Cahier de


ID CAHIER : 2577

Qui suis-je ?

J’ai 22 ans. Je suis étudiante vétérinaire à l’école de Toulouse.

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Quelle est la valeur a laquelle je tiens ?

Le travail, l’éducation

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Quel est mon cadre de vie ?

J’ai grandi à la campagne où je vois petit à petit les entreprises mourir, les magasins fermer, et les gens sont las de ne pas tirer économiquement leur épingle du jeu.

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Faudrait-il faire évoluer ce cadre de vie ?

Des idées en vrac :

Les 35heures. Sujet Ô combien fâcheux à l’heure actuelle… Fille du patron d’une PME en zone rurale, je vous l’annonce : non, les patrons ne sont pas tous des pourris qui vivent sur le dos de leurs ouvriers (comme les vétérinaires ne sont pas tous des pourris qui vivent sur le dos des agriculteurs, soit dit en passant…). Posez la question à n’importe quel patron de petite entreprise, artisans, vétos, commerçants, ils vous répondront tous la même chose : 35 heures par semaine, pour l’entreprise, ce n’est pas viable.  »C’est quand on est passé aux 35 heures que ça à commencer à sentir le roussi… ». Et pour rattraper les 4 petites heures que chaque ouvrier a gagné sur son planning, les gérants font entre 50 et 70 heures par semaines pour faire tourner la boutique. J’ai peur qu’une partie des français vive dans la désillusion, qu’on peut  »travailler moins pour gagner plus ». Il serait je crois grand temps d’ouvrir les yeux, les décisions prises jadis pour protéger le salariat -et elles furent amplement nécessaires- sont en train de se retourner contre nous sur le plan économique. Peut-être que dans les grandes entreprises, ça fonctionne, mais les gérants des petites structures qui font vivre nos campagnes sont à bout de souffle.

J’ajoute que les responsabilités mises sur leur dos sont incohérentes au possible. Un ouvrier tombe d’une échelle? Responsabilité du patron. Il est venu travailler quand même lundi sans annoncer qu’il avait perdu son permis le samedi soir? Si problème il y a, c’est la responsabilité du patron. Etc, etc…Ils gagnent souvent plus, c’est une chose, mais il serait aussi intéressant de prendre également en compte leurs investissements, temporels, financiers, leur prise de risque.

Tous ça pour en revenir au coeur du problème : la crise économique. Comment feront nous le jour où plus personne ne voudra gérer une entreprise? Elles disparaîtront et les ouvriers avec… Accepter de travailler plus, c’est redonner un vrai souffle à son entreprise et donc à notre pays, ça crée de la richesse pour tous le monde !

Agriculture & consommation : quel avenir pour nous si nous ne soutenons pas ceux qui nous nourrissent ? La France a un passé agricole riche, un réel savoir-faire, des terres variées qui lui permette des productions toutes aussi variées. Ne perdons pas cela. Au coeur de la Charente-Limousine, les restaurateurs vous servent … de l’agneau de Nouvelle-Zélande. aberrant ! Et si on mangeait local ? Chacun à notre niveau, en modifiant nos habitudes de consommation, nous pouvons impacter sur la filière agricole et redynamiser l’économie du pays.

Les taxes & les aides : on a vraiment l’impression d’un mouvement à deux vitesses. D’un côté, ceux qui travaillent et payent, et ne voient pas revenir l’argent dans leur porte-monnaie. De l’autre, ceux qui profitent, sans contribuer. Nous allons atteindre les limites d’un système non viable quand ceux qui sucent seront plus nombreux que ceux qui produisent. Et le gouvernement encourage ce système : on connait tous quelqu’un qui a arrêté de travailler à plein temps parce que  »finalement il s’en sortait moins bien qu’avec les aides du Gouvernement ».

Les bureaux et le terrains : de plus en plus de travailleurs français se plaignent des normes. Pour tout et rien, et surtout pour tout, il y a des normes, qui sont autant de freins à l’économie (exemple : mettre des alarmes incendies dans les faux plafonds des établissements type EPHAD…). Des dépenses astronomiques sont faites, souvent fruits de décisions de bureaucrates déconnectés de la réalité du terrain. parfois, ils ne se gêneront pas pour dénigrer le petit artisan en face de lui ( »il n’a pas mon niveau d’étude après tout »). Comment peut-on espérer construire quelque chose de bien si les différentes parties d’une même ensemble ne communiquent plus ?

Sexualité et Education: entre la situation en Espagne et les propos de certaines femmes (!) politiques, ces derniers temps le droit à l’IVG semble de plus en plus chancelant. Une fois de plus, l’amalgame est facile : les femmes qui avortent sont des  »filles faciles », elles ne  »se rendent pas compte », ce sont des  »ignorantes qui banalisent l’IVG au point de le réduire à une simple contraception d’urgence » etc, etc… Facile de régler un problème quand on réduit toute sa complexité à un seul facteur. Rappelons donc que 1) même une contraception prise le plus correctement possible, ne protège jamais à 100% ! 2) les femmes sont humaines et donc, ont droit à l’erreur de temps en temps (car oui, sur 7 ou 8 ans, ça peut arriver d’oublier sa pilule UN soir …que celles à qui ça n’est jamais arrivé se manifestent) 3) Pensons à tous les étudiants, les couples qui vivent à distance, les gens qui n’ont pas une situation financière stable … Peut-on vraiment bien accueillir un enfant dans ces conditions? 4) Une grossesse, souvent, ça implique une deuxième personne…

Plutôt que de jeter la pierre une fois de plus, prenons le temps de réfléchir. L’éducation et la sensibilisation ne seraient-elles pas plus bénéfiques qu’une régression sur la loi Veil? Les programmes de l’éducation nationale ne donnent pas une priorité suffisante à ce sujet encore tabou. Si les parents n’expliquent pas à la maison, ce qui est souvent le cas et encore plus pour les garçons (moins de risques qu’avec une fille sûrement?), les jeunes ne connaissent pas les risques encourus.

Crise économique? Court terme : donner de l’argent directement aux citoyens, long terme : investir dans des entreprises qui elles, donneront du travail au peuple pour longtemps!

Avortements trop nombreux? Court terme : interdisons-le ! Long terme : Education & sensibilisation

Tout ça pour vous montrer qu’en France, on traite toujours les symptômes, pas les causes du mal, et c’est ça qui nous perd, car le mal est toujours là au fond.

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Que projetez-vous pour votre avenir, pour l’avenir de vos enfants, pour l’avenir commun ?

Je voudrais que les jeunes d’aujourd’hui puissent grandir en se disant qu’il y a de l’espoir. Car c’est un peu ce qu’on a perdu ; ma génération a tentée de grandir avec la crise économique et les déboires écologiques comme des épées de Damoclès au dessus de la tête.  »Il n’y a plus ni travail ni argent »,  »la planète ne supportera plus ça très longtemps »…

Alors oui un grand changement serait le bienvenu, et avec lui le retour d’un minimum de cohérence.

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Pour faire naître un espoir nouveau quel projet d’avenir seriez-vous, personnellement, prêt à soutenir fermement, en vous engageant et dans quel domaine ?

Cesser de chercher à tirer son épingle personnelle du jeu; travailler ensemble plutôt que les uns contre les autres (utopie quand tu nous tiens…), communiquer. Repartir sur de bonnes bases et cesser la fuite en avant. Et surtout : se remettre au travail ! Car le pain ne s’est jamais fait tout seul.

Cahier de




par carte postale
Jean Lassalle
Député des Pyrénées-Atlantiques
Assemblée Nationale
126, rue de l'Université 75355 Paris Cedex 07 SP
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