomatiques et militaires ont toujours besoin d’un consensus européen ou d’une aide politique européenne. En outre, les actions françaises bénéficient souvent à la sécurité de tous les Européens.

Née à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, l’OTAN avait pour mission première de contenir toute expansion du bloc soviétique notamment en Europe. Fortement marquée par la prédominance des Etats-Unis, l’alliance a rempli son rôle en évitant tout dérapage majeur au cours du demi-siècle passé. En élargissant son champ d’action et la zone géographique de ses interventions, en reconnaissant le statut particulier de l’ONU, elle est devenue la source d’interrogations nombreuses allant jusqu’à remettre en cause son existence. Le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN a été un reniement de l’action gaullienne et n’a apporté aucun avantage décisif tout en rendant la position française confuse alors que la France pouvait être leader dans le domaine de la défense en Europe. L’Union européenne doit se saisir de la question de la défense. Des avancées ont été effectuées durant ces dernières années mais trop d’intérêts nationaux subsistent et surtout il n’existe aucune autorité politique supranationale effectivement compétente. Afin d’aboutir à la constitution d’une armée européenne, les Européens devront choisir une orientation claire afin d’assumer un rôle autonome dans l’équilibre mondial et de conserver leur identité en se dotant des moyens indispensables. L’armement nucléaire et la liberté de choix dans sa mise en œuvre mériteront une étude approfondie tant les situations et les intérêts sont divers.

Associons les citoyens européens à cette réflexion et ayons le courage de prendre notre sort en main. Nous pourrions apporter un modèle original avec des armées nationales à l’intérieur de l’Europe, spécialisées dans la défense du territoire (comme en Suisse, par exemple), et une armée européenne qui soit elle spécialisée dans la projection à l’extérieur. Cela se rapproche du fonctionnement actuel, mais encore une fois, sous l’égide des États-Unis, via l’OTAN. Les Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale revendiquent la direction des opérations d’intervention dans le reste du monde. Ce monopole des interventions sur le globe nuit aujourd’hui à l’image des Etats-Unis. Ce pays a des allures de cow-boy qui souhaite faire justice dans le monde. Les Etats-Unis et l’Union européenne partagent des valeurs communes mais l’identité européenne est très différente de l’identité américaine. L’Union européenne devrait pouvoir intervenir à la tête de ses opérations quand elle le juge nécessaire.

Les opérations américaines ne sont pas toujours opportunes (Irak…) et font endosser aux Etats-Unis une image de superpuissance incontrôlable qui agit arbitrairement au gré de ses élans guerriers. A l’inverse, l’Union européenne apparait comme molle, indécise, bloquée, constamment à la recherche d’un consensus improbable. L’Union européenne doit retrouver une capacité d’action propre, ce qui lui redonnerait la possibilité de lancer des actions et de les garder sous contrôle. L’Europe a les moyens de sa Défense et elle doit être en capacité d’agir en restant fidèle à ses valeurs et en posant sa propre approche des conflits. Cette nécessité d’une Défense européenne affirmée a été soulignée par le Général De Gaulle lors de sa présidence de la France dans les années 60. Charles De Gaulle en affirmant une Défense française indépendante initiait une Défense européenne propre au service de desseins uniquement européens. La France pour De Gaulle était celle qui ouvrait la voie.

La France aujourd’hui connait des difficultés à la fois financières et de recrutement pour son Armée. Elle a besoin d’inscrire sa Défense dans un encadrement européen. Cette construction de la Défense européenne pourrait être pilotée par la France qui a une bonne expérience dans le domaine. Cette question de la Défense est une question d’indépendance. L’Union européenne doit gagner en indépendance. Une Europe forte, c’est une Europe politique solide et une Défense européenne structurée et efficace. La Défense assure aussi des missions humanitaires et a pour objectif d’assurer la protection des citoyens. Il s’agit d’une mission noble. Les Armées ont besoin d’hommes, de technologies et d’équipements. La Défense peut créer des emplois et des richesses, mais pour cela elle doit avoir des moyens et redevenir attractive. Une Défense européenne avec des moyens solides serait bien plus attractive que des Défenses nationales dispersées et en difficulté. Notre Défense a elle aussi besoin d’innovations et de jeunes, elle doit pouvoir être en mesure de répondre à ses besoins. Seule l’Europe le permettra.

Pour la Défense de l’Eurocorps

Dans cette volonté d’une Europe de la Défense, il est important de défendre l’Eurocorps. L’Eurocorps est une initiative franco-allemande à laquelle se sont successivement joints la Belgique (1993), l’Espagne (1994) puis le Luxembourg (1996). Outre les cinq pays membres (« nations-cadre »), qui se partagent toutes les responsabilités, quatre pays sont associés : la Grèce, la Pologne, la Turquie et l’Italie. N’ayant pas de pouvoir décisionnel, ils affectent un nombre limité d’officiers et sous-officiers à l’État-major, à Strasbourg.

C’est l’une des plus puissantes formations militaires basées en Europe. Les Etats-Unis pourraient être introduits au sein de l’Eurocorps. Si les Etats-Unis rejoignaient l’Eurocorps, ce serait en tant que nation associée, donc sans pouvoir de décision. Le projet consisterait à introduire sept Américains dans la structure. Cela permettrait à l’Eurocorps d’avoir des gens parlant vraiment l’anglais, et donc d’améliorer la qualité générale de cette langue à l’Eurocorps. Ce serait également un pied dans la porte de la structure américaine et otanienne. L’Eurocorps est une entité essentielle à la Défense européenne qui doit être maintenue, sans élargissement à des pays supplémentaires en Europe. L’élargissement à la Pologne est le dernier prévu mais le dernier qui doit être effectué. L’Eurocorps est suffisamment multinational. Si on augmente le nombre de candidats à l’accession à l’Eurocorps, on va tomber dans un phénomène de Tour de Babel, et ce n’est pas souhaitable.

L’Europe et l’exploration spatiale

 »En plein milieu du XXe siècle, nous avons pu voir, pour la première fois, notre planète depuis l’espace. Les historiens jugeront peut-être un jour que cette prouesse a davantage révolutionné la pensée que ne l’avait fait, au XVIe siècle, la révolution copernicienne, qui fit pourtant alors beaucoup pour détruire l’image que l’homme se faisait de lui-même, et ce, en prouvant que la Terre n’était pas le centre de l’univers. Depuis l’espace, nous voyons une petite boule toute fragile, dominée non pas par l’activité et les constructions de l’homme, mais par une nébuleuse de nuages, d’océans, de verdure et de sols. »

 »Notre avenir à tous: Rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement », ONU, 1987

Une Union européenne très présente dans l’espace

L’Europe est un acteur clé du secteur spatial. L’Union européenne a déployé des systèmes de communication opérationnels et des systèmes météorologiques, a adopté un ambitieux programme pour la navigation, la synchronisation et le positionnement par satellite (GALILEO). Les communications par satellites, caractérisées par des investissements privés, et plus particulièrement dans les secteurs de la diffusion et des télécommunications, représentent 40 % des revenus actuels du secteur spatial en Europe. Elles font partie intégrante des technologies de l’information et de la communication, telles que celles mises en œuvre, par exemple, dans le programme de modernisation de la gestion du trafic aérien en Europe. L’Union européenne a également lancé la mise en œuvre d’un système pour l’observation de la terre et la surveillance globale (Global Monitoring for the Environment and Security: GMES).

Le programme GMES améliorera les capacités de surveillance et d’évaluation de l’Europe dans le cadre de la politique de l’environnement et contribuera à répondre aux besoins en matière de sécurité. Outre la prise en charge de nombreuses politiques civiles, les systèmes spatiaux peuvent contribuer directement à la politique étrangère et de sécurité commune ainsi qu’à la politique européenne de sécurité et de défense. La stratégie de sécurité de l’UE a souligné que l’Europe était confrontée à des menaces en constante évolution, qui sont plus variées, moins visibles et moins prévisibles. L’approche de l’UE pour la gestion des crises met l’accent sur la synergie entre acteurs civils et militaires. Les besoins en matière de systèmes spatiaux pour la planification et conduite des opérations civiles et militaires de gestion de crises se recoupent. L’économie et la sécurité de l’Europe et de ses citoyens dépendent de plus en plus des capacités spatiales, qui doivent être protégées contre les interruptions.

L’Agence spatiale européenne (ESA), les États membres avec leurs agences spatiales nationales et les centres de recherche nationaux, ainsi que l’industrie, doivent être salués pour avoir fait de l’Europe un acteur clé du secteur spatial.

L’Union européenne, un acteur clé pour le développement futur du secteur spatial en Europe

L’espace est un champ d’action impératif de l’Union élargie, et l’UE est un acteur clé pour le développement futur du secteur spatial en Europe. Les systèmes spatiaux sont des actifs stratégiques attestant l’indépendance et la disposition à assumer des responsabilités mondiales. Conçus initialement comme des projets scientifiques ou de défense, ils fournissent aujourd’hui également des infrastructures commerciales dont dépendent d’importants secteurs de l’économie et qui jouent un rôle dans la vie quotidienne des citoyens. Le secteur spatial est toutefois exposé à des risques technologiques et financiers élevés et requiert des décisions stratégiques en matière d’investissements. L’Europe a besoin d’une politique spatiale efficace, lui permettant d’exercer un leadership mondial dans des domaines d’action spécifiques, dans le respect de ses propres intérêts et valeurs.

En Europe, les activités spatiales ont été développées avec succès pendant 30 ans dans le cadre de l’Agence spatiale européenne (ESA). À une époque où apparaissent de nouvelles puissances affichant des ambitions et capacités élevées en matière spatiale, l’Europe ne peut cependant pas se permettre de faire figure de perdante et de laisser échapper les avantages économiques et stratégiques potentiels de l’espace pour ses citoyens. Elle doit déployer des efforts supplémentaires afin de conserver et d’améliorer sa position concurrentielle mondiale.

L’Europe doit rester un leader des systèmes spatiaux et, par conséquent, un partenaire international incontournable, apportant des contributions de premier ordre aux initiatives mondiales.

Pour une relance scientifique en Europe

Les jeunes en Europe ne se tournent plus vers des études et des carrières scientifiques. Les Sciences ne sont plus assez abordées dans nos sociétés. Il faut que les jeunes soient plus sensibilisés aux sciences en général. Le domaine des Sciences est vital pour notre avenir. Les filières universitaires doivent être moins sélectives et plus tournées vers l’opérationnel. Il convient de réconcilier les citoyens avec les Sciences. Nous avons besoin d’esprits créatifs sachant imaginer de nouveaux procédés. En outre, les règles scientifiques sont en train d’être redéfinies en profondeur. Les Sciences en général et surtout physiques et chimiques vont connaitre une révolution importante de l’avis de nombreux experts. Ce bouleversement devra nous conduire à une nouvelle manière d’aborder les Sciences. Ce secteur est très mouvant. Démocratiser les Sciences et rendre leur enseignement attractif semblent être des priorités importantes pour l’Union européenne.

Une meilleure communication nécessaire

L’Union européenne doit travailler sa communication. La NASA a une très grande notoriété, notamment grâce au grand « coup de pub » de juillet 1969 et les films (on y revient toujours…), mais peu de gens ont entendu parler de l’ESA. Pourtant, Ariane est un succès incontestable, et les spationautes européens sont bien présents dans les programmes internationaux.

Ce qui semble nous manquer également, c’est une langue commune autre que l’anglais (pour se démarquer, notamment dans les fameuses « revues », en ayant enfin des publications paneuropéennes), et plus de confiance en nous pour communiquer. L’Union européenne est engagée dans l’exploration spatiale. Elle doit pouvoir communiquer sur ses actions et son histoire. Cela est valable pour tous les aspects de cette étude, l’Europe a besoin de cohésion et d’unité. Notre aventure spatiale doit être valorisée pour démontrer que cette unité existe dans de nombreux domaines et qu’elle peut être étendue pour renforcer la construction de l’Europe. Comme sur la Défense, nous devons établir notre indépendance et nous affirmer face à la monopolisation américaine. Les européens ont leur histoire, leurs projets et leurs valeurs. L’Europe doit s’affirmer dans les domaines stratégiques et vitaux. Cette affirmation passe par une communication plus soutenue.

Pour une Europe en transformation

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

Antoine Lavoisier, chimiste, philosophe, économiste

Le renouveau européen passe par une démarche créative. La politique est devenue un domaine fermé et stérile où ne prédominent que les ambitions personnelles. Aucune idée originale, aucun projet innovant n’est avancé. On en reste à des effets de communication. La communication des politiques se veut rafraichissante et évoque quelques sujets nouveaux, saisit quelques tendances mais il s’agit d’un travail de forme et non de fond. Bien trop souvent le fond n’est pas au niveau. Alors qu’il faut rénover, le responsable politique va chercher à appliquer ses quelques concepts de campagne avec les mêmes outils et les mêmes façons de penser. On en reste à des petites réformes annoncées pompeusement ce qui créé de la colère chez les citoyens qui veulent un changement et qui souhaitent être écoutées. Nous sommes dans une démocratie des communicants. Les programmes et les idées sont remplacés par des coups de communication, et les citoyens subissent cette communication lourde et envahissante. Un travail citoyen de fond pourrait être opéré. Et c’est bien le sens de la marche du Député Jean Lassalle qui s’est effectuée durant l’année 2013. Ce député français a choisi de parcourir la France durant 8 mois, à pied pour rencontrer les citoyens et les écouter. Cette démarche d’humilité et d’écoute est nécessaire dans notre démocratie.

Nous changeons de monde. Notre société, les Sciences, l’économie sont en plein bouleversement. Tout se transforme. Au sein de cette transformation, les repères de chacun sont bousculés et une incertitude face à l’avenir hante les esprits. Les hommes politiques qui se cachent derrière une communication pompeuse n’ont en réalité plus aucune solution. En concertant les citoyens, en associant différents acteurs au sein d’une même démarche de rénovation nous pourrons apporter les solutions que la France et l’Europe attendent. L’Union européenne est constituée de peuples très différents, de jeunes très différents mais les attentes sont les mêmes : une vie qui permette aux individus d’évoluer dans le bien-être, cela ouvre sur les questions d’emplois, de régimes politiques et de système économique. Afin de répondre à ces attentes, il faut une Europe en création, c’est-à-dire une Europe qui accepte de s’inventer.

Nous pouvons amener des propositions et des réformes importantes sont à mener, mais nous ne devons pas voir l’aboutissement de la réforme comme une fin qui n’appellerait pas à un changement plus tard. Une réforme conduit à un changement et instaure une situation qui pourra être réformée encore plus tard en fonction des nécessités de notre temps. Nous devons accepter de mettre nos institutions en situation de mobilité. Par souci de sécurité, nous aimons nous conforter dans une stabilité de façade qui confine à la rigidité et qui conduit notre société vers une instabilité de plus en plus forte. Si nous voulons la stabilité alors nous devons accepter la mobilité. Nous devons accepter la transformation de notre monde et non la paralyser. Notre Univers est ainsi : en perpétuel changement, en perpétuel mouvement et nous devons canaliser ce changement et le laisser s’épanouir sans bloquer les évolutions nécessaires.

Les transformations doivent être suscitées et effectuées. Nous devons accepter de tenter des expériences, de tester et si les expériences sont concluantes nous devons savoir les appliquer à plus grande échelle. Si la société a besoin de changer alors nous ne devons pas avoir peur d’opérer un changement. Il faut sortit du consensualisme mou et stérile qui consiste à rapprocher les pensées pour les annuler. Nous devons susciter le débat, provoquer un choc des idées. Quand il s’agira de trouver des solutions et de les appliquer, nous ne pourrons appliquer toutes les propositions et toutes les idées tant elles peuvent être contradictoires, nous devrons faire des choix. Notre société doit réapprendre à choisir, à prendre des orientations pour avancer et initier une évolution. Si nous restons bloqués au même stade alors nous laissons la situation se périmer. La pensée et la réflexion se transforment et cette réflexion d’une quarantaine de pages est appelée à se transformer, à évoluer, à changer en fonction des idées et des propositions nouvelles.

Nous voulons une Europe en transformation c’est-à-dire une Europe qui n’a pas peur de se réinventer, une Europe tournée vers son évolution, une Europe qui a conscience de l’avenir. Pour aboutir à cette Europe, nous devons tenir un discours de vérité et affirmer nos convictions et nos projets avec force. L’enjeu n’est pas la victoire ou la défaite de tel ou tel parti. L’enjeu est que si les anti-européens gagnent alors nous perdons tous. La fin de l’Europe serait une défaite collective. Les citoyens européens et notamment français doivent en prendre conscience.

« Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, 1903

Florian BRUNNER

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Pour faire naître un espoir nouveau quel projet d’avenir seriez-vous, personnellement, prêt à soutenir fermement, en vous engageant et dans quel domaine ?

Je vais continuer à m’engager sur les projets européens parce que je pense que l’Europe est une construction essentielle pour notre avenir. Cela permet de réfléchir et d’agir à une plus grande échelle.

Florian




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Jean Lassalle
Député des Pyrénées-Atlantiques
Assemblée Nationale
126, rue de l'Université 75355 Paris Cedex 07 SP
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